Les Amoraim et la construction du Talmud
Après la Michna, cinq siècles de débat et d'approfondissement, entre Babylone et la terre d'Israël, produisent le Talmud : l'océan qui va porter le peuple juif à travers tout l'exil.
Deux centres : Israël et Babylone
Après Rabbi Yehouda Hanassi, les Sages qui commentent et développent la Michna sont les Amoraim. Deux grands foyers d'étude : la terre d'Israël (Tibériade, Tséfat) et surtout la Babylonie, où de puissantes académies (Soura, Poumbedita, Néhardéa) attirent les meilleurs esprits. La Babylonie, hors de la portée de Rome, devient pour des siècles le coeur battant de l'étude juive.
Les deux Talmuds
De ces débats naissent deux Guemarot (commentaires de la Michna) :
- Le Talmud de Jérusalem (Yerouchalmi), rédigé en terre d'Israël vers 400, plus concis, dans des conditions difficiles.
- Le Talmud de Babylone (Bavli), achevé vers 500 par Rav Achi et Ravina, immense et faisant autorité : c'est LE Talmud, l'objet d'étude central du peuple juif jusqu'à nos jours.
Michna + Guemara = le Talmud : non un code, mais un océan de discussions où la question vaut la réponse, qui forme l'esprit autant qu'il informe.
Le Talmud, patrie portative
C'est là le miracle : privé de terre, de Temple et de souveraineté, le peuple juif se donne une patrie dans un livre. Où qu'il aille en exil, il emporte le Talmud, l'étudie, en vit, s'y retrouve. Le poète l'a dit : la Torah devint la « patrie portative » du Juif. Cette étude commune, du Maroc à la Pologne, maintiendra l'unité d'un peuple éclaté sur trois continents pendant deux mille ans.
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