Thèmes Roch Hachana

À savoir
Roch Hachana : le jour du jugement divin
Roch Hachana est la fête du Nouvel An hébraïque, célébrée les 1er et 2 Tichri. La Torah la désigne sous le nom de Yom Téroua, « jour de la sonnerie », et c'est la sonnerie du chofar qui en constitue la mitsva centrale. Selon la tradition juive, ce jour est celui où le Créateur juge l'ensemble de l'humanité et où le peuple d'Israël Le couronne comme Roi. Le Traité Roch Hachana, dans le Talmud, expose en détail les lois de la fête, les modalités de la sonnerie et le fondement de ce jour dans la halakha.
Les Jours Redoutables et les Asseret Yemei Techouva
Roch Hachana ouvre les dix jours les plus solennels du calendrier juif : les Asseret Yemei Techouva, qui s'achèvent à Yom Kippour. Ensemble, Roch Hachana et Yom Kippour forment les Yamim Noraïm, les Jours Redoutables. Durant cette période, la Téchouva - le retour sincère vers D.ieu - est au coeur de la démarche spirituelle. Les Selichot, prières de supplication et de pardon, sont récitées dans les jours qui précèdent la fête pour préparer le coeur au jugement.
Rites et coutumes du jour de Roch Hachana
La journée est rythmée par de nombreuses coutumes. Le rite du Tachlikh, accompli le premier après-midi, consiste à se rendre près d'un point d'eau pour symboliser le rejet de ses fautes. Les aliments symboliques - pomme trempée dans le miel, tête de poisson, grenade, datte, carotte - expriment des voeux de bénédiction pour la nouvelle année. Le Machzor, recueil liturgique propre aux fêtes, contient les longues prières de Roch Hachana avec les bénédictions de Malkhiot, Zikhronot et Chofrot.
La lecture de l'Akéda
Le deuxième matin de Roch Hachana, la synagogue lit le récit de l'Akéda, le sacrifice d'Its'hak par son père Avraham (Berechit 22). Ce passage fondateur illustre la dévotion absolue et l'abandon à la volonté divine. Les décisionnaires, du Rambam au Choulhane Aroukh, s'appuient sur ce récit pour expliquer le mérite du peuple d'Israël lors du jugement, et la sonnerie du chofar est directement liée au bélier sacrifié à la place d'Yits'hak.
Préparation spirituelle : Kapparot et repentir
À la veille de Roch Hachana, certaines communautés accomplissent le rite des Kapparot, cérémonie expiatoire symbolique. La période qui précède la fête est aussi marquée par les Selichot et par une intensification de la prière, en vue d'aborder le jugement dans un esprit de Téchouva. Après Roch Hachana, le Tsom Guedaliah - jeûne du 3 Tichri - rappelle le deuil et la responsabilité collective d'Israël.
Roch Hachana dans le calendrier juif
Roch Hachana marque le début de l'année civile hébraïque, le 1er Tichri, et constitue l'un des quatre Roch Hodech particuliers évoqués dans la littérature rabbinique. Il détermine le décompte des années de Chmita et du Yovel. Deux jours sont observés à égale valeur, le premier étant d'origine biblique et le second institué par les Sages. La salutation traditionnelle - « Chana Tova » ou « Kétiva véH'atima Tova » - exprime le voeu d'être inscrit et scellé pour une bonne année.
Lois de Roch Hachana : questions-réponses pratiques
Lors des sonneries précédant la prière de Moussaf, l'assemblée est autorisée à s'asseoir, seul le sonneur doit rester debout. Il convient cependant d'avertir le public de se lever lors des sonneries pendant la répétition de la Amida de Moussaf, car ce sont les principales sonneries qui doivent être faites debout.
Lorsque le premier jour de Roch Hachana tombe un Chabbat, on sonne du chofar le deuxième jour de Roch Hachana, et l’on récite les bénédictions « d’entendre le son du chofar » ainsi que « Chéhé’héyanou ».
La phrase "ouven tsadikim yir'ou veyismekhou veyesharim yaalozou ve'hasidim berina yaguilou" est basée sur ce qui est dit dans le traité Ta'anit : "les tsadikim pour la lumière et les yesharim pour la joie", comme il est écrit "or zaru'a latsadik ouleyishrei lev simha". Rachi explique que les yesharim sont supérieurs aux tsadikim. Le Malbim écrit également que les tsadikim remercieront Ton nom, tandis que les yesharim, qui sont d'un niveau supérieur aux tsadikim, seront en Ta présence et Te percevront directement, et pas seulement Ton nom. Cependant, Rabbénou Yehouda Bar Yaqar écrit que les tsadikim représentent le niveau le plus élevé, le second niveau est celui des hassidim, qui sont les baalei techouva, et le troisième niveau est celui des anciens du peuple d'Israël, qui sont les yesharim. Même si dans la prière "Nishmat kol hai", l'ordre est "bepi yesharim titromam" puis "ouvsefte tsadikim titbarekh", là-bas l'auteur a voulu faire allusion, selon cet ordre, à Its'hak et Rivka par les initiales, et c'est pourquoi il n'a pas ordonné selon le niveau de grandeur.
Lors de l'ouverture du heikhal, certains ont l'habitude de réciter les treize attributs de miséricorde avec la cantillation trois fois, tandis que d'autres contestent cette pratique, estimant qu'il ne faut pas dire les treize attributs pendant les jours de fête. Il est préférable de s'abstenir. Cependant, à Yom Kippour, on récite les treize attributs de miséricorde trois fois lors de l'ouverture du heikhal.
Si un Juif a transgressé et a taillé un chofar pour le réparer pendant Roch Hachana, que la réparation implique une interdiction rabbinique ou une interdiction de la Torah, certains estiment qu’il est permis de sonner de ce chofar à Roch Hachana, car les mitsvot n’ont pas été données pour en tirer profit, et ce n’est pas comparable à quelqu’un qui a cuit pendant Chabbat de manière intentionnelle, où il est interdit d’en consommer même pour d’autres le jour même. Cependant, la règle est qu’il est interdit de sonner de ce chofar, car il s’agit d’une mitsva accomplie par le biais d’une faute.
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