Thèmes Omer

À savoir
La mitsva de l'Omer : compter les 49 jours
L'Omer est une mitsva de la Torah qui consiste à compter chacun des 49 jours séparant Pessa'h de Chavouot. Le décompte commence le 16 nissan, lendemain du premier jour de Yom Tov de Pessa'h, et se conclut à Chavouot, la fête des semaines. Cette période est désignée dans le calendrier juif sous le nom de « jours de la Sefira ». La source scripturaire se trouve dans le Lévitique (chapitre 23) et dans le Deutéronome (chapitre 16) : il est ordonné de compter sept semaines complètes depuis l'apport de la gerbe d'orge.
L'offrande de l'Omer au Temple
À l'époque du Temple, la période de l'Omer était inaugurée par l'offrande de la minha ha-omer, un sacrifice d'orge de la nouvelle récolte apporté au Beth Hamikdach le lendemain du premier Yom Tov de Pessa'h. Cette offrande, appelée aussi « Omer de l'élévation », levait l'interdit du hadach (consommation de la nouvelle récolte). Au cinquantième jour, lors de Hol Hamoed et à la veille de Chavouot, on apportait les deux pains de froment (Chtei Halechem). Ces rites sont codifiés dans le Rambam (Hilkhot Temidim Oumousafin, chapitre 7) et dans le Choulhane Aroukh, Ora'h 'Haïm, siman 489.
Déroulement quotidien et halakha
Chaque soir, après la tombée de la nuit, le juif récite la bénédiction et annonce le jour et la semaine correspondants. Le Choulhane Aroukh précise qu'il est préférable de compter la nuit, mais qu'en cas d'oubli on peut compter le jour sans bénédiction. Pendant Hol Hamoed de Pessa'h, la mitsva de l'Omer coïncide avec les réjouissances de la fête, et le Hallel est récité dans les synagogues. Le Talmud Bavli, traité Mena'hot (65a-66a), détaille les disputes historiques sur le début du décompte, notamment entre les Pharisiens et les Sadducéens.
Période de demi-deuil et Lag Ba'Omer
La tradition rapporte qu'au temps de Rabbi Akiva, 24 000 élèves périrent durant la période de l'Omer, ne s'étant pas conduits avec le respect mutuel requis. En souvenir, des coutumes de demi-deuil s'observent : on s'abstient de mariages, de coupes de cheveux et de musique festive. Le 33e jour de l'Omer, Lag Ba'Omer, marque une pause dans ce deuil : selon la tradition, les décès s'arrêtèrent ce jour-là. Lag Ba'Omer est aussi le jour du Hilloula de Rabbi Chimon bar Yo'haï, auteur du Zohar, célébrée à Méron par des centaines de milliers de pèlerins.
Pessa'h Chéni et le cycle de l'Omer
Pessa'h Chéni, célébré le 14 iyar, s'inscrit dans ce cycle de l'Omer : il offre une deuxième chance à ceux qui n'avaient pu offrir le sacrifice pascal en son temps. Cette date tombe en pleine période séfiratique, rappelant que les 49 jours ne sont pas une simple attente mais un cheminement spirituel vers la révélation de Chavouot. Issrou Hag, le lendemain de Pessa'h, marque quant à lui l'entrée concrète dans la période de l'Omer. Chabbat, observé sept fois au cours de ces semaines, rythme et structure ce compte selon la Torah.
Dimension spirituelle : de la libération à la révélation
Les maîtres de la 'hassidout et de la Kabbale voient dans les 49 jours de l'Omer un travail de purification intérieure, parallèle aux 49 jours que les Hébreux passèrent à se préparer avant le don de la Torah au Sinaï. Chaque semaine correspond à l'une des sept sfirot, et chaque jour à une sous-dimension de celle-ci. Cette période de l'Omer se distingue d'autres périodes de recueillement comme les Selichot ou les Asseret Yemei Téchouva par son caractère de progression positive vers Chavouot, plutôt que de repentir.
Lois de Omer : questions-réponses pratiques
Lorsque le trente-troisième jour du Omer tombe un vendredi, il est permis même aux Séfarades de se couper les cheveux ce jour-là, en l'honneur du Chabbat. Si une personne a une raison quelconque qui l'empêche de se couper les cheveux pendant la journée du vendredi, il lui est permis de le faire dans la nuit du jeudi au vendredi, en l'honneur du Chabbat. Il est également permis de célébrer un mariage pour un jeune homme qui n'a pas encore accompli la mitsva de procréation, dans la nuit du jeudi au vendredi, qui est la nuit du trente-troisième jour du Omer.
Certaines personnes ont l’habitude d’emmener leurs jeunes enfants ayant atteint l’âge de trois ans à Méron le jour de Lag Baomer pour leur première coupe de cheveux, dans la joie et les chants, près des tombes des tsadikim Rabbi Chimon Bar Yohaï et Rabbi Elazar son fils. Cette coutume a des appuis dans les écrits des mekoubalim. Il est également permis de procéder à cette coupe de cheveux à la synagogue. Cependant, de nos jours, la pudeur n’est plus respectée à Méron le jour de Lag Baomer, celui qui tient à préserver son âme s’en éloignera, et il est préférable de s’abstenir et de ne pas y aller.
Si une berit mila a lieu pendant les jours du Omer, il est permis au père de l'enfant, au sandek et au mohel de se couper les cheveux et de se raser ce jour-là, car c'est pour eux un jour de fête. Si une raison les empêche de se couper les cheveux le jour de la berit mila, ils peuvent le faire la veille. De même, si la berit mila a lieu un dimanche, ils sont autorisés à se couper les cheveux le vendredi précédent.
Selon la règle stricte, celui qui n’a pas accompli la mitsva de procréation, c’est-à-dire qu’il n’a pas un fils et une fille, peut se marier pendant les jours du Sefirat Haomer. Cependant, la coutume est de ne pas se marier du tout avant le 34e jour du Omer, et il ne faut pas changer cette coutume. Toutefois, s’il y a une grande nécessité, on peut s’appuyer sur la règle stricte et considérer cela comme une mesure exceptionnelle pour permettre le mariage. Si possible, il est bon de faire le mariage à Roch Hodech Iyar.
Il est permis à une personne d’emménager dans un nouveau logement pendant la période du Sefirat Haomer, et il n’est pas nécessaire de repousser l’emménagement après le trente-troisième jour du Omer. Cela s’applique même si le logement est acquis pour un plus grand confort. Il est également permis de blanchir, de peindre ou de poser du papier peint à des fins esthétiques dans ce logement avant d’y entrer avec sa famille. On peut organiser un repas d’inauguration de la maison durant cette période, en y prononçant des paroles de Torah et en étudiant les textes relatifs à l’inauguration de la maison, car il s’agit alors d’un repas de mitsva. Ceci est d’autant plus valable en Terre d’Israël, où cela constitue une mitsva en soi. Il est permis de réciter la berakha de Shehecheyanu pendant le Omer à l’occasion de l’emménagement, lors de l’habillement d’un vêtement neuf ou de la consommation d’un fruit nouveau. Toutefois, lors de l’inauguration de la maison, il ne faut pas écouter de musique instrumentale, même enregistrée, jusqu’au trente-quatrième jour du Omer.
Quiz sur le thème de Omer
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