Thèmes Birkat HaGomel

À savoir
Qu'est-ce que la Birkat HaGomel ?
La Birkat HaGomel est une bénédiction de louange adressée à Hachem par celui qui a été sauvé d'un danger grave. Elle exprime la gratitude envers le Créateur qui accorde Sa bonté même à ceux dont les mérites ne l'imposent pas. Le texte de la bénédiction commence par les mots : "Baroukh Ata Hachem... HaGomel le'hayavim tovot, chéguémalani kol tov" — Béni sois-Tu, Éternel notre D-ieu, Roi de l'univers, qui accorde Ses bienfaits aux redevables, et qui m'a accordé tout bien. L'assemblée répond : "Mi chéguémalékha kol tov, Hou yiguémalékha kol tov séla".
Source et fondement halakhique
Le fondement de cette bénédiction est le Psaume 107 du livre des Tehilim, qui décrit quatre situations de détresse et la délivrance divine qui s'ensuit. Le Talmud Bavli (traité Brakhot, folio 54b) précise les quatre cas concernés. Le Rambam codifie cette loi dans le Séfer Ahava (Hilkhot Brakhot, chapitre 10), et le Choulhane Aroukh l'établit définitivement dans Ora'h 'Haïm, siman 219. Le Roch enseigne que la Birkat HaGomel remplace le Korban Toda, le sacrifice d'action de grâce qui était offert au Temple.
Qui est tenu de la réciter ?
Le Talmud énonce quatre catégories de personnes obligées : les voyageurs en mer (yordei hayam), ceux qui ont traversé un désert (holkhei midbariot), le malade qui s'est rétabli, et le prisonnier libéré. Le Choulhane Aroukh donne une aide mnémotechnique : les initiales hébraïques forment le mot 'Haïm.
Divergence entre décisionnaires séfarades et ashkénazes
Une controverse classique porte sur l'extension au-delà des quatre cas talmudiques. Les décisionnaires séfarades (Poskim sépharades) suivent l'avis que seuls les quatre cas imposent la bénédiction complète avec le Nom divin ; pour tout autre danger, on récite la bénédiction sans mentionner le Nom et la royauté. Les décisionnaires ashkénazes estiment, en revanche, que tout sauvetage d'un danger réel oblige à réciter la Birkat HaGomel avec le Nom divin.
La femme après l'accouchement
Il est de coutume universelle que les femmes récitent la Birkat HaGomel après l'accouchement, car la naissance est considérée comme un événement comportant un risque vital. Cette pratique est largement répandue dans toutes les communautés, séfarades comme ashkénazes.
Modalités pratiques
La bénédiction est récitée devant un minian (quorum de dix hommes), idéalement lors de la lecture de la Torah à la synagogue, conformément au verset du Psaume 107 qui mentionne de louer D-ieu "dans l'assemblée du peuple". Le délai recommandé est dans les trois jours suivant le sauvetage, bien que la bénédiction reste valable au-delà.
Lois de Birkat HaGomel : questions-réponses pratiques
Il faut réciter cette berakha en présence de dix personnes, et il est préférable que deux d'entre elles soient des talmidei hakhamim, comme il est écrit : "Et ils l'exalteront dans l'assemblée du peuple, et dans le conseil des anciens ils le loueront". Si aucun talmid hakham n'est disponible dans la ville, on récitera la berakha même sans leur présence. Il est d'usage de réciter la berakha Hagomel après la lecture de la Torah, car il y a alors dix personnes présentes. Il ne faut pas alléger cette règle et réciter la berakha sans dix personnes, même pour une femme. Toutefois, a posteriori, si quelqu'un a récité la berakha Hagomel sans dix personnes, il ne la recommencera pas, mais il dira cette berakha sans mention du Nom et de la royauté devant dix personnes.
Celui qui ressent des douleurs à un membre suite à une chute ou à un accident de la route, mais qui n'a pas été alité ni réellement malade, ne récitera pas la berakha Hagomel. De même, celui qui a mal aux jambes et a dû rester allongé quelques jours pour pouvoir marcher sans douleur, ne récitera pas la berakha, sauf s'il est réellement tombé malade pour cette raison. Même celui qui s'est fracturé le bras et a dû porter un plâtre ou un bandage ne récitera pas la berakha Hagomel.
Celui qui doit réciter la berakha Hagomel, par exemple après avoir été malade et guéri, et qui monte pour la maftir, doit réciter la berakha Hagomel après avoir terminé les bénédictions de la haftara, et non entre la lecture de la Torah et la haftara.
Celui qui souffre d'une maladie récurrente, qui revient de temps à autre, doit réciter la berakha Hagomel chaque fois qu'il guérit et retrouve la santé, même si le médecin affirme que cette maladie reviendra.
Celui qui a subi une opération pour une fracture, ou pour des hémorroïdes, ou des cas similaires, ainsi que toute opération interne, après avoir guéri, doit réciter la berakha Hagomel.
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