Thèmes Kriat haTorah

À savoir
Qu'est-ce que la Kriat haTorah ?
La Kriat haTorah désigne la lecture publique de la Torah accomplie devant un minyan (quorum de dix hommes au minimum), généralement lors de la Tefila du matin. C'est l'une des pratiques liturgiques les plus anciennes du judaïsme, enracinée dans la tradition depuis la période du désert. Selon la Tradition, c'est Moshé Rabbénou lui-même qui institua la lecture lors des fêtes et des Moédim, tandis qu'Ezra haSofer en précisa la structure : le nombre d'appelés à la Torah (olim), la longueur de la lecture et le nombre de versets par section.
Quand lit-on la Torah ?
On accomplit la Kriat haTorah à de nombreuses occasions : chaque Chabbat (matin et après-midi), les lundis et jeudis, les Roch 'Hodech, les Yom Tov, les jours de 'Hol haMoéd, 'Hanouka, Pourim et les jours de jeûne. Le texte est lu depuis un Sefer Torah écrit à la main, sans voyelles ni ponctuation. Le Baal Koré, lecteur désigné, doit maîtriser de mémoire la vocalisation et les cantillations (Teamé haMikra) pour lire avec précision.
Les origines de cette mitsva
La Kriat haTorah dans ses cycles fixes est une takana des Sages (rabbins de la Tradition). Certaines opinions considèrent néanmoins que la lecture de certaines des Arba Parashiyot (quatre sections spéciales) relève d'une obligation de la Torah elle-même. Le Talmud rapporte que les prophètes de la période du désert instituèrent la lecture tous les quelques jours, afin qu'Israël ne reste pas trois jours sans étude de la Torah, source de vitalité spirituelle.
Mitsva Hakhel : la lecture royale
Du temps du Beit haMikdach (Temple), existait la mitsva de Hakhel : une fois tous les sept ans, à l'issue de l'année de Chemita, le Roi d'Israël lisait publiquement des passages de la Torah devant tout le peuple rassemblé. Cette cérémonie solennelle, décrite dans la Torah, illustre le lien profond entre la lecture de la Torah et la cohésion nationale du peuple juif.
La Kriat haTorah dans le Tanakh et les sources historiques
Le livre de Néhémie décrit une lecture publique mémorable au début de la période du Second Temple : Ezra haSofer lut la Torah devant hommes, femmes et enfants depuis l'aube jusqu'au milieu du jour. Cette lecture publique visait à éduquer le peuple et conduisit à une grande téchouva collective. Des sources extérieures, comme les écrits de Flavius Josèphe et de Philon d'Alexandrie (Ier siècle de l'ère commune), attestent également de cette pratique dans les synagogues de leur époque.
Les cycles de lecture et les aliyot
Deux grands cycles de lecture ont coexisté : le cycle annuel (achevé en un an, actuellement universel) et l'ancien cycle triennal pratiqué en terre d'Israël. Lors de la Kriat haTorah, des fidèles sont appelés pour une aliya (montée à la Torah) : on récite une bénédiction avant et après la lecture de chaque section. Cette aliya est au cœur du rituel de la Bar-Mitsva, marquant l'entrée du jeune garçon dans la communauté des hommes responsables des mitsvot.
Lois de Kriat haTorah : questions-réponses pratiques
Lorsqu’il n’y a pas de Lévi dans la synagogue, on ne doit pas appeler un Israël à la place du Lévi, afin qu’on ne dise pas que le Kohen qui est monté en premier n’est pas un Kohen valide, et aussi pour éviter que l’on pense que l’Israël appelé est un Lévi. Dans ce cas, c’est le même Kohen qui montera à la place du Lévi.
Une personne qui a voyagé à l'étranger pendant Pessah, et alors le deuxième jour de fête de la diaspora pour le septième jour de Pessah tombe un vendredi, de sorte qu'en Eretz Israël on lit la paracha de la semaine le lendemain, tandis qu'à l'étranger on lit "Kol HaBechor", il en résulte un décalage d'une paracha entre Eretz Israël et l'étranger. Quand il revient en Eretz Israël, il est bon qu'il monte à la Torah à la place du Cohen et lise toute la paracha qui lui manque ainsi que trois versets de la paracha de la semaine selon le minhag d'Eretz Israël, afin de s'acquitter de son obligation selon tous les avis. Cela à condition que l'assemblée accepte la gêne occasionnée.
Si le lecteur de la Torah s'est trompé dans un verset où le Nom de Hachem est mentionné, certains ont l'habitude de terminer tout le verset, puis de recommencer et de lire à nouveau tout le verset. Toutefois, selon la règle, même s'il n'a lu qu'une partie du verset contenant le Nom de Hachem et s'est trompé dans les intonations ou autres, il doit recommencer et lire le verset correctement, avec ses intonations et sa précision, et il n'y a pas là de mention inutile du Nom divin.
Si le lecteur du Sefer Torah s'est trompé et a terminé la lecture d'une aliya à moins de trois versets du début d'une paracha, et que la berakha finale a déjà été récitée, il n'est pas nécessaire de revenir lire d'autres versets jusqu'à la paracha. Il est correct que le suivant lise un verset en arrière, et il ne commencera pas sa lecture à un ou deux versets avant la paracha.
Si le chaliah tsibour qui lit dans le Sefer Torah s'est trompé et a lu une moitié dans la paracha d'un nassi et l'autre moitié dans la paracha d'un autre nassi, la communauté n'est pas quitte de son obligation de lecture et il faut recommencer la lecture correctement.
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