Thèmes Femmes

À savoir
La femme dans la Torah et la tradition juive
La place de la femme dans le judaïsme orthodoxe est définie par la Torah et précisée par la Halakha telle qu'elle est codifiée dans le Talmud, le Choulhane Aroukh et les grands décisionnaires comme le Rambam. Loin d'une vision réductrice, la tradition juive reconnaît à la femme un rôle spirituel central, distinct de celui de l'homme mais d'égale dignité.
Mitsvot et obligations spécifiques
La Halakha distingue les mitsvot liées au temps, dont les femmes sont généralement exemptées, et les mitsvot permanentes qui les concernent pleinement. Ainsi, les femmes sont obligées dans la prière, les bénédictions, le jeûne de Kippour, les lois de Pessa'h, la lecture de la Meguila à Pourim et l'allumage des bougies de Chabbat et de 'Hanouka. Cette exemption de certaines mitsvot positives liées au temps n'est pas une exclusion mais une adaptation à la réalité familiale et maternelle.
La femme et la vie familiale
Le foyer juif, appelé « Beit Israël », repose en grande partie sur la femme. Elle est garante de la pureté familiale (Taarat Hamichpa'ha), des lois de cacheroute dans la cuisine et de l'éducation des enfants dans la voie de la Torah. La tradition la décrit comme « Akérèt Habayit », fondatrice du foyer. Le Chabbat, les lois de Nida et le bain rituel (Mikvé) occupent une place centrale dans sa vie religieuse.
Femmes célèbres dans le Tanakh
Le Tanakh met en lumière de grandes figures féminines : Sara, Rivka, Ra'hel et Léa, les quatre matriarches, mais aussi Myriam la prophétesse, sœur de Moshé, Déborah la juge et prophétesse, 'Hana dont la prière modèle la liturgie de Roch Hachana, Esther dont le courage est célébré à Pourim, et Ruth dont la conversion exemplaire est lue à Chavouot. Ces femmes illustrent la hauteur spirituelle atteignable au sein de la tradition.
Étude de la Torah et transmission
Bien que l'obligation formelle de l'étude de la Torah soit historiquement masculine, les femmes ont toujours transmis les valeurs et pratiques juives au sein du foyer. Depuis le XXe siècle, des institutions comme le mouvement Beit Yaakov ont ouvert l'étude approfondie de la Torah aux femmes, avec l'approbation des grandes autorités orthodoxes, dont Rav Ovadia Yossef pour la communauté séfarade.
Dignité et statut dans la Halakha
La Halakha protège la femme dans de nombreux domaines : le mariage (Kidouchin), le divorce (Guet), les droits financiers (Kétouba) et l'interdiction de la contraindre. Le Talmud enseigne qu'un homme doit honorer sa femme plus que lui-même. Cette vision de dignité et de complémentarité entre homme et femme est au cœur de la vision juive orthodoxe de la famille et de la société.
Lois de Femmes : questions-réponses pratiques
Si une femme ashkénaze récite la berakha sur une mitsva positive dépendant du temps, comme sur le loulav ou la souka, un séfarade qui entend cette berakha pensera "amen" dans son cœur, mais ne le dira pas à voix haute. A plus forte raison, s'il entend une femme séfarade réciter la berakha sur le loulav, il lui est interdit de répondre "amen".
Toute personne qui est tenue d'écouter le son du chofar et de résider dans la souka est également tenue de prendre le loulav. Inversement, toute personne dispensée de ces mitsvot est aussi dispensée de la prise du loulav. Ainsi, les femmes sont exemptées de la prise du loulav, car il s'agit d'une mitsva positive dépendant du temps, dont les femmes sont dispensées. Toutefois, il y a un certain mérite pour elles à prendre le loulav, à condition de ne pas réciter la berakha, car selon de nombreux décisionnaires, cela constituerait une berakha en vain. Selon Maran, dont nous suivons les décisions, il n'est pas possible de dire "qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné la prise du loulav", car, en réalité, les femmes en sont dispensées. Par conséquent, si elles souhaitent prendre le loulav, elles le feront sans berakha. Toute personne craignant le Ciel veillera à ne pas leur donner le loulav pour qu'elles récitent la berakha, de peur de transgresser l'interdit de "devant un aveugle, tu ne mettras pas d'obstacle", et il est préférable de s'abstenir. Il ne faut certainement pas tenir compte de la coutume de certaines femmes séfarades qui récitent la berakha, car cela n'est pas conforme à la volonté des Sages. Même si l'on ne peut pas protester contre les femmes ashkénazes qui ont l'habitude de réciter la berakha, il ne faut pas leur enseigner de le faire a priori.
Lorsqu'on donne le loulav à une femme ashkénaze pour qu'elle récite la berakha, il faut lui préciser qu'elle le prend afin de s'acquitter de la mitsva, car sinon il y aurait un doute de berakha en vain. Même chez les Ashkénazim, il est interdit au mari de réciter la berakha pour sa femme sur une mitsva positive dépendant du temps, comme un homme le ferait pour son prochain.
Il est tout à fait approprié que les femmes des communautés séfarades et orientales ne récitent même pas la berakha de "chehehiyanu" lors de la prise du loulav, et qu'elles prennent le loulav sans aucune berakha. Toutefois, si des femmes ont l'habitude de réciter uniquement la berakha de "chehehiyanu" sur les mitsvot positives dépendant du temps, il n'y a pas lieu de les en empêcher. Ainsi, pour les femmes qui ont l'habitude de réciter cette berakha sur de telles mitsvot, il convient de les apaiser et de leur dire de ne réciter que la berakha de "chehehiyanu". Cependant, a priori, il faut leur expliquer de ne pas réciter même cette berakha.
Pour les femmes qui prennent le loulav, il suffit qu'elles le tiennent en main et effectuent un léger balancement. Elles ne sont pas tenues de secouer le loulav dans les quatre directions comme le font les hommes.

