Il y a parmi les Achkénazim certaines personnes qui portent le Kitel (habit blanc qu’on porte à Yom Kippour) durant la soirée du Sédèr. Avant de commencer la cérémonie du Sédèr certains disent à voix haute l’ordre qu’on aura à suivre: Kadèch, Our’hats etc... Le Vendredi soir, certains ont l’habitude de chanter le cantique Chalom ‘Alékhem. Comme à chaque fête, on récite le Kiddouch au moment où l'on se met à table avant de commencer le repas. Il ne faut pas commencer le Kiddouch avant qu’il ne fasse vraiment nuit. Le Kiddouch inaugure la soirée du Sédèr, bien que le repas ne soit consommé que bien plus tard, après avoir raconté l’histoire de la sortie d’Egypte.
Certains font le Kiddouch eux-mêmes alors que d’autres s’acquittent de la Mitsva en écoutant le Kiddouch récité par celui qui dirige le Sédèr. Dans ce cas il suffit de répondre Amen aux différentes bénédictions. Les femmes qui ont déjà récité la bénédiction de "שהחיינו", lors de l’allumage des bougies de Yom Tov, ne doivent pas la réciter à nouveau et ne doivent pas non plus répondre Amen en entendant cette bénédiction. Celui qui a oublié de dire "שהחיינו" peut encore la dire tant qu’il n’a pas encore récité la bénédiction de "אשר גאלנו", "Acher guéalanou" (‘Hazone ‘Ovadia). Néanmoins d’après le Michna Béroura (ch.473, 1) et le Kaf Ha’haïm (ch.473, 9) il faudra la dire même plus tard, tant que la fête n’est pas terminée. | Le Kiddouch le samedi soir |
Si la fête tombe un samedi soir (Motsaé Chabbat), il faudra aussi réciter la Havdala qui comprend une bénédiction sur une flamme (on se servira des bougies déjà allumées) et une autre sur le vin (celui qui a servi pour le Kiddouch).
L’ordre des bénédictions est le suivant: Sur le vin : "בורא פרי הגפן" , puis le Kiddouch de la fête "יום טוב", puis sur la flamme " בורא מאורי שאה ", ensuite la Havdala, et en fin de compte la bénédiction de " שהחיינו".
Evidemment si la fête tombe un jour de semaine on supprimera la bénédiction sur la flamme et Havdala. Par contre le vendredi soir il faudra ajouter quelques mots qui sont généralement inscrits entre parenthèses dans les Hagadote, afin de réciter le Kiddouch sur Yom Tov et Chabbat. Celui qui a oublié de réciter la bénédiction de la Havdala le soir, s’il n’a pas encore mangé le Karpasse, devra faire la Havdala sur un nouveau verre de vin. s’il s'en rappelle pendant la lecture de la Hagada il devra attendre la deuxième coupe de vin et dire la Havdala à ce moment là, après la bénédiction sur la deuxième coupe.
Il ne faut pas oublier de boire le vin du Kiddouch en étant accoudé sur le côté gauche (voir plus haut comment faire si on ne s’est pas accoudé). | Our’hats (Le lavage des mains) |
A priori il faut que tous les participants se lavent les mains sans réciter la bénédiction, car on est obligé, avant de consommer un aliment qu’on trempe dans un liquide, de se laver les mains. Certains ont l’habitude que seul le chef de famille se lave les mains. Au cas où on tremperait le Karpasse dans l’eau salée ou le vinaigre avec l’aide d’une fourchette, il ne serait pas nécessaire de se laver les mains. En signe de liberté on a l’habitude de laver les mains du chef de famille, car c’était la coutume dans les familles nobles. Nous avons déjà noté les différentes sortes de légumes qu’on à l’habitude d'utiliser. Il faut prendre une petite quantité (moins qu’un Kazaïte) afin de ne pas avoir à réciter la bénédiction " בורא נפשות " . On trempe le Karpasse dans un liquide (de l’eau salée, du vinaigre ou de l’eau mélangée de jus de citron, voir plus loin) et ensuite on récite la bénédiction " בורא פרי האדמה ". Chez certains, le chef de famille récite la bénédiction pour tous les convives. Il faut avoir l’intention de s’acquitter aussi du Maror (herbes amères) qu’on mangera plus tard. On pourra enlever de la table l’eau salée après s’en être servi, mais il vaut mieux laisser les restes du Karpasse en place.
Cette habitude de tremper le Karpasse dans un liquide pendant le Sédèr a été instituée par nos maîtres afin d’éveiller la curiosité des enfants, ce qui les amènera à poser des questions. | Ya’hats (Division de la Matsa intermédiaire en deux parties) |
Il faut partager avec les mains la Matsa du milieu en deux parties (non égales). La plus petite partie est remise en place entre les deux autres Matsote et la plus grande est enveloppée dans une serviette et sera gardée pour l’Afikomane .
Cette Matsa (l’Afikomane) sera placée par le chef de famille sous les coussins de son fauteuil, ou dans tout autre endroit kachèr lépéssa'h. Dans certaines familles, les enfants ont l’habitude de «voler» cet Afikomane et de demander en contrepartie un cadeau. (D’après le ‘Hatam Sofer il y a une allusion à cette habitude de voler l’Afikomane dans la Tora, car il est écrit (Exod. 12,7) que lorsque les enfants d’Israël sont sortis d’Egypte les chiens n’ont pas aboyé, ce qui aurait donc permis aux voleurs de voler sans difficulté; pour rappeler ce miracle les enfants ont pris l’habitude de voler l’Afikomane). | Maguid (Le récit de la Hagada) |
Il y a une Mitsva spéciale le soir de la fête de Péssa'h de raconter le récit de la sortie d’Egypte et cela afin de divulguer ce miracle et de louer D., ce qui nous permettra de renforcer notre foi en D. Par la même occasion, nous transmettons la tradition juive à nos enfants. La Tora nous ordonne de raconter à nos enfants ( והגדת לבנך ). Ce mode d'explication basé sur des questions et des réponses, nous permet de mieux percevoir l’importance de cette délivrance qui est à la base de la formation du peuple d’Israël.
Le Zohar insiste sur l’importance de raconter ce récit dans la joie (Parachat Bo). Cette Mitsva a été ordonnée aussi aux femmes et d’ailleurs s’il n’y a pas d’enfants pour poser les questions de "מה נשתנה", c’est à la femme que revient le devoir de poser ces questions qui servent d’introduction au récit de la Hagada. Il faut que chacun lise soi-même ou bien écoute ce récit dans un langage qu’il comprend, sinon la Mitsva perd toute sa signification.
Chez certains, le chef de famille sert d’officiant, et chez d’autres tous les convives lisent la Hagada ensemble. Il est conseillé de préparer des commentaires avant la fête afin que le récit soit plus approfondi et plus instructif, ce qui enrichira nettement le contenu spirituel de cette soirée. Néanmoins il ne faut pas trop s’attarder sur les petits détails afin que les enfants restent éveillés jusqu’au repas ou l’on mange la Matsa et le Maror. On pourra continuer d’expliquer et d’approfondir les textes durant le repas et après les chants de la fin. II est préférable de ne pas interrompre le récit de la Hagada en consommant quelques aliments, ni en racontant histoires sans rapport avec le sujet. Avant de commencer ce paragraphe écrit en araméen on donne aux enfants des friandises afin de les occuper et d’éveiller leur curiosité. En récitant ce paragraphe on souléve le plat du Sédèr (certains ne soulèvent que la Matsa du milieu) et on le récite à voix haute. Il y a en effet, dans ce passage, une invitation à tous ceux qui sont dans le besoin à se joindre à nous pour cette soirée. Certains ouvrent la porte d’entrée pour cette même raison. D’après la Hagada du Rabbin Joseph Bloch il faut enlever, avant de réciter ce paragraphe, l’os et l’oeuf, qu’on a mis sur le plateau en souvenir des sacrifices de Péssa'h et de ‘Haguiga qu’on offrait au Temple. Mais la plupart des gens n’ont pas cette habitude (voir traité Péssa’him 116B, Choul’han ‘Aroukh et Michna Béroura Or Ha’haîm ch.47). Dans ce cas, chaque famille suivra ses habitudes et ceux qui n’ont pas d’habitude spéciale se fieront donc au Choul’han ‘Aroukh. Après ce passage, il faut mettre les Matsote de côté, et ceci à nouveau afin d’attirer l’attention et la curiosité des jeunes enfants. (Certains mettent le plat du Sédèr de côté). Avant de commencer ce passage, on remplit les coupes de vin, bien que le vin ne soit bu qu’à la fin du récit.
Ce passage est composé de quatre questions qui doivent être posées par les enfants et qui ont trait aux principaux actes qui différencient cette soirée des autres soirées de l’année. S’il n’y a pas d’enfant parmi les convives alors la femme posera les questions à son mari, et si quelqu’un est seul, alors il devra se poser à lui-même ces quatre questions. Si l’enfant n’est pas en âge de comprendre ce qu’il dit, il vaut mieux qu’un enfant plus âgé ou qu’un adulte répète lui aussi les questions de ce paragraphe. Quand il y a plusieurs familles attablées ensemble, il est bon que l’on s’organise de façon à ce qu’un enfant de chaque famille pose les questions et que chaque père de famille y réponde. Il faut faire attention de répondre à chacun selon son niveau de façon à ce que tous les gens présents au Sédèr puissent en tirer profit. Dans certaines familles chaque enfant pose les quatre questions et il est bien de faire ainsi. Après les questions viennent les réponses. Avant de répondre on remettra les Matsote (ou le plat du Sédèr) à leur place initiale en les laissant découvertes et on récitera ce texte qui vient apporter une réponse aux questions posées auparavant. Il faut donc faire attention que les enfants restent éveillés afin qu’ils puissent comprendre la réponse à leurs questions. La réponse est claire: D. nous a fait sortir d’Egypte où nous étions esclaves et c’est pour cela que nous mangeons du pain de misère (Matsa) et des herbes amères (Maror). Il nous a libérés, ce que nous prouvons en nous conduisant comme des gens fiers d'avoir leur liberté et c’est pourquoi nous sommes accoudés et nous trempons nos herbes dans un liquide, comme le font les gens qui sont attablés chez les rois et les princes. | 4. Vé hi ché’ameda la’avoténou |
Avant de lire ce paragraphe on recouvrira les Matsote et on soulèvera son verre de vin jusqu’à la fin de ce texte. | 5. Dam vaéch vétimrote 'achane |
"דם ואש ותמרות עשן". Quand on énumère les plaies que D. a envoyé contre l’Egypte on a l’habitude de verser un peu de vin du verre qui se trouve devant nous. En tout on versera seize fois du vin, car il y a dans la Hagada seize termes qui définissent les plaies d’Egypte. Certains versent le vin par l’intermédiaire d’un doigt (l’index ou l’annulaire) qu’on trempe dans le verre et qu’on agite à côté du verre, d’autres inclinent un peu le verre afin que tombent quelques gouttes de vin à l’extérieur. Les Séfaradim versent le verre tout entier et le remplissent à nouveau après. les Achkénazim complètent juste ce qui manque pour que la coupe soit remplie. Si on se sert de vin qui provient de la récolte de l’année sabbatique (Chémita), on ne doit pas le verser, car il est défendu de le jeter et il doit être entièrement consommé. Quand on récite ce passage, on soulève la Matsa et on la présente à tous les invités. Il est préférable de montrer la Matsa du milieu qu’on a divisée (Rama). De la même façon que pour la Matsa, on montrera le Maror aux convives au moment de réciter le passage expliquant sa signification. Par contre il ne faut pas soulever l’os que nous posons sur le plat en souvenir du sacrifice de l’agneau pascal. A partir de ce passage nous avons en vérité fini le récit de la sortie d’Egypte et nous commençons à chanter quelques louanges du Hallel, mais les principales louanges ne seront dites qu’après le repas. Ce premier passage doit être dit, la coupe de vin en main; mais il faut auparavant couvrir les Matsote qui étaient découvertes durant toute la durée du récit. On gardera le verre en main jusqu’à la deuxième bénédiction après laquelle on boira la deuxième coupe de vin en étant accoudé (les Séfaradim ne récitent pas la bénédiction sur le vin avant de boire la deuxième coupe). | Ro’htsa (Lavage des mains avant repas). |
Il est recommandé, s’il y a plusieurs familles ensemble, que chaque famille se lave les mains en groupe, et que tout de suite après chacun commence à manger la Matsa afin qu’il n’y ait pas un trop grand intervalle de temps entre le lavage des mains et la consommation de la Matsa. On récite la bénédiction normale : " ברוך ... על נטילת ידים"
. Chez certains l’officiant ne bouge pas de sa place durant le Sédèr, et on lui lavera les mains à sa place en signe de liberté. | Motsi-Matsa (Bénédictions sur les Matsote) | Bien que pendant les sept jours de la fête (en Diaspora, huit jours) il est défendu de manger du pain (Exode ch.12 v.l9), il n’y a d’obligation de manger des Matsote que le premier soir (Exode v.l5-l8; voir Talmud Péssa'him (116 b), comment sont expliqués les versets contradictoires de la Tora). Parmi les cinq morceaux de Matsote qu’on doit manger (cinq Kazaïte) ce soir là, il n’y a que le premier qui soit une obligation de la Tora, les autres étant d’ordonnance rabbinique. Il y a 2 morceaux pour Motsi-Matsa, 1 pour le Korèkh, 2 pour l’Afikomane. On prend, comme il a été dit, de la Matsa spécialement surveillée depuis la moisson, appelée "Matsa Chémoura". Quelqu’un qui n’en aurait pas assez pour les cinq Kazaïte de Matsa, se contentera de manger un Kazaïte de Matsa Chémoura au début (Motsi-Matsa) et un deuxième pour l’Afikomane. Les autres seront complétés par de la Matsa normale. Les invités qui n’ont pas amené leurs propres Matsote doivent acquérir les Matsote qui leur sont offertes en les soulevant, ce qui fait acte d’acquisition (Ceci est possible même durant la fête). Cependant si cela n’a pas été fait cela n’empêche pas l’accomplissement de la Mitsva. Quelle est la quantité de Matsa qu’il faut manger? Concernant la mesure du Kazaïte, il y a plusieurs opinions parmi les décisionnaires. Il faut être plus rigoureux pour la Matsa qui est une Mitsva ordonnée par la Tora. Pour cette raison, à priori, pour les deux premiers Kazaïte on essayera de consommer un total de 58 gr. (deux fois 29 gr.). Sinon, le premier morceau de Matsa devra être de 20 grammes et les deux premiers ensemble, pour une personne adulte bien portante d’environ 29-30 grammes (car pour le deuxième Kazaïte qui n’est que d’ordonnance rabbinique on peut se contenter d’une plus petite mesure). Cela fait une Matsa entière, faite à la machine . Le poids d’une Matsa faite à la main est d’environ 80 grammes. Il faut avaler cette quantité en l’espace de quatre minutes à partir du moment où on avale le premier morceau de Matsa. Les malades, les personnes âgées ou faibles qui peuvent difficilement avaler une telle quantité de Matsa bénéficient de plusieurs allégements: -Ils peuvent moudre la Matsa (même en poudre) et s’il le faut la mouiller un peu, se contenter de 15 grammes pour les deux Kazaïte et de neuf minutes pour les manger. -Il est évident que si pour des raisons médicales, il est défendu au malade de manger de la Matsa, aucune obligation n’existe pour lui. -Un malade qui peut goûter un peu de Matsa le fera sans réciter la bénédiction. -A partir du moment où un jeune enfant peut déjà manger un Kazaïte de Matsa, il faut lui en offrir, afin de l’éduquer à accomplir des Mitsvote (C’est à dire vers l’âge de 3-4 ans).
Comment manger cette quantité ? Il est préférable de manger ensemble les deux Kazaïte, de bien mâcher d’abord la Matsa puis d’avaler si possible d’un seul coup toute la quantité. Comme cette façon de faire est assez difficile et peut même être dangereuse pour certains, il suffit de consommer un Kazaïte dans un premier temps et après un deuxième (sans faire d’arrêt entre les deux). Si cela aussi est trop difficile, on pourra mâcher puis avaler le premier Kazaïte (celui-ci étant une loi ordonnée par la Tora, il faudra donc avaler deux tiers d’une Matsa faite à la machine), et ensuite le reste de la Matsa comme deuxième morceau. Il faut avaler le Kazaïte en l’espace de 4 minutes et pour les malades de 9 minutes. Dans certains cas il suffit de manger cette quantité petit à petit, pourvu que cela se fasse en l’espace de quatre ou neuf minutes, sans s’arrêter de manger pendant tout ce temps-là, et sans parler. Chaque père de famille prendra les trois Matsote qui trouvent devant lui en mains et récitera deux bénédictions: ברוך ... המוציא לחם מן הארץ ברוך ... אשר קדשנו ... וצונו על אכילת מצה
Les assistants devront avoir l’intention au moment où l’officiant récite les bénédictions de se rendre quittes de la Mitsva de manger de la Matsa et l’officiant devra avoir l’intention de rendre les convives quittes de cette Mitsva par ses bénédictions. On devra aussi avoir l’intention de se rendre quitte de la Mitsva du Korèkh et de l’Afikomane. Après les bénédictions, on posera la Matsa inférieure et on prendra un morceau (Kazaïte) de la Matsa du haut et un autre de celle du milieu. Comme en général, il y a plusieurs personnes à table et qu’il est impossible de donner un Kazaïte provenant de ces deux Matsote la à chacun, il faudra préparer à l’avance des morceaux de Matsa Chémoura qu’on partagera entre les convives afin que chacun puisse avoir deux Kazaïte à manger. L’officiant, après les bénédictions, ajoutera à chacun un petit morceau provenant des Matsote sur lesquelles il a prononcé les bénédictions. Les Séfaradim ont l’habitude de tremper la Matsa dans un peu de sel, (comme pour le pain durant l’année), mais les Achkénazim ne le font pas en principe.
Après les bénédictions, il faudra consommer cette Matsa comme nous l’avons précisé auparavant et en étant accoudé. Il est bon de se rappeler que nous mangeons la Matsa en souvenir de la Matsa que nos ancêtres ont mangé alors qu’ils étaient en train de sortir d’Egypte et que ce pain n’a pas eu le temps de fermenter vu la rapidité de la délivrance. Il faut manger la Matsa avant le milieu vrai de la nuit (‘Hatsote) [Voir dans les calendriers quelle est l’heure exact]. Après cette heure-là, il faudra naturellement aussi la manger mais sans réciter la bénédiction sur la Matsa (mais en récitant celle du Motsi). De nos jours, après la destruction du Temple, la Mitsva ordonnée par la Tora de manger des herbes amères, n’existe plus, car ces herbes étaient à l’origine mangées avec l’agneau pascal et malheureusement aujourd’hui nous ne pouvons plus offrir ce sacrifice. Néanmoins nos Sages nous ont ordonné de manger le Maror même sans l'agneau pascal en souvenir des rudes épreuves dont ont souffert nos ancêtres en Egypte (Exode 12,8). Nous avons déjà expliqué que pour le Maror nous avons l’habitude de prendre de la laitue, de préférence amère. Pour cette raison on ne doit pas se servir d’une laitue cuite ou en conserve et cela inclut aussi une laitue qui aurait été conservée plus de vingt-quatre heures de suite dans de l’eau et aussi une laitue qui aurait été conservée dans du vinaigre, même très peu de temps. Il est toutefois autorisé de la laver avec du vinaigre pour enlever les vers.
Pour conserver cette laitue fraîche (car quand elle devient sèche ou même quand elle se flétrit, elle perd son goût amer), on peut l’envelopper dans une serviette humide ou dans un sachet en plastique et la placer dans le réfrigérateur ou même dans le congélateur. Dans un cas de force majeure on pourra aussi faire la bénédiction sur de la laitue flétrie mais pas sur de la laitue sèche. S’il n’y a pas de laitue fraîche, ou si les laitues sont remplies de vers à tel point qu’il soit impossible de les nettoyer, on pourra prendre des endives ou du raifort. Si on prend du raifort il est préférable de le râper (avec une râpe Kachère pour Péssa'h). Le Gaon de Vilna avait l’habitude de le râper en rentrant de la synagogue le soir du Sédèr (sauf le vendredi soir) et le laissait dans un pot couvert. Ensuite il le posait sur le plat du Sédèr découvert afin que l’âcreté du raifort se perde un peu. On peut aussi acheter le raifort déjà râpé, mais il faut qu’il soit pur et que soit conservé son goût âcre jusqu’au Sédèr. Bien évidement il faut qu’il soit sous surveillance spéciale pour Péssa'h. Certains décisionnaires conseillent de compléter le Kazaïte de raifort râpé par un petit morceau de raifort non râpé et il est bon de faire ainsi. Si on n’a pas râpé le raifort avant la fête, il est recommandé de changer le mode de râpage habituel.
Le vendredi soir il est défendu de râper le raifort à cause du Chabbat, on ne pourra que le couper en petits morceaux avec un couteau, juste avant le repas. | Quelle est la quantité de Maror qu’il faut manger? |
Il faut prendre une quantité de 28 grammes de laitue par personne, mais pour les personnes âgées ou les malades il est possible de se contenter de 17 grammes (aussi bien pour la laitue que pour le raifort). On a le droit durant la fête de mesurer et de peser toute chose dont on se sert pour accomplir des Mitsvote. Le Maror doit être trempé dans le ‘Harossete (voir plus loin sa composition) avant qu’on récite la bénédiction. Cependant, afin de ne pas perdre le goût amer du Maror, il faut secouer la laitue afin de se débarrasser d’un excès de 'Harrossete. Certains le trempent entièrement, d’autres seulement en partie. Le raifort râpé ne doit être trempé qu’en partie, car autrement il se mélangerait entièrement avec le ‘Harossete, ce qui lui ferait perdre son âcreté.
Avant de le consommer, on récite la bénédiction: "ברוך...אשר קדשנו... וצונו על אכילת מרור" Il faut avoir l’intention de se rendre quitte aussi du Maror qu’on mangera plus tard avec de la Matsa (Korekh). Il est bon de se rappeler en le mangeant que cette Mitsva a été établie en souvenir de la vie dure que nos pères ont vécue durant l’asservissement en Egypte.
Comment manger le Maror ? Il faut d’abord bien mâcher le Maror puis l’avaler en l’espace de quatre minutes. Il serait impropre d’avaler la laitue sans la mâcher, car il faut goûter son amertume. Néanmoins on pourra avaler le raifort, car son goût est suffisamment amer même sans être mâché. On ne s’accoudera pas durant cette Mitsva. Il faut manger le Maror avant le milieu de la nuit (‘Hatsote), après cela on ne pourra plus réciter la bénédiction, mais il faudra quand même le consommer. Les personnes malades Il est évident qu’il ne faut pas mettre sa santé en danger afin d’accomplir cette Mitsva et pour cela il est possible de ne prendre que 17 grammes de Maror et de les consommer en neuf minutes (sans interruption). Une personne qui ne peut supporter même cette mesure n’a qu’à manger la quantité qu’elle peut supporter, mais sans réciter la bénédiction. D’après les Séfaradim, tous ceux qui mangent moins de 28 grammes ne doivent pas réciter la bénédiction. | Korèkh (sandwich de Maror et de Matsa). |
Nos Sages ont institué, en souvenir de la coutume de Hillel Hazakène qui était de manger l’agneau pascal avec la Matsa et le Maror ensemble, d'en faire autant de nos jours. Il nous faut donc, à nouveau prendre un Kazaïte de Matsa et un autre de Maror. Ainsi après avoir dit la formule inscrite dans les Hagadote on les mangera ensemble.
D’après le Rabbin Joseph Bloch, pour le Korèkh on a l’habitude de prendre du raifort, en guise de Maror. Mais la majorité des gens prennent à nouveau de la laitue. D’après les Séfaradim et aussi de nombreux Achkénazim on trempera ce sandwich dans le ‘Harossete. Cette fois sans secouer la laitue pour les Séfaradim, mais les Achkénazim pensent qu’il faut à nouveau débarrasser la laitue d’un excès de ‘Harossete. On se servira de la troisième Matsa, afin d’accomplir cette Mitsva.
Ceux qui n’ont pas l’habitude de tremper la laitue dans le ‘Harossete pour le Korèkh peuvent garder leur habitude. Il faut manger accoudé (à cause de la Matsa) les deux Kazaïte du Korèkh et si possible les avaler ensemble. Néanmoins on peut aussi manger petit à petit un peu de Matsa avec un peu de Maror pourvu que toute la mesure soit avalée en moins de quatre minutes. Les personnes malades ou les personnes âgées peuvent se contenter de 6 à 10 grammes de Matsa et de 17 grammes de Maror qu’ils devront avaler en l’espace de neuf minutes. | Choul’hane ‘Orekh (le dîner). |
Il est conseillé d’avoir pour le dîner des invités afin: De les réjouir De pouvoir faire le Zimmoun (introduction aux bénédictions d'après le repas) De pouvoir chanter le Hallel en groupe.
On a l’habitude d’enlever le plat du Sédèr pendant le repas et de le reposer après. Il faut manger un bon repas afin d’honorer la fête et on peut boire du vin à volonté mais il faut conserver suffisamment d’appétit pour l’Afikomane. Le repas doit être consommé en étant accoudé, mais ce n’est pas obligatoire. Certains ont l’habitude de manger des oeufs durant ce repas en souvenir du sacrifice appelé ‘Haguiga et aussi en souvenir de la destruction du Temple. Cependant, l’oeuf qui se trouve sur le plat du Sédèr ne sera consommé que le lendemain (voir plus haut). Au contraire le Michna Béroura (ch.476, 11) recommande de consommer l’œuf du Sédèr.
Chez certains on a l’habitude de ne pas consommer de la viande grillée le soir du Sédèr (surtout chez les Achkénazim) et cela inclut la viande fumée et de la viande rotie . Cette habitude comprend toutes sortes de viandes y compris les volailles. Il est admis partout qu’il est interdit de manger, le soir du Sédèr, l’agneau et l’os se trouvant sur le plat du Sédèr qui est là en souvenir de l’agneau pascal. Il existe encore d’autres habitudes, comme celle de ne tremper aucun aliment dans de l’eau salée ou dans le ‘Harossete, et celle de ne pas manger des légumes, mis à part le Karpasse et le Maror. | Tsafoun (consommation de l’Afikomane). |
Le terme hébreu "Tsafoun" veut dire caché. C’est une allusion à la Matsa qu’on a divisée en deux au début du Sédèr et qu’on a cachée sous les coussins. Le terme araméen Afikomane est en vérité une combinaison de deux mots "אפיקו מני", c’est à dire « sorti de lui » qui est une allusion au fait que nous finissons le repas par ce morceau de Matsa, car on ne peut plus rien manger après l’Afikomane.
Cette Matsa est mangée en souvenir du sacrifice de l’agneau pascal qui devait être mangé à la fin du repas afin d’être rassasié par sa consommation selon l’ordonnance de la Tora.
Quelle est la quantité à consommer ? A priori il faut consommer deux morceaux (d’une mesure d’un Kazaïte chacun) de Matsa, l’un en souvenir de l’agneau pascal et l'autre en souvenir de la Matsa qu’il fallait consommer avec l’agneau pascal. Néanmoins, les personnes qui ont du mal à consommer à nouveau deux morceaux peuvent se contenter de n’en manger qu’un seul (pour la quantité à prendre, à priori il faut prendre 56 grammes, mais il est possible de se contenter de 15 à 20 grammes). Toutefois, il doit être consommé en l’espace de quatre minutes (pour les personnes âgées et les malades neuf minutes suffisent). On prendra donc la Matsa divisée en deux, mais comme généralement elle n’est pas suffisamment grande afin d’être partagée entre tous les convives, on ajoutera des Matsote Chémourote pour compléter à chacun la mesure de deux Kazaïte. Il faut consommer l’Afikomane à son aise.
Quelqu’un qui n’aurait plus de force pour manger l’Afikomane, ne doit pas se forcer. Il devra plutôt attendre un certain temps (même après ‘Hatsote) afin de la consommer à son aise.
Il faut manger l’Afikomane assis à sa place et en étant accoudé sur le côté gauche. Si on ne s’est pas accoudé et qu’on n’a pas encore récité la bénédiction de la fin du repas (Birkate Hamazone) ou bien si on a consommé un aliment autre que de la Matsa après l’Afikomane, il faudra à nouveau remanger l’Afikomane, tant qu’on n’a pas réciter le Birkate Hamazone. Néanmoins, si cela lui est difficile, il n’y aura pas d’obligation d’en remanger (M.B. ch.473, 4 et 478, 1). Voir aussi le Kaf Ha’haïm ch.478, 3 et 477, 7. | Celui qui a oublié de manger l’Afikomane. |
Si on a oublié de manger l’Afikomane et qu’on a déjà récité la bénédiction finale du repas, il faudra se relaver les mains (sans bénédiction) réciter la bénédiction de Motsi, puis manger l’Afikomane et refaire Birkate Hamazone. Si on a déjà bu la troisième coupe on fera de même, mais on ne la boira pas à nouveau. On boira seulement la quatrième coupe après le Hallel.
Il est recommandé de manger l’Afikomane avant le milieu de la nuit (‘Hatsote), car l’agneau pascal devait être mangé avant cette heure-là.
Après l’Afikomane on ne doit plus rien manger, afin de garder le goût de la Matsa en bouche. Il ne faudra rien absorber d’autre que les deux coupes de vin qui restent encore à boire. On pourra cependant boire de l’eau et aussi, si on en a vraiment besoin afin de rester éveillé, du café ou du thé. | Barekh (actions de grâce - Birkate Hamazone). |
Avant d’entonner le Chir Hama’alote (pour ceux qui en ont la coutume), on rincera les coupes de vin puis on les remplira.
La coupe du prophète Elie. Certains versent à ce moment la coupe réservée à Eliyahou Hanavi (d’autres la remplissent seulement après le Birkate Hamazone, et d’autres l’ont déjà remplie au début du Sédèr).
Maïm A'haronim "מים אחרונים" On devra également se laver les mains juste avant le Zimmoun.
Le Zimmoun. Il est recommandé que le chef de famille fasse le Zimmoun (introduction aux bénédictions), bien que pendant l’année on ait souvent l’habitude d’honorer un invité. Celui qui fait le Zimmoun soulève le verre de vin de la main droite à la hauteur d’un empan (Téfa'h soit 8 à 10cm). Quand il n’y a pas de Zimmoun (moins de trois hommes majeurs), tous les convives devront prendre la coupe en mains durant la bénédiction. D’après d’autres dans tous les cas, tous les convives devront tenir leurs coupes dans leurs mains (‘Hazone ‘Ovadia).
II ne faut pas oublier de dire le paragraphe " יעלה ויבוא". Au cas où l'on aurait terminé le Birkate Hamazone sans le réciter, il faudra le reprendre en entier et reboire un verre de vin après.
Si pendant le Sédèr, est présent un jeune couple se trouvant dans la semaine suivant leur mariage, on devra réciter les sept bénédictions spéciales en l’honneur des jeunes mariés. Pour cela on se servira de la coupe appartenant au ‘Hatane (le mari). Les Séfaradim ne récitent cette bénédiction que si l’on se trouve dans l’appartement du jeune couple ce qui est rare pour le Sédèr. La troisième coupe de vin. Après avoir fini le Birkate Hamazone, chacun récitera la bénédiction sur le vin et boira sa coupe en étant accoudé sur le côté gauche (si possible d’un seul coup). Les Séfaradim doivent avoir l’intention de se rendre quitte du quatrième verre, car ils ne récitent pas la bénédiction sur le vin pour la troisième coupe.
Après avoir bu ce troisième verre on ne doit plus boire de vin jusqu’à la quatrième coupe, mais on peut boire de l’eau et s’il le faut du café ou du thé. Les Séfaradim doivent avoir l’intention de s’acquitter de la bénédiction du quatrième verre. | Hallel (Louanges, deuxième et principale partie). |
Avant de commencer à réciter les psaumes louant D. nous ouvrons la porte d’entrée de la maison afin de bien affirmer notre confiance en D., en cette soirée dePéssa'h qui est appelée «Nuit de Protection » (Ex.chl2; v.42). Puis nous récitons le paragraphe de "שפוך חמתך". Ces versets sont les cris de douleur d’un peuple qui souffre, mais qui garde quand même une éternelle confiance en D. et qui attend avec impatience la délivrance future.
Après avoir refermé la porte, on verse la quatrième coupe de vin. Il est bon de la tenir en main durant la récitation des psaumes. Néanmoins il n’est pas besoin de la soulever (certains ne la soulèvent que pour la bénédiction finale du Hallel).
Il faut réciter le Hallel assis convenablement en étant éveillé au maximum et dans une grande allégresse. S’il y a au moins trois personnes présentes (on peut inclure aussi sa femme et son enfant), alors le chef de famille dira le paragraphe de Hodou LaChem "הודו 'לה" et les autres répondront "כי לעולם חסדו ". Ce paragraphe est omis par certains (rite du Gaon de Vilna). D'autres récitent avant le début du Grand Hallel, "ללה הגדול" sans sa bénédiction finale (Rite alsacien du Rabbin J. Bloch). Selon ces deux rites on dira le paragraphe de "ישתבח" à la fin du Hallel et on récitera aussi la bénédiction finale de la fin du paragraphe de "ישתבח". Le rite Séfarade est de dire après le paragraphe de "ישתבח", celui de "יהללוך" et de conclure le Hallel par la bénédiction "מלך מהולל בתשבחות." | La quatrième coupe de vin |
Après avoir fini le Hallel on boira la dernière coupe de vin en étant accoudé sur le côté gauche, si possible en entier. Mais pour ceux qui se sont servis d’une coupe ayant un contenu de 150gr., il suffit de boire 86gr. pour pouvoir réciter la bénédiction finale sur le vin. Les Séfaradim ne récitent pas la bénédiction avant de boire la quatrième coupe, mais les Achkénazim doivent la dire. D’après tous les rites, il faut réciter la bénédiction finale sur le vin qui concerne les deux dernières coupes. Certains pensent qu’il faut dire le Hallel et qu’il faut boire la troisième et la quatrième coupe de vin avant le milieu de la nuit (‘Hatsote), mais ce n’est pas l’avis général. Après le milieu de la nuit les Séfaradim ne devront pas réciter la bénédiction finale du Hallel (‘Hazone ‘Ovadia). Quand boit-on la quatrième coupe? D’après l’habitude du Maharam on récite le premier soir le cantique "ובכן ויהי בחצי הלילה" et après "כי לא נאה" et le deuxième soir le cantique "ובכן ואמרתם זבח פסח" et ensuite "כי לא נאה" et seulement après on boit la coupe de vin. (Ce rite est encore aujourd’hui le rite alsacien - Hagada du Rabbin 1. Bloch).
Néanmoins, la plupart des gens boivent cette dernière coupe à la fin du Hallel avant de commencer les chants (Michna Béroura). Certains récitent les mêmes cantiques durant les deux soirées du Sédèr.
En diaspora, le deuxième soir on devra compter le ‘Omère en disant la bénédiction suivante: "ברוך... אשר קדשנו...וצונו על ספירת העומר" Nous émettons le voeu qu’après avoir accompli, comme il se doit, toutes les règles de cette soirée, nos prières soient exaucées et que nos actes (Mitsvote) soient acceptés par D. Nous concluons en disant le paragraphe "חסל סידור פסח " en affirmant que nous avons accompli ce Sédèr selon les règles prescrites. On a l’habitude de chanter la phrase "לשנה הבאה בירושלים" (l’an prochain à Jérusalem). Certains ajoutent: l’an prochain à Jérusalem reconstruite.
Puis nous entonnons les cantiques de la fin dans une grande allégresse. Certains étudient après le "שיר השירים" (Cantiques des Cantiques) dans lequel sont décrits plusieurs sujets ayant trait â la sortie d’Egypte. Il est bon de continuer à étudier durant la nuit jusqu’au point de s’endormir. | La récitation du Chéma’ avant de se coucher |
Les Achkénazim ont l’habitude de ne réciter que le premier paragraphe du Chéma’ et la bénédiction de "המפיל" avant de se coucher, car cette nuit-là nous sommes spécialement protégés par D. Les Séfaradim récitent cette prière comme d’habitude (Ben Ich ‘Haï).
Rappelons enfin que les lois du deuxième Sédèr sont identiques à celles du premier. |
Soyez le premier à commenter !