Thèmes Yom Tov

À savoir
Qu'est-ce que le Yom Tov ?
Le Yom Tov (littéralement « bon jour ») désigne les jours de fête prescrits par la Torah, durant lesquels certains travaux sont interdits. Ces jours saints structurent le calendrier hébraïque et ponctuent la vie religieuse juive tout au long de l'année. La Yom Tov halakha, dont les règles sont exposées dans la Guemara (traité Beïtsa du Talmud) et codifiées dans le Choulhane Aroukh, distingue le Yom Tov du Chabbat ordinaire : si les trente-neuf catégories de travaux interdits s'appliquent également, la Torah a expressément autorisé les « travaux vitaux » (méla'hot okhel nefech), soit la préparation et la cuisson des aliments ainsi que l'allumage d'un feu.
Les Yamim Tovim d'origine biblique
La Torah fixe six jours de Yom Tov au fil de l'année : le premier jour de Pessa'h (15 Nissan), le septième jour de Pessa'h (21 Nissan), Chavouot (6 Sivan), Roch Hachana (1er Tichri), le premier jour de Souccot (15 Tichri) et Chemini Atseret (22 Tichri). En Israël, Sim'hat Torah est célébré ce même jour de Chemini Atseret. Yom Kippour, bien qu'il comporte une interdiction de travail, est traité à part car il interdit même les travaux autorisés au Yom Tov ordinaire ; la Torah le qualifie de « Chabbat Chabbaton ».
Le Yom Tov Chéni chelé Galuyot
En raison de l'incertitude qui existait jadis concernant la fixation du calendrier hébraïque par le tribunal rabbinique, les sages ont institué pour les Juifs résidant hors d'Israël une deuxième journée de fête pour chaque Yom Tov. Ces journées supplémentaires (16 Tichri, 23 Tichri, 16 Nissan, 22 Nissan, 7 Sivan) constituent le « Yom Tov Chéni chelé Galuyot ». Même après la fixation définitive du calendrier par Hillel le Deuxième, les sages ont maintenu cet usage par précaution, conformément au principe de ne pas se diviser dans les pratiques festives.
Hol Hamoed et Issrou Hag
Au sein des fêtes de Pessa'h et de Souccot, les jours intermédiaires qui séparent les premiers des derniers jours de Yom Tov portent le nom de Hol Hamoed. Ces jours ont un statut intermédiaire : certains travaux y sont autorisés sous conditions, mais ils conservent une solennité particulière. Le lendemain immédiat de chaque Yom Tov est appelé Issrou Hag et garde un caractère festif résiduel selon diverses traditions.
L'Eirouv Tavchiline
Lorsqu'un Yom Tov précède directement le Chabbat, il est halakhiquement interdit de cuisiner le vendredi (Yom Tov) pour le Chabbat. Les sages ont institué le Eirouv Tavchiline, un acte symbolique effectué la veille du Yom Tov, permettant de continuer la préparation culinaire en faveur du Chabbat. Cette procédure démontre l'imbrication profonde entre Yom Tov et Chabbat dans la halakha juive.
Joie et sanctification du Yom Tov
Au-delà des interdictions, le Yom Tov est avant tout un temps de joie (sim'ha) et de rassemblement familial. La halakha prescrit de s'en délecter par de bons repas, des vêtements de fête et l'étude de la Torah. Chaque fête porte un message spirituel propre : Pessa'h célèbre la liberté, Chavouot le don de la Torah, Souccot la confiance en Hachem, Roch Hachana le jugement divin et Chemini Atseret la proximité intime avec le Créateur.
Lois de Yom Tov : questions-réponses pratiques
Il est interdit de cuisiner pendant Yom Tov ou de transporter d'un domaine privé à un domaine public, ou même vers un karmelit, pour les besoins d'un animal domestique, sauvage ou d'un oiseau, comme il est dit : "Seulement ce qui sera mangé par vous, cela seul pourra être fait pour vous", c'est-à-dire pour vous et non pour les animaux ou les chiens. Le fait de transporter d'un domaine à un autre est une véritable mélakha, et les Sages n'ont pas permis cela pour les besoins des animaux. Seul le déplacement de nourriture pour animaux, qui n'est interdit que par les Sages, est permis pendant Yom Tov afin de pouvoir nourrir les animaux.
Concernant la prière, le second jour de Yom Tov en diaspora, comme à Chavouot, le huitième jour de Pessah ou le neuvième jour de Souccot, il convient de réciter le Chema avec les tefiline chez soi, puis de revêtir des habits de Chabbat et de Yom Tov, et d’aller à la synagogue pour prier la Amida avec la communauté, comme dans le lieu d’origine. Pour la prière silencieuse, il n’y a pas de crainte de discorde. Lorsque la communauté récite le Halel, on peut le dire avec eux sans berakha, et il est préférable de le faire en sautant certains passages, comme on le fait à Roch Hodech. Lors de la prière de Moussaf, on tiendra le sidour en main et on récitera des Tehilim ou autres psaumes, comme si l’on priait avec eux. Si le second jour de Yom Tov tombe pendant le Hol Hamoed d’Israël, on priera Moussaf avec la communauté en disant "et yom mikra kodesh hazé" ; si l’on est appelé à être hazzan pour la répétition de Moussaf, on dira "et yom tov mikra kodesh hazé".
Il est interdit de souffler sur les braises avec un soufflet d’artisan pour les attiser, car cela ressemble à un travail d’artisan. On soufflera plutôt avec un tube. Il est d’usage de permettre l’utilisation d’un soufflet de particulier, à condition de le retourner de haut en bas. Il est permis de souffler avec le soufflet intégré à une machine de cuisson (primus), car cela ne ressemble pas à un travail d’artisan, étant donné que tout le monde l’utilise pour la cuisson. Il en va de même pour le soufflet d’une lampe à gaz (loux).
Il est interdit de taper dans les mains ou de danser pendant Yom Tov, car la règle de Yom Tov est la même que celle de Chabbat à ce sujet, sauf pendant Simhat Torah où cela a été permis en l'honneur de la Torah.
Un résident de la diaspora qui est monté en Israël avec l’intention d’y retourner a le droit de demander à un natif d’Israël d’effectuer pour lui un travail pendant le deuxième jour de Yom Tov, et telle est la coutume. De même, si un résident de la diaspora possède une usine en Israël, il est permis aux ouvriers de l’usine, qui sont des natifs d’Israël, de travailler comme à l’accoutumée pendant le deuxième jour de Yom Tov.
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