Thèmes Pessoukei Dezimra

À savoir
Qu'est-ce que les Pessoukei Dezimra ?
Les Pessoukei Dezimra (littéralement « versets de chant » ou « versets de louange ») constituent une section essentielle de la prière de Cha'harit, la prière du matin. Cette partie regroupe des psaumes et des passages de louange tirés du Tanakh, principalement du livre des Téhilim (Psaumes). Elle est encadrée par deux bénédictions spécifiques : Baroukh Chéamar en ouverture et Yichtaba'h en clôture.
Structure et contenu
Au cœur des Pessoukei Dezimra figure la prière Achré Yoshvé Veitekha (Téhilim 145), suivie d'une séquence de psaumes jusqu'à la fin du livre. S'y ajoutent des passages du livre Chemot (le Chirat Hayam, cantique de la mer), des extraits de Neh'emia et de Divré Hayamim. L'ensemble prépare le fidèle à aborder le cœur de la prière : le Kri'at Chema et ses bénédictions, puis la Tefila (Amida).
Fondements halakhiques
Bien que les Pessoukei Dezimra ne soient mentionnés que de façon allusive dans le Talmud Bavli (traité Chabbat 118b), et que les bénédictions Baroukh Chéamar et Yichtaba'h n'y apparaissent pas explicitement, le Rif les a considérés comme une takkanat 'hakhamim (institution rabbinique). Le Gaon de Vilna, quant à lui, estimait que la récitation des Pessoukei Dezimra relevait d'une obligation d'origine torahique, en s'appuyant sur le verset de Devarim (10, 21) : « Il est ta louange et Il est ton D.ieu ».
Importance spirituelle
Les réponses des Guéonim soulignent la grande importance de cette section : elle est qualifiée de mitsva fondée sur un verset explicite de la Torah. La récitation de ces psaumes prépare le cœur et l'âme à une prière sincère et concentrée, dans l'esprit du Choulhane Aroukh (Ora'h 'Haïm, siman 51-52) qui en précise les lois détaillées. Le Rambam, dans le Michné Torah (Hilkhot Tefila, ch. 7), en codifie également la pratique.
Différences entre traditions
Chez les Achkénazes, la section est nommée Pessoukei Dezimra, terme issu du mot hébreu zimra (chant). Certains kabbalistes proposent une autre étymologie : zemira (élagage), cette section ayant pour rôle de « couper » les forces spirituelles néfastes qui entravent la prière. Chez les Séfarades et les Italiens, elle est couramment appelée Zemirot.
Place dans la liturgie quotidienne
Les Pessoukei Dezimra sont récités chaque matin, en semaine comme Chabbat et Yom Tov, avec des ajouts spécifiques selon les jours. Ils constituent ainsi un pilier central de la liturgie juive, unissant méditation sur les Téhilim, gratitude envers D.ieu et préparation intérieure à la prière solennelle.
Lois de Pessoukei Dezimra : questions-réponses pratiques
Il est interdit d’interrompre au milieu des Pessoukei dezimra pour répondre « Baroukh Hou oubaroukh Chemo », même entre les sections, c’est-à-dire entre deux mizmorim, car partout où il n’est pas permis d’interrompre par une conversation, il ne faut pas répondre « Baroukh Hou oubaroukh Chemo ». A plus forte raison, on ne répond pas « Baroukh Hou oubaroukh Chemo » au milieu des bénédictions du Chema et de ses bénédictions.
Celui qui entend le verset "Chema Israël" récité par l’assemblée, alors que la règle veut qu’il dise avec eux le premier verset de la Chema afin de ne pas paraître refuser d’accepter le joug du Ciel avec ses compagnons, s’il se trouve au milieu des Pessoukei dezimra, il ne doit pas interrompre pour dire avec l’assemblée le verset "Chema Israël", à cause de l’interdiction d’interrompre. Il posera plutôt ses mains sur ses yeux et dira les mots des Pessoukei dezimra sur le même ton que l’assemblée, de sorte qu’il paraisse lire avec eux. Mais entre Yichtabah et Yotser, il dira le verset "Chema Israël" avec l’assemblée.
Celui qui est arrivé en retard à la synagogue et commence à prier seul, et qu'au milieu des Pessoukei Dezimra l'assemblée arrive au Kaddich Yatom précédant Alénou Lechabeah, et qu'il se trouve dans les douze mois suivant le décès de son père ou de sa mère, il lui est permis d'interrompre entre deux psaumes pour dire ce Kaddich. Il en va de même entre les paragraphes du Chema et de ses bénédictions.
Celui qui est occupé par les Pessoukei Dezimra ou par la lecture du Chema et ses bénédictions, et que le chaliah tsibour arrive à la Birkat Cohanim, il convient de se lever et d'écouter la Birkat Cohanim, car elle fait partie des choses qui nécessitent la sainteté.
Celui qui a récité la bénédiction sur le café ou le thé avant Baroukh Cheamar, et n'a pas terminé de boire, et souhaite continuer à boire pendant les Pessoukei Dezimra, il ne faut pas être indulgent a priori, car il y a à craindre une interruption même par l'action seule (sans parole). Toutefois, en cas de grand besoin, celui qui se montre indulgent a sur quoi s'appuyer, car a posteriori, l'action seule n'est pas considérée comme une interruption.
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