Thèmes Amalek

À savoir
Origine et lignage d'Amalek
Amalek est un peuple mentionné dans le Tanakh, dont l'ancêtre éponyme est le fils d'Elifaz et de sa concubine Timna. Elifaz étant lui-même le fils d'Esav, Amalek est donc le petit-fils d'Esav et descend de la lignée d'Edom. La paracha Toldot évoque Esav comme ancêtre de ce peuple, ce qui ancre Amalek dans l'histoire des nations issues d'Yits'hak. Selon la tradition juive, cette ascendance explique en partie la haine viscérale d'Amalek envers Israël : héritier du ressentiment d'Esav, il incarne dans la tradition rabbinique le symbole même du mal et de l'opposition au peuple juif.
La bataille de Refidim : première attaque contre Israël
La paracha Bechalah relate le premier affrontement entre Amalek et Israël, peu après la sortie d'Égypte. Installés dans le désert du Sinaï et du Néguev, les Amalécites attaquèrent les Hébreux à Refidim, frappant les plus faibles et les plus épuisés qui fermaient la marche. Moshé dirigea la riposte depuis une colline, les bras levés vers le Ciel, tant que ses mains restaient levées Israël avait l'avantage. Yehoshoua mena les combats sur le terrain et remporta la victoire. Cet épisode fondateur est gravé dans la mémoire du peuple juif comme la trahison par excellence : frapper des innocents sans provocation aucune.
La mitsva d'effacer le souvenir d'Amalek
Suite à cette attaque, la Torah formule trois commandements distincts liés à Amalek, rassemblés et développés dans la paracha Ki Tetse : se souvenir de ce qu'a fait Amalek, ne pas oublier, et effacer son souvenir. La mitsva de méhiyat Amalek, l'obligation d'effacer son souvenir, est l'une des plus singulières du Tanakh : elle s'applique à l'ensemble du peuple, hommes, femmes et enfants. Les décisionnaires halakhiques, du Rambam au Choulhane Aroukh, ont entouré cette mitsva de nombreuses conditions et précisions. Certains poskim estiment qu'Sanhédrine ayant mélangé les nations, cette obligation est aujourd'hui inapplicable en pratique.
Saül et la guerre contre Amalek
À l'époque de la royauté, le prophète Chemouel transmet à Saül l'ordre divin d'exterminer complètement Amalek. Saül part en guerre et remporte la victoire, mais il épargne le roi Agag ainsi que le meilleur du bétail, en violation de l'ordre reçu. Cet acte de désobéissance lui coûte la royauté : Chemouel lui annonce que D.ieu a rejeté sa royauté. Agag, épargné quelques heures, eut le temps d'engendrer une descendance selon le Midrach, ce qui explique la survie de la lignée amalécite jusqu'à l'époque perse.
Haman, héritier d'Amalek, et la fête de Pourim
Haman HaAgagui, le grand vizir du roi Assuérus dans la Méguilat Esther, est explicitement décrit comme un descendant d'Agag, lui-même roi d'Amalek. Sa haine d'Israël, et plus précisément de Mordekhai qui refusait de se prosterner, s'inscrit dans la continuité de l'hostilité ancestrale d'Amalek. Esther et Mordekhai déjouèrent son plan d'extermination, et la victoire d'Israël sur Haman est commémorée chaque année à Pourim. La tradition voit dans cette délivrance l'accomplissement partiel de la lutte éternelle contre Amalek.
Amalek dans la pensée juive : symbole du mal absolu
Au-delà de l'histoire biblique, Amalek occupe une place centrale dans la pensée juive comme symbole de l'opposition au bien et à la sainteté. Le Maharal de Prague et de nombreux penseurs 'hassidiques interprètent Amalek comme une force spirituelle de doute et de négation, un mal qui cherche à refroidir l'ardeur d'Israël dans son service de D.ieu. Cette lecture allégorique n'annule pas la dimension halakhique, mais l'enrichit d'une profondeur philosophique qui continue d'inspirer l'enseignement de la Torah jusqu'à nos jours.
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