Thèmes Respect des Parents

À savoir
Une mitsva fondamentale de la Torah
Le Respect des Parents, ou kibboud av va'em, est l'une des mitsvot les plus importantes de la Torah. Il s'agit d'une mitsva d'asé (commandement positif) d'origine biblique, inscrite dans les Dix Commandements au livre de Chemot (XX, 12) : « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que l'Éternel ton Dieu te donne. » C'est l'une des rares mitsvot dont la récompense est explicitement mentionnée dans le texte sacré.
Deux obligations distinctes : kibboud et mora
La tradition juive distingue deux commandements complémentaires. Le kibboud (honneur actif) consiste à accomplir des actes positifs : nourrir ses parents, les vêtir, les faire entrer et sortir. Le mora (crainte) impose d'éviter les comportements irrespectueux : ne pas s'asseoir à la place de son père, ne pas prendre la parole à sa place, ne pas contredire ses propos. Rachi, commentant le Talmud (traité Kiddouchin, folio 31b), explique précisément cette distinction qui structure toute la halakha en la matière.
Sources halakhiques et cadre légal
Cette mitsva est longuement développée dans le Talmud Bavli, traité Kiddouchin (folios 30b à 33b), ainsi que dans le Michné Torah du Rambam (Hilkhot Mamrim, chapitre 6) et dans le Choulhane Aroukh, Yoré Déa, siman 240. Le Sefer Ha'hinoukh (mitsva 33) en expose les détails et les nuances. Deux interdictions graves y sont annexées : la malédiction et la frappe des parents, punissables selon la loi biblique des sanctions les plus sévères.
Fondement et sens de la mitsva
Le Rambam enseigne que le fondement de cette mitsva réside dans la hakarath hatov, la reconnaissance envers ceux qui nous ont donné la vie et élevés. La tradition précise que dans la naissance d'un enfant, trois partenaires sont associés : le père, la mère et le Saint Béni Soit-Il. Ainsi, honorer ses parents est comparé à honorer Hachem lui-même : « Le respect du père est assimilé au respect de Dieu. » Cette élévation spirituelle rend la mitsva applicable même envers des parents biologiques n'ayant pas élevé leur enfant.
Récompense et dimension éternelle
La promesse d'une longue vie attachée à cette mitsva est interprétée par le Talmud comme renvoyant à la vie dans le Olam Haba, le monde à venir. Cette mitsva figure parmi celles dont le mérite est inestimable, car elle touche à la fois à l'ordre familial, à la cohésion du peuple juif et à la relation entre l'homme et son Créateur.
Applications pratiques et limites
La halakha précise les cas où l'enfant est dispensé d'obéir à ses parents : lorsque leur demande contrevient à la Torah ou à la Halakha, aucun commandement parental ne peut primer sur la loi divine. Les Aharonim ont également discuté de l'obligation envers les frères aînés, les beaux-parents et les grands-parents, élargissant ainsi le cercle du respect familial tel qu'il est vécu dans la tradition juive orthodoxe.
Lois de Respect des Parents : questions-réponses pratiques
Si l'on rencontre son père avant d'avoir prié la tefila du matin, il est permis de lui embrasser les mains même avant la prière.
Si son père dort avec les tefiline sur la tête, certains disent qu'il est obligé de le réveiller. Il est préférable de demander à d'autres de le réveiller, car il est considéré comme contraint.
Si le père raconte un événement ou une histoire, il est interdit au fils de dire que cela ne s'est pas passé ainsi, ou de corriger son père en disant qu'il s'est trompé et qu'il aurait dû dire autrement. Cette interdiction de contredire les paroles du père s'applique également à la mère.
Il est dit dans la Torah : « Honore ton père et ta mère ». Il s'agit d'une mitsva positive de la Torah d'honorer son père et sa mère. Il faut être très vigilant concernant le respect et la crainte envers son père et sa mère, car la Torah les a considérés comme équivalents au respect et à la crainte dus à Hachem. Les sages ont dit : il y a trois partenaires dans la création de l'homme : Hachem, son père et sa mère. Lorsque quelqu'un honore son père et sa mère, Hachem dit : Je considère cela comme si J'avais résidé parmi eux et qu'ils M'avaient honoré. C'est pourquoi il est d'une grande obligation pour chacun de fixer un temps d'étude pour ces lois et d'en être expert, en raison de la gravité de cette mitsva.
Il est permis de se rendre à l'étranger pour aller saluer son père ou sa mère, à condition de revenir ensuite en Erets Israël. Concernant le fait de sortir à l'étranger pour se recueillir sur la tombe de ses parents, il est préférable de s'en abstenir, car l'étude de la Torah accomplie pour l'élévation de l'âme des parents a une valeur bien supérieure à la visite de leur tombe à l'étranger.
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