Thèmes Lois de Omer : questions-réponses pratiques

Lois du compte du omer
Réponse
La Torah dit : « Vous compterez pour vous à partir du lendemain du Chabbat, du jour où vous apporterez l’omer de balancement, sept semaines complètes seront. » Nos Sages ont reçu que « le lendemain du Chabbat » signifie le lendemain du premier jour de Pessah, qui est un jour de repos, et non le Chabbat de la Création, contrairement à l’opinion des Tsadokim qui pensaient qu’il s’agissait du Chabbat de la Création. Ainsi, il y a une mitsva positive de compter la Sefirat Haomer à partir du soir du 16 Nissan jusqu’à la fin des sept semaines. Le Chibolé Haleket, citant le Midrach Aggada, explique que la Torah a lié la fête de Chavouot au compte du Omer, car lorsque les Bnei Israël ont appris en sortant d’Égypte qu’ils recevraient la Torah cinquante jours plus tard, comme il est dit : « Lorsque tu feras sortir le peuple d’Égypte, vous servirez Dieu sur cette montagne », et le "noun" supplémentaire de « taavdoun » vient t’enseigner qu’au terme de cinquante jours vous servirez Dieu par la réception de la Torah. Israël, par amour pour la Torah, comptait chaque jour en disant : voici un jour est passé, voici deux jours, trois, quatre, etc., car cela leur paraissait long, tant leur amour pour la Torah était grand. C’est pour cela que la mitsva du compte a été instituée pour toutes les générations. Rabbi Yehouda Hahassid a dit : puisque ces jours sont ceux du travail des champs, et qu’il n’y a personne pour dire aux villageois si le mois d’Iyar est plein ou incomplet, la Torah a ordonné de compter cinquante jours, puis de célébrer la fête.
Réponse
Étant donné qu’il est écrit : « Tu compteras sept semaines à partir du moment où la faucille commence dans la moisson », c’est-à-dire à partir de la récolte de l’omer, et qu’à notre époque il n’y a ni récolte ni offrande du omer au Beth Hamikdash le 16 Nissan, la mitsva du compte du omer n’est aujourd’hui que d’ordre rabbinique, en souvenir du Temple. C’est l’avis de la majorité des décisionnaires, ainsi que de Maran dans le Choulhan Aroukh. Par conséquent, il convient d’omettre dans le texte du « Léchem Yihoud » avant le compte du omer la formule : « Nous venons accomplir la mitsva positive du compte du omer comme il est écrit dans la Torah… », puisque le compte du omer aujourd’hui est d’ordre rabbinique.
Réponse
Ceux qui ont l’habitude de dire dans le « Léchem Yihoud » avant le compte du omer, le dernier jour du compte, le verset « Vous compterez pour vous… sept semaines complètes seront », ont sur qui s’appuyer. Ils peuvent ensuite compter le omer avec la bénédiction, et il n’y a pas lieu de les en empêcher. Toutefois, il est préférable, a priori, d’omettre ce verset et de se contenter de dire : « Nous venons accomplir la mitsva du compte du omer… ».
Réponse
Si quelqu’un a récité la bénédiction du compte du omer en pensant que c’était un certain jour du omer, puis s’est immédiatement rappelé, avant de compter, que ce n’était pas le bon jour, il doit continuer et compter le omer sans recommencer la bénédiction.
Réponse
Le soir de Motsaé Chabbat, on compte le omer avant de faire la havdala. De même, lorsque le dernier jour de Pessah tombe un samedi soir, on comptera le omer avant la havdala.
Réponse
Il faut réciter la bénédiction avant de compter le omer : « Béni sois-Tu, Hachem, notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné au sujet du compte du omer. » Même si le compte du omer aujourd’hui est d’ordre rabbinique, on peut dire dans la bénédiction « et nous a ordonné », car il est écrit dans la Torah : « Tu observeras pour faire tout ce qu’ils t’enseigneront », ce qui revient à dire que le Saint béni soit-Il nous a Lui-même ordonné d’accomplir les mitsvot de nos Sages. Ainsi, il est correct de dire « et nous a ordonné ». De même, on utilise cette formule pour l’allumage des bougies de Hanouka, pour la netilat yadayim et pour d’autres mitsvot d’ordre rabbinique. Toutefois, si l’on a compté le omer sans bénédiction, on est quitte, car la bénédiction n’est pas indispensable.
Réponse
La mitsva de compter le Omer peut être accomplie dans n'importe quelle langue que l'on comprend. Même si l'on compte en Lachon Hakodesh (hébreu), il faut, a priori, comprendre ce que l'on dit. Si quelqu'un ne comprend pas l'hébreu et a compté en hébreu, il n'est pas quitte de la mitsva et devra recommencer à compter dans une langue qu'il comprend, mais sans réciter la berakha.
Réponse
La formule correcte pour compter le Omer est "laOmer" et non "baOmer". Lorsqu'on arrive au septième jour, on dit : "Aujourd'hui, sept jours laOmer, ce qui fait une semaine."
Réponse
On ne récite pas la berakha Shehecheyanu sur le compte du Omer, car ce compte a été institué en souvenir du Temple, et de plus, on ne récite pas Shehecheyanu sur une mitsva qui consiste uniquement en une parole.
Réponse
Une personne emprisonnée pendant la période du Omer, se trouvant dans un lieu impur où il lui est impossible de réciter la berakha, est autorisée à compter le Omer sans berakha. Bien qu'il s'agisse d'une mitsva et qu'il ne soit pas approprié, a priori, de l'accomplir dans un endroit impur, il est néanmoins permis de le faire afin de ne pas perdre complètement la mitsva après sa sortie de prison.
Réponse
Les femmes sont exemptées de la mitsva de la Sefirat Haomer, car il s'agit d'une mitsva positive dépendant du temps, dont les femmes sont dispensées. Si elles souhaitent compter sans berakha, elles en ont le droit. Cependant, elles ne doivent pas réciter la berakha, car ce serait une berakha en vain. Selon la Kabbala, il est bon que les femmes ne comptent pas du tout le Omer, même sans berakha.
Réponse
Il est une mitsva d'éduquer les enfants à compter le Omer chaque jour, et il convient de leur apprendre à compter avec la berakha, comme il se doit. Si un enfant a oublié de compter un soir pendant la période du Omer, il peut continuer à compter avec berakha, en raison de l'obligation d'éducation, afin de l'habituer à réciter la berakha chaque année lorsqu'il sera adulte.
Réponse
Un enfant qui atteint l'âge de la Bar Mitsva au cours de la période du Sefirat Haomer ne doit pas continuer à compter le Omer avec la berakha. Même s'il a compté chaque soir avec berakha jusqu'à ce jour, en vertu de la mitsva d'éducation (hinoukh), il doit cesser de réciter la berakha à partir du jour où il atteint treize ans et un jour. En effet, tous les comptes faits durant son enfance ne le rendent pas quitte de son obligation une fois devenu adulte, car il était alors exempt de toutes les mitsvot. Même la mitsva d'éducation, qui est d'ordre rabbinique, ne lui incombait pas à lui-même mais à son père. Puisqu'il était exempt des mitsvot avant la Bar Mitsva, ses comptes d'enfant ne sont pas valables pour la notion de "temimout" (continuité parfaite) qui permettrait de continuer à compter avec berakha après avoir grandi. Devenu adulte, il est désormais soumis à l'interdiction de réciter une berakha inutile. Il écoutera donc la berakha du chaliah tsibour chaque soir, puis comptera le Omer avec l'assemblée. Toutefois, il n'est pas nécessaire de réprimander un enfant devenu adulte pendant la période du Sefirat Haomer s'il continue malgré tout à compter avec berakha.
Réponse
La mitsva de compter le Omer doit être accomplie debout. Les Hakhamim ont appuyé cette règle sur le verset : "mahe'hel haremèsh bakama tahèl lispor shiv'a shavouot", en lisant "bakama" comme "bekoma" (debout). Toutefois, si quelqu'un a compté assis, il est tout de même quitte de son obligation.
Réponse
Une personne âgée ou malade qui a des difficultés à se tenir debout est autorisée à compter le Omer assise, même a priori, car toute situation de contrainte est considérée comme un cas de force majeure.
Réponse
Il incombe à chaque Juif de compter lui-même le Omer, comme il est dit "ousfartem lakhem" (vous compterez pour vous), au pluriel, indiquant que le compte doit être prononcé par chacun. Toutefois, si quelqu'un a eu l'intention de s'acquitter de son obligation par le compte du chaliah tsibour, et que ce dernier a eu l'intention de l'acquitter, il est quitte par l'écoute, selon le principe "chomea keone" (celui qui écoute est comme celui qui prononce).
Réponse
Étant donné que les décisionnaires divergent sur la nécessité d'avoir l'intention d'accomplir la mitsva, comme expliqué dans le Beit Yossef, et que selon certains, il n'est pas nécessaire d'avoir cette intention, si quelqu'un a entendu la berakha et le compte du Omer du chaliah tsibour ou d'une autre personne, même sans intention de s'acquitter, il est considéré comme quitte par cette écoute et ne pourra plus réciter la berakha en comptant lui-même par la suite. Bien que la halakha tranche que les mitsvot nécessitent l'intention, en cas de doute sur une berakha, il faut tenir compte de l'avis selon lequel l'intention n'est pas requise. Il est donc recommandé de déclarer explicitement, au début de la période du Sefirat Haomer, que l'on a l'intention, chaque soir, de ne pas s'acquitter de la berakha et du compte du Omer en les entendant du chaliah tsibour ou d'une autre personne, mais uniquement lorsque l'on récitera et comptera soi-même.
Réponse
Le moment de la Sefirat Haomer est la nuit. Si l'on a oublié de compter au début de la nuit, on peut encore compter durant toute la nuit. A priori, il est correct de compter après la sortie des étoiles, soit environ dix-huit minutes après le coucher du soleil (ce qui correspond à environ treize minutes et demie en temps proportionnel). Tel est l'usage des personnes rigoureuses dans l'accomplissement des mitsvot, qui attendent la sortie des étoiles. Il est bon d'organiser un temps d'étude entre Minha et Arvit afin d'atteindre le moment de la lecture du Chema et du Sefirat Haomer. Toutefois, si une assemblée a terminé la tefila d'Arvit immédiatement après le coucher du soleil, sans attendre la sortie des étoiles, et qu'il y a un risque que certains oublient de compter le Omer et perdent ainsi la mitsva, il est permis de compter le Omer avec berakha pendant le bein hachmachot, car la Sefirat Haomer de nos jours est d'ordre rabbinique, et en cas de doute sur une règle rabbinique, on est indulgent. Cependant, tant que le soleil n'est pas couché, il est interdit de compter le Omer avec berakha en aucune circonstance. Même la veille de Chabbat, après avoir accepté Chabbat, il ne faut pas compter avant le coucher du soleil.
Réponse
Lorsqu'une personne prie Arvit avec la communauté avant la tombée de la nuit pendant les jours du Sefirat Haomer, et que la prière se termine pendant le bein hachmachot, et que la communauté souhaite compter immédiatement le Omer avant de rentrer chez eux, alors que cette personne a l'habitude de compter chaque soir après la sortie des étoiles, comme le font ceux qui sont méticuleux dans l'accomplissement des mitsvot, mais qu'elle craint d'oublier de compter chez elle et de perdre ainsi la mitsva pour les autres nuits, il est préférable qu'elle compte avec la communauté sans réciter la berakha, en ayant à l'esprit et en posant la condition suivante : si elle oublie de compter le soir chez elle, elle s'appuiera sur ce compte pour s'acquitter de son obligation ; mais si elle se souvient de compter le soir, elle aura l'intention de ne pas s'acquitter de la mitsva avec le compte fait avec la communauté. Ainsi, lorsqu'elle se souviendra le soir, elle comptera avec la berakha comme à son habitude, après la sortie des étoiles.
Réponse
Il existe une belle et agréable coutume dans plusieurs communautés juives, pendant les jours de la Sefirat Haomer, de lire un passage des Pirke Avot entre Minha et Arvit, et d'écouter un enseignement moral d'un talmid hakham sur un sujet tiré des Pirke Avot. On poursuit ainsi jusqu'à l'heure de la sortie des étoiles, afin de compter le Omer en son temps, c'est-à-dire après la sortie des étoiles. Ainsi, une mitsva en entraîne une autre : pour accomplir la mitsva de façon optimale en comptant après la sortie des étoiles, on étudie la Torah en public. Il convient de faire ainsi dans chaque communauté. Celui qui fait mériter la communauté, le mérite de la communauté dépend de lui.

