Thèmes Berakhot

À savoir
Qu'est-ce que les Berakhot ?
Les Berakhot (בְּרָכוֹת) sont les bénédictions rituelles qui structurent la vie quotidienne du Juif observant. Fondées sur la Halakha, elles expriment la conscience permanente de la présence divine dans chaque acte de la vie. La Béra'ha type s'ouvre par la formule « Baroukh Ata Ado-naï Élo-hénou Mélekh Haolam » - Béni sois-Tu, Éternel notre D-ieu, Roi de l'univers. Elles sont codifiées dans le Choulhane Aroukh (Ora'h 'Haïm) et trouvent leurs sources dans le Talmud, en particulier dans le Traité Berakhot, premier traité de l'ordre Zéraïm.
Les bénédictions du matin
Dès le réveil, le Juif commence sa journée par le Modé Ani, première expression de gratitude envers D-ieu. Viennent ensuite les Birkot Hachachar, les bénédictions du matin, qui couvrent chaque étape du réveil : se lever, s'habiller, marcher. Parmi elles, la bénédiction Asher Yatsar remercie D-ieu pour le bon fonctionnement du corps humain. Ces bénédictions matinales s'inscrivent dans un enchaînement qui mène à la Téfila du matin.
Bénédictions liées à la Torah et à la prière
Les Birkot Hatorah sont récitées chaque matin avant toute étude de la Torah. La Téfila - notamment l'Amida, la prière centrale composée de dix-neuf bénédictions - est elle-même une succession structurée de Berakhot. La récitation du Chema Israël est précédée et suivie de bénédictions spécifiques dont le contenu est précisément défini par la Halakha.
Bénédictions sur la nourriture
Avant de manger, une Béra'ha appropriée est obligatoire selon la catégorie d'aliment (pain, vin, fruits, etc.). Après un repas comportant du pain, la Birkat Hamazon est récitée : longue bénédiction de grâce après les repas, dont l'obligation est d'origine biblique (Devarim 8:10). Les autres aliments sont suivis d'une bénédiction abrégée adaptée à leur nature.
Bénédictions sur les événements et mitsvot
Chaque accomplissement de Mitsva s'accompagne d'une Béra'ha spécifique. La Birkat HaGomel est récitée après une délivrance d'un danger (voyage en mer, grave maladie, libération de prison, traversée du désert). La Birkat Cohanim - bénédiction sacerdotale transmise depuis Moshé - est prononcée par les Cohanim lors des offices selon les communautés (quotidiennement chez les Séfarades, lors des fêtes chez les Achkénazes).
Le Traité Berakhot : source halakhique fondamentale
Le Traité Berakhot du Talmud traite des lois de la prière, du Chema Israël, de la Téfila et des bénédictions. Il est le premier traité étudié dans l'ordre Zéraïm et constitue la base de toute la législation halakhique sur les Berakhot. Les décisionnaires - Rambam dans le Michné Torah, Rachi dans ses commentaires, ainsi que les Acharonim - ont approfondi et précisé ces lois pour toutes les générations.
Lois de Berakhot : questions-réponses pratiques
Celui qui mange des fruits cuits dans du sucre (compote) à la fin de son repas, en guise de dessert, doit réciter sur eux la bénédiction Boré Péri Haets, et telle est la coutume. En effet, ils ne servent pas à accompagner le pain, mais à servir de dessert. Et si ces fruits cuits contiennent à la fois des fruits de l'arbre et des fruits de la terre, et qu'ils sont reconnaissables, il faut réciter sur chaque espèce la bénédiction qui lui convient. Cependant, on ne récite pas de bénédiction finale sur eux.
Il faut avertir ceux qui ont l'habitude de réciter le Halel le 5 Iyar qu'il est strictement interdit de réciter une berakha sur le Halel ce jour-là. Celui qui fait une telle berakha prononce le Nom divin en vain, ce qui constitue une faute très grave, et il est interdit de répondre "Amen" après cette berakha. C'est l'avis de tous les grands de la génération. A plus forte raison, il est interdit de réciter une berakha sur le Halel la nuit du 5 Iyar. Ceux qui récitent une berakha sur le Halel ou "Sheheheyanu" le jour de l'indépendance font une berakha en vain, car ils n'ont aucun fondement pour agir ainsi, et il ne faut pas répondre "Amen" à leur berakha. D'autant plus que, malheureusement, lors de la création de l'État, des dizaines de milliers de personnes ont été détournées de la pratique religieuse, le Chabbat a été profané, et près d'un million d'enfants ne connaissent même pas le Chema Israël.
De même, si l'on a devant soi du riz cuit entier, non écrasé, pour lequel il existe une controverse quant à savoir si la berakha est "Boré minei mezonot" ou "Boré peri haadama", et que l'on a aussi devant soi des légumes cuits dont la berakha est assurément "Boré peri haadama", et que l'on souhaite manger d'abord les légumes, il faudra, lors de la berakha "Boré peri haadama" sur les légumes, avoir explicitement l'intention de ne pas acquitter le riz par cette berakha. Ensuite, on pourra réciter "Boré minei mezonot" sur le riz. Mais si l'on a déjà récité la berakha sur l'aliment dont la berakha est certaine sans avoir explicitement eu l'intention de ne pas acquitter le cas douteux, il ne sera pas permis de réciter une autre berakha ; il suffira alors de penser à la berakha dans son cœur. Toutefois, si le riz et les légumes sont mélangés et que l'aliment principal est le riz, on récitera uniquement "mezonot" sur le riz.
Celui qui voit le soleil à son cycle particulier récite, avec mention du Nom divin et de la royauté, la berakha « Ose maassé beréchit ». Tel est l'usage. Cela se produit une fois tous les vingt-huit ans, lorsque le grand cycle du soleil se renouvelle et que le tekoufat Nissan tombe sous le signe de Shabtaï, au début de la nuit du mercredi, moment où les luminaires furent suspendus lors de la création du monde. Le temps pour réciter la berakha du soleil s'étend jusqu'à la fin de la troisième heure relative du jour, et il est recommandé de s'empresser de la réciter. Celui qui a tardé et n'a pas récité la berakha jusqu'à la fin de ces trois heures ne la récitera plus avec mention du Nom divin et de la royauté, mais sans ces mentions. L'usage à Jérusalem et dans de nombreuses communautés est que, le jour où l'on récite la berakha du soleil, on se lève tôt pour prier au lever du soleil, et après le Kaddich Titkabal, lorsque le disque solaire est déjà visible à l'horizon, on sort dans la cour de la synagogue pour réciter la berakha du soleil en public et dans la joie. On a l'habitude de dire des Tehilim appropriés, comme « Hachamayim mesaprim kevod El », « Halelouya halelou et Hachem min hachamayim » jusqu'à « Hok natan vélo yaavor », et le Halel hagadol. Ceci s'appuie sur l'enseignement de nos Sages selon lequel celui qui récite un verset en son temps apporte la délivrance au monde, comme il est dit : « Une parole dite en son temps, que c'est bon ». On termine par « El Adon al kol hamaassim », qui parle de la création des luminaires. Ensuite, on rentre à la synagogue pour terminer la prière, « Beit Yaakov » etc., jusqu'à la fin de « Alénou léchabéa'h », et on se souhaite mutuellement : « Tizkou léchanim rabot néimot vétovot ».
Celui qui a eu le mérite de faire imprimer son livre de hiddoushei Torah ou de halakha ne doit pas réciter la berakha Sheheheyanu lors de la publication du livre, et a fortiori lors de l'achèvement de l'écriture du livre. S'il le souhaite, il peut mettre un vêtement neuf et réciter la berakha Sheheheyanu sur ce vêtement.
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