Thèmes Choftim

À savoir
Choftim : la paracha de la justice et du gouvernement
Choftim est la cinquième paracha du livre de Devarim. Elle s'étend du chapitre XVI, verset 18, au chapitre XXI, verset 9, et contient 97 versets. Mochè Rabbénou y poursuit son grand discours au peuple d'Israël avant son entrée en Terre Sainte, en détaillant les structures de gouvernance que le peuple devra mettre en place. Cette paracha s'inscrit dans la continuité de Reé (paracha précédente) et précède Ki Tetse, ensemble dans le cycle de Devarim.
Les tribunaux et l'interdiction de la corruption
L'injonction centrale de Choftim s'ouvre sur ces mots célèbres : « Choftim véChotrim titten lékha békhol ché'aréikha » - tu établiras des juges et des agents de police dans toutes tes portes. La Torah commande de rendre une justice droite, sans favoritisme ni acceptation de pots-de-vin. Le Sanhédrin, tribunal suprême de soixante et onze membres, est institué comme autorité halakhique ultime. Les décisions du grand Sanhédrin s'imposent à l'ensemble du peuple, et celui qui s'y oppose - le « zakène mamré » - encourt une peine sévère. Ces lois font l'objet de nombreux développements dans le traité talmudique Sanhédrin, ainsi que dans le Choulhane Aroukh et le Michné Torah du Rambam.
Les lois du roi
Choftim introduit la mitsva d'établir un roi sur Israël lorsque le peuple sera installé en Terre Sainte. La Torah encadre strictement ce pouvoir royal : le roi doit rédiger un Séfer Torah personnel, ne pas multiplier les chevaux, les femmes ni l'or et l'argent. Ce passage est à mettre en parallèle avec la Haftara traditionnelle tirée de Chemouël Alef (chapitre VIII), où le peuple demande à Chemouël de lui désigner un roi - texte attesté dans les écrits des Guéonim et dans le Michné Torah du Rambam.
Les prophètes, la magie et les villes-refuges
La paracha traite également des critères permettant de reconnaître un vrai prophète et condamne sévèrement les faux prophètes. Elle interdit toute forme de divination, de magie et de consultation des esprits - pratiques évoquées aussi dans la paracha Michpatim. Les villes-refuges (aré miqlat) sont ordonnées pour accueillir les meurtriers involontaires, protégeant ainsi l'équilibre entre justice et miséricorde. Ces lois sont étroitement liées aux développements halakhiques des parachiot Ki Tavo et Ki Tetse dans le même livre de Devarim.
Les lois de la guerre et la 'Eglah 'Aroufah
Choftim expose les règles de la guerre : l'obligation d'offrir la paix avant d'attaquer, l'interdiction d'abattre les arbres fruitiers lors d'un siège, et le rôle du cohen oint pour la guerre. La paracha se clôt sur le rituel de la 'eglah 'aroufah (la génisse décapitée), cérémonie expiatoire réalisée lorsqu'un mort est découvert entre deux villes sans que l'on connaisse le meurtrier. Ces thèmes résonnent avec les parachiot Nitsavim, Vayelekh et Haazinou, qui achèvent le livre de Devarim.
La paracha dans le calendrier liturgique
Choftim est lue entre le 2 et le 7 du mois d'Eloul, au coeur de la période de préparation à Roch Hachana et à la Téchouva. Ce contexte liturgique donne une résonnance particulière à ses enseignements sur la justice, la droiture et la responsabilité collective. Selon le Séfer Ha'Hinoukh, elle contient 14 commandements positifs et 27 commandements négatifs, ce qui en fait l'une des parachiot les plus riches en mitsvot pratiques de tout le livre de Devarim.
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