Thèmes Quatre especes

À savoir
La mitsva des quatre especes
Les quatre especes, arba minim en hebreu, constituent l'une des mitsvot les plus emblematiques de Souccot. La Torah les prescrit explicitement dans la paracha Emor (Lev 23:40) : le fruit de l'arbre majestueux designe l'etrog, la branche de palmier le loulav, le myrte et le saule completent l'ensemble. Ces quatre vegetaux sont reunis, tenus en main et agites dans la Soucca ainsi qu'a la synagogue durant toute la fete.
Sources et lois halakhiques
Le Traite Souccah developpe en detail les criteres de validite de chaque espece : l'etrog doit etre intact, sans tache ni defaut, le loulav doit etre droit et ses feuilles soudees. Le Choulhan Aroukh Orah Hayim (siman 645-660) codifie l'ensemble de ces regles issues du Talmud. La Halakha de Yom Tov precise en outre les restrictions propres aux premiers jours de fete concernant la prise des arba minim.
Le rituel d'agitation
On tient le loulav de la main droite et l'etrog de la main gauche, puis on les reunit et on les agite dans les six directions : est, sud, ouest, nord, haut et bas, symbolisant l'omnipresence divine. Cette agitation accompagne la recitation du Hallel, psaumes de louange chantes chaque matin du 'Hol Hamoed Souccot. Le premier jour, la mitsva est biblique ; les jours suivants, elle est d'ordre rabbinique dans les communautes hors du Temple.
Hochaana Rabba, point culminant
Le 21 Tichri, Hochaana Rabba constitue le dernier jour ou l'on agite les quatre especes. Ce jour solennel, septieme jour de Souccot, est marque par des prières de salut particulieres et par le rite des hoshaahnot, ou l'on tourne autour de la bima en portant les arba minim, atteignant le point culminant du rite de Souccot avant Chemini Atseret.
Significations et commentaires
Rachi et le Rambam livrent des lectures complementaires : les quatre especes representent pour certains les quatre types de Juifs (celui qui etudie la Torah et accomplit les mitsvot, et ceux qui ne possedent qu'une de ces qualites), appelant a l'unite du peuple. Le Chofar de Roch Hachana et les arba minim de Souccot forment ensemble la serie des objets rituels majeurs des fetes du mois de Tichri, illustrant la richesse ceremonielle du calendrier juif.
Lois de Quatre especes : questions-réponses pratiques
Des hadassim provenant d’un champ appartenant à un Juif qui y a travaillé pendant la cheviit et qui a également protégé ce champ restent néanmoins valables pour accomplir la mitsva du hadass.
La longueur requise pour le hadass ou la arava est de trois tefahim, soit vingt-quatre centimètres. Certains sont plus stricts, suivant l'avis du Hazon Ich, et prennent un hadass de trente centimètres. Cependant, selon la halakha, vingt-quatre centimètres suffisent. La mesure se fait sur la tige elle-même, sans inclure les feuilles situées à l'extrémité de la tige. Il est recommandé, dans le cadre de l'embellissement de la mitsva, de prendre un hadass ou une arava un peu plus longs que la mesure minimale, afin de ne pas être juste à la limite.
Il est interdit de sentir le hadas utilisé pour la mitsva pendant tous les jours de la fête, car il est normalement destiné à être senti, mais durant la fête il est réservé à la mitsva et non à l'odeur, à l'instar du bois de la soukka. Ceux qui récitent la bénédiction de l'odeur lors de la prise des quatre espèces suivent une coutume erronée. Toutefois, si l'on a stipulé sur les hadassim du loulav la veille de la fête en disant qu'on ne s'en séparera pas pour sentir leur odeur pendant tout le crépuscule, et qu'après la mitsva on pourra aussi les sentir, il est alors permis de les sentir. Par conséquent, il est permis de déplacer le hadas pendant le Chabbat de Hol Hamoed, puisqu'il est apte à être senti.
Il est recommandé de couper les petites branches et pousses qui sortent entre les groupes de feuilles du hadass, afin qu’elles ne créent pas de séparation entre les groupes. Toutefois, si cela n’a pas été fait, le hadass reste cachère a posteriori.
Pour accomplir la mitsva de façon optimale, toute la longueur requise du hadass (soit douze doigts) doit être meshoulash, c'est-à-dire avot, et cette condition est impérative sur la majorité de la longueur requise. C'est-à-dire que si, sur une partie de ses feuilles, il y a deux feuilles ou deux et une au-dessus, mais que sur la majorité de la longueur requise du hadass, soit environ sept doigts, il est meshoulash comme il se doit, cela suffit et il est cachère. De même, si tout le hadass était meshoulash, et qu'une feuille sur trois est tombée dans une partie du hadass, mais que la majorité de la longueur requise reste meshoulash comme il se doit, il est cachère. Même si à son sommet il n'est pas avot, mais que sur la majorité il l'est, il est cachère. Mais l'embellissement de la mitsva est qu'il soit avot à son sommet. Cependant, si une feuille sur trois est tombée sur la majorité de la longueur requise du hadass, certains autorisent, car il reste malgré tout deux feuilles sur chaque nœud, la majorité étant considérée comme la totalité. D'autres invalident, car il ne reste plus du tout l'appellation avot, qui n'existe qu'avec trois feuilles. Le Beit Hahadash tranche comme les autorisant, et écrit que l'on ne doit pas être indulgent comme la conclusion du Ran qui dit qu'il ne convient pas d'alléger. Et ce n'est qu'en cas de nécessité que l'on peut s'appuyer sur les opinions permissives.
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