Thèmes Yom Tov halakha

À savoir
Qu'est-ce que le Yom Tov en halakha ?
Le Yom Tov désigne, en halakha, les jours de fête prescrits par la Torah, distincts du Chabbat par certaines permissions et interdictions spécifiques. Les fêtes concernées sont Pessa'h, Chavouot, Souccot, Roch Hachana et Yom Kippour, auxquels s'ajoute Chemini Atseret. Le traité talmudique Beitsa est la source principale consacrée aux lois du Yom Tov, complété par les traités Pessahim et Traité Souccah.
Les melakhot : ce qui est permis et interdit
Contrairement au Chabbat, la Torah autorise au Yom Tov la préparation de nourriture (okhel nefech), permettant de cuisiner, allumer un feu à partir d'un feu existant et porter dans le domaine public. En revanche, les melakhot sans rapport direct avec le besoin alimentaire demeurent interdites, selon le Choulhane Aroukh (Or'h 'Haïm, 495-530) et les décisionnaires (poskim) classiques.
L'Eirouv Tavchiline : préparer Chabbat depuis Yom Tov
Lorsqu'un Yom Tov précède directement le Chabbat, il est obligatoire d'effectuer l'Eirouv Tavchiline avant la fête. Ce dispositif halakhique permet de préparer les aliments pour le Chabbat dès le Yom Tov, évitant toute transgression. Sans Eirouv Tavchiline valide, toute préparation en vue du Chabbat serait interdite.
Hol Hamoed et les jours intermédiaires
Entre les premiers et derniers jours de Yom Tov de Pessa'h et de Souccot se trouvent les jours du Hol Hamoed, soumis à des règles intermédiaires : moins restrictifs que le Yom Tov lui-même, ils comportent néanmoins des interdictions de melakha propres, détaillées dans la halakha pratique.
Yom Tov Chéni : le deuxième jour en diaspora
En dehors d'Israël, la tradition institue un deuxième jour de Yom Tov (Yom Tov Chéni Chel Galouiot) pour chaque fête, à l'exception de Yom Kippour. Roch Hachana est célébré deux jours même en Israël. Ce deuxième jour revêt le même statut halakhique que le premier en matière de melakhot.
Sources et autorités halakhiques
Les lois du Yom Tov sont codifiées dans le Choulhane Aroukh (Or'h 'Haïm), le Rambam (Hilkhot Yom Tov), ainsi que dans les responsa des grands décisionnaires comme le Rav Ovadia Yossef. La halakha distingue soigneusement les situations propres à chaque fête : les interdictions spécifiques à Pessa'h (hamets), les lois de la soucca pour Souccot, ou les obligations particulières de Chavouot.
Lois de Yom Tov halakha : questions-réponses pratiques
Un résident d’Israël qui voyage en diaspora, avec l’intention de retourner en Israël et qui séjourne là-bas un ou deux mois, n’a pas le droit d’effectuer un travail le second jour de Yom Tov lorsqu’il se trouve dans une communauté juive. Certains estiment que cela ne concerne que les actes faits en public, afin d’éviter la discorde et que les Juifs de diaspora ne viennent à mépriser la sainteté du second jour. D’autres pensent que même en privé, cela est interdit, et il convient d’être rigoureux sur ce point. Toutefois, il est permis de déplacer en privé des objets mouktsé le second jour de Yom Tov.
Certaines femmes ont l’habitude d’allumer les bougies de Yom Tov avant la tombée de la nuit, comme pour Chabbat, tandis que d’autres les allument la nuit de Yom Tov, avant le kiddouch et le repas. Chaque communauté suit sa coutume.
Il est interdit de presser des olives et des raisins pendant Yom Tov, car cela constitue une dérivation de la melakha de "dach" (battage), et même pour un besoin alimentaire, cela reste interdit. Il est également interdit de presser des fraises, des grenades, des oranges, des pamplemousses et tous les autres fruits principalement destinés à produire du jus, de crainte que l’on en vienne à en presser une grande quantité pour un usage profane. Même pour des fruits comme les oranges, dont le jus perd un peu de sa saveur s’il est pressé la veille de Yom Tov, il est interdit de les presser pendant Yom Tov. Toutefois, il est permis de presser une orange sur un aliment, à condition que la majeure partie du jus soit absorbée par l’aliment, car un liquide absorbé par un aliment est considéré comme un aliment. Il est permis de presser des citrons pendant Yom Tov. Certains ont l’habitude de presser pendant Yom Tov des grenades acides ou non mûres dans un récipient vide, puis de les ajouter à un plat pour l’acidifier ; cependant, il est d’usage de faire bouillir d’abord les grenades ou les fruits non mûrs afin qu’ils soient plus faciles à presser. Le Ben Ich Haï a justifié cette coutume.
Une femme d’origine yéménite qui avait l’habitude, comme les autres femmes de sa communauté en diaspora, de ne pas réciter la berakha sur l’allumage des bougies la veille de Yom Tov, et qui vient s’installer définitivement en Israël, il est correct qu’elle agisse comme les habitants d’Israël et récite la berakha sur l’allumage des bougies la veille de Yom Tov : « Acher kidéchanou bemitsvotav vetsivanou lehadlik ner shel Yom Tov ».
Une personne qui a mangé de la viande a le droit de cuisiner des plats lactés pendant Yom Tov, même si moins de six heures se sont écoulées depuis qu'elle a mangé la viande. De même, une personne à qui il est interdit de consommer un certain aliment pour des raisons de santé, par exemple un malade du diabète à qui il est interdit de manger des aliments sucrés, a le droit de cuisiner pendant Yom Tov des plats sucrés pour d'autres personnes. A plus forte raison, il lui est permis de déplacer des sucreries ou des aliments similaires, même s'ils ne lui sont pas propres à la consommation.
Quiz sur le thème de Yom Tov halakha
Un mini quiz pour tester vos connaissances. Vous relevez le défi ?

