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Thèmes Kétouba

Kétouba, contrat de mariage juif signé sous la Houpa, qui fixe les obligations du mari envers son épouse et protège ses droits selon la Halakha.

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Kétouba
La Ketouba, contrat du mariage juif

À savoir

Qu'est-ce que la Kétouba ?

La Kétouba est le contrat de mariage juif par excellence, document légal et contraignant qui formalise les obligations du mari envers son épouse. Remise à la mariée lors de la cérémonie de la Houpa, elle constitue l'un des piliers du mariage juif (Kiddouchin). Son nom vient de la racine hébraïque « katav » (écrire), soulignant son caractère écrit et officiel.

Origines et fondement halakhique

Les Tanaïm débattent de son statut dans le traité talmudique Ketoubot : est-elle d'origine biblique (d'Torah) ou rabbinique (d'rabbanan) ? Le Rambam tranche en faveur d'une institution rabbinique, instaurée pour protéger les droits des Femmes et éviter qu'un mari répudie son épouse à la légère. Chim'on ben Cha'tha' est crédité d'avoir établi que tous les biens immobiliers du mari garantissent la Kétouba, renforçant ainsi la protection de l'épouse.

Contenu et montant

La Kétouba précise les engagements du mari : nourrir, habiller et honorer son épouse conformément au verset d'Exode 21:10. Le montant minimal fixé par le Talmud est de deux cents zouz pour une jeune fille (betoulah) et cent zouz (un maneh) pour une veuve ou une divorcée. Le mari peut y ajouter volontairement une « tossefet kétouba » (supplément). Les biens apportés par la femme, les nikhsei melog et nikhsei tsane barzel, y sont également consignés et demeurent sa propriété.

Rôle en cas de divorce ou de veuvage

La Kétouba devient exigible lors d'un Get (divorce) ou du décès du mari. Le traité Guittin, qui traite du divorce, et le traité Yevamot, relatif au lévirat, éclairent tous deux les situations où la Kétouba doit être versée. Cette protection financière assure à la femme une sécurité réelle au sein du Couple, dissuadant le mari de rompre le lien conjugal sans raison sérieuse.

Diversité des formulations selon les communautés

Au fil de l'histoire et de la dispersion d'Israël en exil, des formulations différentes ont émergé dans les communautés ashkénazes, séfarades et orientales. Certaines ajoutent des clauses spécifiques liées aux lois de Niddah (pureté conjugale) ou à des coutumes locales. Ces variantes respectent toujours le cadre établi par le Choulhane Aroukh, qui codifie les règles de la Kétouba dans Even HaEzer.

La Kétouba aujourd'hui

Calligraphiée et souvent enluminée, la Kétouba est lue à voix haute sous la Houpa, en présence de deux témoins halakhiquement valides. Sa lecture marque la transition entre les Kiddouchin (fiançailles sacrées) et la vie commune. Le traité talmudique Ketoubot reste la référence principale pour toutes les questions relatives à ce contrat fondateur de la Famille juive.

Lois de Kétouba : questions-réponses pratiques

Quelques lois des ketoubot

Il a déjà été expliqué qu'il ne faut pas écrire dans la ketouba des Séfarades la formule « kesef zouzi meaten dehazou likhi min haTorah ». Si un Séfarade a malgré tout écrit dans la ketouba « dehazou likhi min haTorah », le mari ou ses héritiers, qui sont en possession des biens, peuvent invoquer l'opinion des décisionnaires selon laquelle on ne paie que selon la monnaie locale (kesef medina).

(Yalkout Yossef, Règles de Ketoubot, Halakha 2)
Quelques lois des ketoubot

Ce qui a été dit concernant celui qui épouse une femme pour son argent et que son union ne sera pas réussie, ne concerne que celui qui retarde le mariage ou fait attendre sa compagne à cause de l'argent, ou pour des pensées interdites. Sinon, il n'y a aucune rigueur à ce sujet. De même, pour celui qui épouse une femme pour sa beauté, la sévérité ne s'applique que s'il retarde le mariage pour cette raison.

(Yalkout Yossef, Règles de Ketoubot, Halakha 66)
Quelques lois des ketoubot

Lorsque l’homme et la femme étaient non pratiquants au moment de leur mariage, puis que l’homme a connu un éveil spirituel et a fait une techouva complète, il peut exiger fermement de son épouse qu’elle se comporte comme les filles d’Israël vertueuses et pudiques, et qu’elle ne sorte pas dans le domaine public avec la tête découverte, a fortiori avec une tenue indécente. L’épouse ne peut pas invoquer l’argument qu’elle a accepté ces conditions au moment du mariage, car il n’existe rien qui puisse faire obstacle à la techouva. Par conséquent, si l’épouse refuse de changer et de se comporter désormais avec pudeur, le mari peut la divorcer sans lui verser la ketouba, après l’avoir avertie conformément à la halakha.

(Yalkout Yossef, Règles de Ketoubot, Halakha 55)
Lecture de la ketouba sous la houppa

Selon la règle stricte, il conviendrait de lire tout le texte de la ketouba du début à la fin. Cependant, il est courant aujourd’hui de sauter la lecture d’une partie du formulaire standard, et cette pratique a un fondement valable en halakha. Après avoir lu jusqu’à la partie principale et additionnelle, « bar me’aten de’hazu le, ve’alam al atsmo kenikhsei tsone ouvarzel », on lit « he’dira be’erets-Israel » (ou dans un autre pays), puis on saute et on reprend à « vekanina miyad hatan hanizkar » jusqu’à la fin.

(Yalkout Yossef, Mariage et Chiddoukhim, Halakha 3)
Quelques lois des ketoubot

Si le mari ne peut pas fournir de subsistance à sa femme, même du pain, en raison d'une contrainte comme une maladie ou une situation similaire, on ne le contraint pas par la force à la divorcer, mais on le persuade seulement verbalement de la laisser partir. En revanche, s'il ne subvient pas aux besoins de sa femme sans raison valable, par exemple parce qu'il refuse de travailler pour gagner de l'argent, on le contraint par la force à la divorcer.

(Yalkout Yossef, Règles de Ketoubot, Halakha 20)
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