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Thèmes Haredim

Haredim, juifs attachés à une observance rigoureuse de la Halakha et à un mode de vie séparé de la culture ambiante, fondés sur Talmud et grands maîtres.

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Haredim
Haredim, la rigueur de l'orthodoxie stricte

À savoir

Qu'est-ce que les Haredim ?

Les Haredim (ou juifs Haredim) constituent la branche la plus stricte de l'orthodoxie juive. Leur nom est tiré du verset du prophète Yechayahou (66:5) : « Écoutez la parole de l'Éternel, vous qui tremblez devant Sa parole » - le mot hébreu hared (חָרֵד) désignant celui qui vit dans la crainte et la vigilance constante face aux commandements divins. Ils se distinguent par une observance rigoureuse de la Halakha, un mode de vie séparé de la culture ambiante et une profonde fidélité aux décisions des grands maîtres de chaque génération (Guédolei haDor).

Origines historiques

La Haredout est née en Europe centrale et orientale à l'ère moderne, en réaction au mouvement des Lumières juives (Haskala), aux processus de modernisation et d'émancipation qui transformaient la vie juive depuis la fin du XVIIIe siècle. Face à l'assimilation croissante et à l'essor des mouvements nationaux juifs laïcs, des dirigeants tels que le Hatam Sofer ont défini les contours d'un judaïsme résolument tourné vers la préservation de la tradition. La communauté haredi s'est véritablement consolidée et restructurée après la Shoah, reconstituant en Israël et en Amérique du Nord les grandes institutions d'enseignement détruites en Europe.

Courants internes

Les Haredim ne forment pas un bloc homogène. On distingue principalement deux grandes composantes achkénazes : le courant lituanien (Litvish), centré sur l'étude intensive du Talmud dans les yéchivot, dont la célèbre Yéchivat Hevron à Jérusalem est un symbole ; et le courant hassidique, héritier du mouvement fondé par le Baal Chem Tov, organisé autour de dynasties rabbiniques. S'y ajoutent les Haredim séfarades, issus des pays du Moyen-Orient et du Maghreb, dont le porte-voix institutionnel est le mouvement Shass, fortement influencé par la pensée de Rav Ovadia Yossef.

Mode de vie et valeurs

La vie haredi est structurée autour de l'étude de la Torah et du Talmud, de la prière (tefila) quotidienne et du respect scrupuleux des mitsvot. La séparation des genres dans les espaces publics, la modestie vestimentaire (tsniout), la priorité donnée à l'éducation religieuse dans des établissements communautaires indépendants, et la méfiance à l'égard des médias séculiers définissent ce mode de vie particulier. Les sources halakhiques de référence restent le Choulhane Aroukh, le Rambam (Maïmonide) et les responsa des grandes autorités rabbiniques contemporaines.

Démographie et implantation

En 2025, les Haredim représentent environ 14 % de la population d'Israël, soit près de 1,4 million de personnes. Les principales concentrations se trouvent à Bné Brak, dans plusieurs quartiers de Jérusalem (Méa Chéarim, Guivat Shaoul) et dans des villes à majorité haredi comme Modi'in Illit ou Beitar Illit. Des communautés significatives existent également à New York (notamment à Borough Park et Williamsburg), à Londres, à Anvers, à Montréal et dans plusieurs grandes villes françaises.

Rapport à la modernité et à l'État d'Israël

La relation des Haredim à l'État d'Israël est complexe et varie selon les courants. Certains groupes, comme le mouvement Neturei Karta, s'y opposent idéologiquement ; d'autres participent à la vie politique via leurs partis (Agudat Israël, Degel HaTorah, Shass). La question du service militaire et de l'intégration au marché du travail fait l'objet de vifs débats en Israël. Malgré les tensions, les Haredim contribuent significativement à la transmission vivante du patrimoine juif millénaire, perpétuant une culture d'étude et d'observance au coeur du monde contemporain.

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