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Thèmes Eirouv Tavchiline

Eirouv Tavchiline et ses fondements halakhiques lorsqu’un Yom Tov tombe un vendredi, pour permettre la préparation des plats et besoins nécessaires au Chabbat.

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Eirouv Tavchiline
Eirouv Tavchiline : preparer Chabbat depuis Yom Tov

À savoir

Qu'est-ce que l'Eirouv Tavchiline ?

L'Eirouv Tavchiline est une institution halakhique rabbinique qui permet de préparer, lors d'un Yom Tov tombant un vendredi, les plats et besoins nécessaires pour le Chabbat. Sans cet Eirouv, la Yom Tov halakha interdit formellement de cuisiner pendant la fête en vue du Chabbat, en raison du principe d'hakhanah — l'interdiction de préparer d'un jour saint pour un autre.

Le principe et son fondement

La veille du Yom Tov, on réserve un aliment cuit (un plat et idéalement du pain ou de la matsa) qui symbolise le début de la préparation du Chabbat. Ce geste, codifié dans le traité Beitsa (Michna, chapitre 2), établit une continuité entre la préparation commencée avant la fête et celle poursuivie le jour même. Le traité Eirouvine, ainsi que les lois développées dans le Choulhan Aroukh Orah Hayim (simanim 527-528), détaillent les modalités précises de sa réalisation.

Débat talmudique sur la raison de la takana

Le Traité Chabbat et le traité Beitsa rapportent un débat entre Rava et Rav Achi quant au motif de cette ordonnance rabbinique. Selon Rava, l'Eirouv rappelle à chacun de réserver un beau plat pour le Chabbat, et non de tout consommer pendant la fête. Selon Rav Achi, il sert à enseigner que ce qui est interdit pour les jours ordinaires l'est a fortiori depuis le Yom Tov — l'Eirouv crée ainsi une fiction juridique de continuité.

Quand l'Eirouv Tavchiline est-il requis ?

Il est nécessaire chaque fois qu'un Yom Tov précède immédiatement le Chabbat. Cela concerne Pessa'h, Roch Hachana, Soukot, Chavouot ou 'Hanouka lorsqu'ils coïncident avec un vendredi. Le concept d'Eirouv au sens large — «mélange» ou «fusion» — exprime ici l'idée que les deux préparations (fête et Chabbat) se fondent en une seule démarche licite.

Formule et réalisation pratique

On saisit le plat réservé, on récite la bénédiction appropriée, puis la formule araméenne autorisant toute préparation nécessaire au Chabbat. Beit Chammaï exigeait deux plats distincts ; Beit Hillel se contentait d'un seul — la Chabbat halakha suit l'avis de Beit Hillel. Si l'Eirouv est perdu ou consommé avant la fin du Yom Tov, la préparation pour le Chabbat redevient interdite.

Portée et dimension spirituelle

L'Eirouv Tavchiline illustre la sagesse des Sages : loin d'affaiblir la sainteté du Yom Tov ou du Chabbat, il honore les deux en forçant une anticipation consciente. La source dans le traité Pessahim et les discussions du Talmud montrent que cette takana vise autant l'éducation que la praticité, invitant le foyer juif à préparer le Chabbat avec soin et intention dès la veille de la fête.

Lois de Eirouv Tavchiline : questions-réponses pratiques

Lois de Erouv Tavchiline

Il est permis de faire le erouv tavchiline pour un voisin ignorant qui ne sait pas le faire, ou pour une voisine veuve qui n'est pas experte dans ce domaine. On leur enseignera la berakha mot à mot, ainsi que la formule : "bedin erouva yehe chari lana le'afouye oule'vachoulé, etc.". Si la personne ne sait pas dire la formule du erouv, on dira : "bedin erouva yehe chari leba'alat habayit haze le'afouye, etc.". Il s'agit d'une mitsva de permettre à d'autres d'accomplir cette obligation. Certains disent qu'il est permis de réciter soi-même la berakha du erouv pour ceux qui ne savent pas la dire, et même si l'on a déjà récité la berakha pour son propre erouv, on peut la répéter pour le erouv fait pour un voisin, car "celui qui est quitte peut acquitter les autres". Il existe une ancienne coutume à Jérusalem où de grands rabbins envoyaient des érudits de maison en maison pour permettre à ceux qui ne savaient pas de faire le erouv tavchiline.

(Yalkout Yossef, Lois de Yom Tov (fêtes), Chapitre 527 - Lois de Erouv Tavchiline, Halakha 26)
Lois de Erouv Tavchiline

Lorsqu'un Yom Tov tombe la veille de Chabbat, il est interdit, selon une ordonnance rabbinique, de cuisiner dans une marmite séparée ou de cuire du pain spécialement pour Chabbat, sauf si l'on a fait un erouv tavchiline. Cela consiste à déposer du pain et un plat cuisiné avant Yom Tov en vue de Chabbat, afin qu'il soit évident que l'on ne commence pas à cuisiner ou à cuire pour un besoin qui n'est pas celui de Yom Tov pendant la fête elle-même, mais que l'on ne fait que terminer une préparation commencée avant Yom Tov. Il est d'usage de déposer du pain et un plat cuisiné, conformément à l'opinion de Rabbi Eliezer, qui déduit du verset "Ce que vous cuirez, cuisez-le, et ce que vous cuisinerez, cuisinez-le" que l'on ne cuit que sur ce qui a déjà été cuit, et l'on ne cuisine que sur ce qui a déjà été cuisiné. C'est sur ce fondement que les Sages ont appuyé la règle du erouv tavchiline dans la Torah. Ainsi, il convient a priori de déposer du pain et un plat cuisiné avant Yom Tov. Toutefois, si l'on n'a déposé qu'un plat cuisiné pour le erouv, il est permis de cuire et de cuisiner pendant Yom Tov pour Chabbat. Mais si l'on n'a déposé que du pain, certains estiment qu'il n'est même pas permis de cuire pendant Yom Tov, tandis que d'autres permettent au moins la cuisson. En cas de doute sur une règle rabbinique, on adopte l'opinion la plus clémente.

(Yalkout Yossef, Lois de Yom Tov (fêtes), Chapitre 527 - Lois de Erouv Tavchiline, Halakha 1)
Lois de Erouv Tavchiline

Il est également permis de cuisiner du riz le septième jour de Pessah qui tombe un vendredi, en vue du Chabbat, même pour ceux qui ont l'habitude d'être stricts et de ne pas en manger pendant Pessah.

(Yalkout Yossef, Lois de Yom Tov (fêtes), Chapitre 527 - Lois de Erouv Tavchiline, Halakha 30)
Lois de Erouv Tavchiline

Il est une mitsva pour le responsable de la ville ou le rav du quartier de faire le erouv tavchiline pour les habitants de sa ville ou de son quartier, en acquérant le erouv par l'intermédiaire d'une autre personne, en le soulevant d'une hauteur d'un tefah, afin d'en faire bénéficier les habitants. Après avoir acquis le erouv pour eux, il prendra le erouv en main, récitera la bénédiction et conclura sa déclaration par "pour nous et pour tous les habitants de cette ville". Il est préférable, a priori, que la personne qui acquiert le erouv ne soit pas un membre du foyer du propriétaire du erouv, même s'il s'agit d'adultes, tant qu'ils dépendent de sa table. De même, il ne faut pas le faire par l'intermédiaire de sa femme. Toutefois, s'il est difficile de trouver une personne étrangère, il peut acquérir le erouv même par l'intermédiaire de sa femme. Si celui qui a l'habitude de faire le erouv pour les autres a oublié d'acquérir d'abord le erouv par une autre personne, on peut se reposer sur son erouv a posteriori. Malgré tout, il est obligatoire, a priori, que chacun fasse son propre erouv tavchiline et ne se repose pas sur le responsable de la ville, sauf s'il a oublié ou a été empêché de le faire, auquel cas il pourra se reposer sur le erouv du responsable de la ville, qui le fait pour tous les habitants. Lorsque le responsable de la ville a l'habitude de déposer le erouv, on peut s'appuyer sur lui par présomption, sans avoir besoin de lui demander. Si quelqu'un a oublié deux fêtes consécutives, certains disent qu'il est considéré comme négligent et ne peut pas se reposer sur le erouv du responsable de la ville. Cependant, de nos jours, l'intention du rav qui fait le erouv tavchiline est d'inclure même ceux qui sont proches de la négligence, c'est pourquoi on peut s'appuyer sur lui a posteriori et cuisiner de Yom Tov pour le Chabbat.

(Yalkout Yossef, Lois de Yom Tov (fêtes), Chapitre 527 - Lois de Erouv Tavchiline, Halakha 19)
Lois de Erouv Tavchiline

La quantité de plat cuisiné à déposer pour le erouv tavchiline est d'au moins un kazayit, soit vingt-sept grammes. Même si la famille est nombreuse, un kazayit de plat cuisiné suffit pour le erouv. Il est recommandé, par mesure de rigueur, de déposer pour le pain du erouv une quantité équivalente à un œuf.

(Yalkout Yossef, Lois de Yom Tov (fêtes), Chapitre 527 - Lois de Erouv Tavchiline, Halakha 2)
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