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Thèmes Tsom Guedaliah

Tsom Guedaliah, jeûne du 3 Tichri au cœur des Dix Jours de repentir, rappelle l’assassinat de Guedalia ben A’hikam et la destruction du Premier Temple.

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Tsom Guedaliah
Tsom Guedaliah, le deuil du gouverneur

À savoir

Tsom Guedaliah : un jeûne de deuil national

Tsom Guedaliah est l'un des quatre jeûnes institués en mémoire de la destruction du Temple. Observé le 3 Tichri, lendemain de Roch Hachana, il tombe au cœur des Asseret Yemei Téchouva, la période des Dix Jours de repentir qui s'étend jusqu'à Yom Kippour. Comme le Tich'a BeAv, le 17 Tamouz, le 10 Tevet et Taanit Esther, ce jeûne s'inscrit dans le calendrier pénitentiel du peuple juif.

La tragédie de Guedalia ben A'hikam

Après la destruction du Premier Temple et la déportation de la majeure partie du peuple par Nabuchodonosor, roi de Babylone, un résidu de population demeurait en Judée. Le roi de Babylone nomma Guedalia ben A'hikam gouverneur de ces rescapés. Soutenu par le prophète Yirmiyahou (Jérémie), Guedalia rassembla les survivants et entreprit de reconstruire une vie collective à Mitspa. Ses officiers, dont Yohanan ben Kara'h, l'avertirent du complot ourdi par Ichmael ben Netanya, de la lignée royale, mandaté par le roi d'Ammon. Guedalia refusa de croire à ces mises en garde et fut assassiné lors d'un repas qu'il offrait lui-même à ses meurtriers.

La fin de la présence juive en Terre d'Israël

Cet assassinat marqua la fin définitive de toute autonomie juive en Israël après la période du Premier Temple. Les derniers habitants, craignant les représailles babyloniennes, se dispersèrent, certains fuyant vers l'Égypte. Pendant près de cinquante ans, jusqu'à la Chivat Tsion (le retour de l'exil), il ne subsista aucune souveraineté juive en Terre d'Israël. Le Talmud Bavli, traité Roch Hachana, souligne que la mort des justes est aussi grave que l'incendie de la Maison de D.ieu.

Halakha : lois et pratiques du jeûne

Le jeûne commence à l'aube (alot hachachar) et se termine à la sortie des étoiles (tsét hakokhavim). Lorsque le 3 Tichri coïncide avec Chabbat, le jeûne est reporté au 4 Tichri. Le Rambam, dans le Michneh Torah, confirme que ce jour est celui où Guedalia fut assassiné et rappelle l'obligation de jeûner. Le Choulhane Aroukh d'après le rav Yossef Karo codifie cette pratique au même titre que les autres jeûnes mineurs. Des Selichot pénitentielles accompagnent ce jour, dans l'esprit des Kapparot et des prières de Téchouva propres à cette période de l'année.

Contexte spirituel dans le calendrier de Tichri

Placé entre Roch Hachana et Yom Kippour, Tsom Guedaliah s'inscrit dans la démarche profonde de Téchouva qui caractérise les Asseret Yemei Téchouva. Il fait écho aux rites de Tachlikh accomplis à Roch Hachana et aux Selichot récitées tout au long de ce mois. Comme le rappelle la période de Bein Hametsarim pour le mois d'Av, Tichri possède sa propre mémoire du deuil national, portée par ce jeûne discret mais chargé de sens : la mort d'un juste peut achever une catastrophe nationale autant que la destruction d'un lieu saint.

Lois de Tsom Guedaliah : questions-réponses pratiques

Jeûner lors des quatre jeûnes

Il est dit dans le livre de Zecharia : « Ainsi parle Hachem Tsevaot : le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième deviendront pour la maison de Yehouda des jours de joie, d’allégresse et de bonnes fêtes. » Les Hakhamim expliquent que le jeûne du quatrième mois correspond au jeûne du 17 Tamouz, car le mois de Tamouz est le quatrième à partir de Nissan. Le jeûne du cinquième mois est celui de Tich'a Beav, car le mois de Av est le cinquième à partir de Nissan. Le jeûne du septième mois est le jeûne de Guedalia, qui tombe le 3 Tichri. Le jeûne du dixième mois est celui du 10 Tevet. Tout le peuple d’Israël jeûne à ces dates à cause des malheurs qui s’y sont produits, afin d’éveiller et d’ouvrir les cœurs aux voies de la techouva, et que cela serve de rappel à nos mauvaises actions et à celles de nos ancêtres, qui étaient semblables aux nôtres aujourd’hui, jusqu’à ce que ces malheurs leur soient arrivés, ainsi qu’à nous. En se souvenant de ces événements, nous reviendrons à de meilleures actions, comme il est dit : « Ils confesseront leur faute et la faute de leurs pères. »

(Yalkout Yossef, Lois de Tich'a Beav et autres jeûnes, Chapitre 549 - Jeûner lors des quatre jeûnes, Halakha 1)
Jeûner lors des quatre jeûnes

Cinq événements se sont produits le 17 Tamouz : les tables de la loi ont été brisées, le korban tamid a été interrompu, la ville a été percée lors de la destruction du second Temple, Apostomos a brûlé la Torah et il a placé une idole dans le Heikhal. Cinq événements se sont produits le 9 Av : il a été décrété que nos ancêtres dans le désert n’entreraient pas en Erets Israël, le premier et le second Temple ont été détruits, une grande ville nommée Beitar, où vivaient des milliers et des myriades de Juifs, a été prise ; ils avaient un grand roi après la destruction du second Temple, et tout Israël pensait qu’il était le Machiah, mais il est tombé entre les mains des Romains et tous ont été tués, ce qui fut une catastrophe aussi grave que la destruction du Temple. Ce même jour, Turnus Rufus a labouré le Heikhal et ses alentours, comme il est écrit : « Tsion sera labourée comme un champ. » Le 3 Tichri, Guedalia ben Ahikam a été assassiné, ce qui a éteint la dernière braise d’Israël, le reste du peuple ayant survécu après la destruction du premier Temple. Le 10 Tevet, Nabuchodonosor le méchant a assiégé Jérusalem et l’a mise en état de siège.

(Yalkout Yossef, Lois de Tich'a Beav et autres jeûnes, Chapitre 549 - Jeûner lors des quatre jeûnes, Halakha 2)
Ordre du deuxième jour de Roch Hachana et jeûne de Guedalia

Le deuxième jour de Roch Hachana, on prie comme le premier jour. On lit dans la Torah le passage commençant par « VéhaElohim nissa et Avraham » jusqu’à la fin de la paracha. Celui qui fait la lecture du maftir lit comme la veille. La haftara est lue dans le livre de Yirmiyahou, à partir de « Ko amar Hachem matsa hen bamidbar » jusqu’à « Ha ben yakir li Ephraïm ».

(Yalkout Yossef, Lois de Roch Hachana, Chapitre 601 - Ordre du deuxième jour de Roch Hachana et jeûne de Guedalia, Halakha 1)
Ordre du deuxième jour de Roch Hachana et jeûne de Guedalia

Un Sefarade qui prie Min’ha à Tsom Guedalia dans une synagogue ashkénaze et qu’on invite à monter pour le troisième appel à la Torah, il est préférable qu’il s’abstienne de monter. Toutefois, s’il ne peut pas éviter, il est permis de monter, de réciter les bénédictions et de lire la haftara « Dirchou Hachem behimats’o » selon la coutume ashkénaze, même si les Sefarades n’ont plus l’usage de lire la haftara à Tsom Guedalia.

(Yalkout Yossef, Lois de Roch Hachana, Chapitre 601 - Ordre du deuxième jour de Roch Hachana et jeûne de Guedalia, Halakha 4)
Ordre du deuxième jour de Roch Hachana et jeûne de Guedalia

À la sortie de Roch Hachana, on fait la havdala comme un motsei Chabbat, mais on ne récite pas les bénédictions sur les besamim ni sur le feu.

(Yalkout Yossef, Lois de Roch Hachana, Chapitre 601 - Ordre du deuxième jour de Roch Hachana et jeûne de Guedalia, Halakha 2)
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