Thèmes Guer

À savoir
Le Guer : celui qui a rejoint le peuple d'Israël
Le Guer (גֵּר) désigne celui ou celle qui a accompli une Conversion halakhique et est entré dans l'Alliance du peuple juif. La tradition lui accorde une place éminente : la Torah commande pas moins de trente-six fois d'aimer le Guer et de ne pas l'opprimer, ce qui en fait l'une des obligations les plus répétées du Tanakh.
Le processus de la Conversion
La Conversion valide requiert trois étapes fondamentales : l'acceptation sincère du joug des Mitsvot devant un tribunal rabbinique (Beit Din) de trois juges, la Brit Mila pour l'homme, et l'immersion au Mikve pour l'homme comme pour la femme. Ces conditions sont codifiées dans le Choulhane Aroukh (Yoré Déa 268) et reprises par le Rambam dans le Hilkhot Issourei Bia. Sans l'une d'elles, la Conversion est nulle selon la Halakha.
Modèles bibliques : Routh et Yithro
Routh la Moabite, dont le récit est consigné dans Méguilat Routh, demeure le modèle par excellence de la guéïa : sa déclaration « Ton peuple est mon peuple, ton D-ieu est mon D-ieu » incarne l'engagement total. Yithro, beau-père de Moshé, est lui aussi présenté par les Sages comme un converti illustre qui reconnut la grandeur du Créateur après avoir exploré toutes les croyances du monde. Avraham Avinou lui-même est parfois décrit comme le premier Guer, ayant rompu avec son environnement idolâtre pour s'attacher au D-ieu unique.
Statut du Guer dans la Halakha
Une fois la Conversion accomplie, le Guer est juif à part entière et porte l'obligation de toutes les Mitsvot. La Torah interdit de lui rappeler son origine non-juive (ona'at devarim). Certaines restrictions particulières s'appliquent néanmoins en matière de mariage : un Cohen ne peut épouser une guéïa selon la Halakha. Les statuts de Lévi ne sont pas transmis au Guer ni à ses descendants au sens tribal, bien que ses obligations rituelles soient identiques à celles de tout autre Juif.
Dimension spirituelle : Téchouva et retour
Les Sages rapprochent parfois le chemin du Guer de celui de la Téchouva : dans les deux cas, il s'agit d'un retour ou d'un élan vers D-ieu impliquant une transformation intérieure profonde. La paracha Kedochim, avec son appel à la sainteté, est également adressée au Guer dans sa pleine appartenance au peuple d'Israël. Le Talmud (Yevamot 47b) enseigne qu'on ne doit pas décourager un Non-Juif venu demander à se convertir, tout en lui exposant honnêtement la difficulté des engagements.
Le Guer dans la communauté
La tradition insiste sur l'accueil chaleureux du Guer. Le Maharal de Prague souligne que le Guer a choisi son appartenance au peuple juif par un acte volontaire de toute son âme, ce qui lui confère une dimension spirituelle particulière. Les autorités halakhiques contemporaines, dont Rav Ovadia Yossef, ont traité en détail les questions pratiques liées à la Conversion et à l'intégration du Guer dans les communautés séfarades et ashkénazes.
Lois de Guer : questions-réponses pratiques
Dans un endroit où il existe un accord, selon la décision des rabbins locaux, de ne pas accepter de guerim, et qu'un rabbin a tout de même accepté des guerim dans cet endroit, et que ces guerim observent la Torah et les mitsvot comme il se doit, a posteriori, ce qui a été fait est valable et il ne faut pas invalider la conversion réalisée. Toutefois, s'il est possible facilement, il est bon de refaire pour eux en Israël une conversion à titre de précaution.
Celui qui s'est converti par l'intermédiaire d'un seul hazan sans acceptation des mitsvot devant un beth din, puis a épousé une femme juive avec houppa et kidouchin, et qui, étant toxicomane et consommateur de drogues, a développé une maladie mentale, sa conversion n'a aucune validité. Puisqu'il y a une situation d'agouna, il est permis d'être indulgent et d'autoriser la femme à se remarier sans guet, à l'exception d'un cohen.
Une femme qui s'est convertie devant un beth din comme il se doit, mais a caché au beth din qu'elle était enceinte, et a ensuite donné naissance à un garçon, puisque la règle est que le fœtus est considéré comme faisant partie de la mère, il n'est pas nécessaire de reconvertir le fils.
Un Juif qui a épousé une non-juive, est parti dans un autre pays, y a circoncis ses fils et les a élevés et éduqués dans des yeshivot saintes, et lorsqu'on a demandé s'il fallait leur faire couler une goutte de sang de l'alliance, la règle principale est qu'il n'est pas nécessaire de le faire, car ils ont été circoncis dans l'intention de la mitsva de la berit mila.
Il est permis d'endormir un ger avant la mila à l'aide d'un médicament, afin qu'il ne ressente pas la douleur de la circoncision. De même, un Juif qui n'a pas été circoncis pour une raison quelconque durant son enfance, et que l'on circoncit à l'âge adulte, il est permis de l'endormir avant la mila. A plus forte raison, il est permis d'anesthésier uniquement l'organe concerné, contrairement à l'avis de certains aharonim qui ont été stricts à ce sujet. Il a d'ailleurs été pratiqué ainsi en se fondant sur la permission.
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