Thèmes Bikour Holim

À savoir
Bikour Holim : une mitsva fondamentale de la Torah
Bikour Holim, la visite des malades, est l'une des mitsvot les plus importantes de la tradition juive. Elle s'inscrit dans le cadre plus large de la Gmilout 'Hassadim (bienfaisance envers autrui) et consiste à rendre visite au malade, à s'associer à sa souffrance, à améliorer son moral et à vérifier s'il a besoin d'aide.
Les sources dans la Torah et le Tanakh
Les sources de cette mitsva dans le Tanakh sont multiples. Les Sages (Hazal) enseignent que lorsqu'Avraham Avinou se remettait de sa circoncision, D.ieu Lui-même lui rendit visite - acte fondateur de cette mitsva. Le verset « Vedarkam yelekhoun bah » (Chémot 18, 20) est interprété dans le Talmud Bavli (traité Baba Metsia, folio 30b) comme une allusion directe au Bikour Holim. Le prophète Yecha'yahou visitant Hizkiyahou roi de Yéhouda lors de sa maladie (Melakhim II, ch. 20) en est une autre illustration.
Ce qu'enseignent le Talmud et les Rishonim
Le Talmud Bavli (traité Nedarim, folio 39b) précise que cette mitsva est parmi celles qui n'ont pas de mesure quant à leur quantité : on peut la remplir plusieurs fois dans la même journée, même auprès du même malade. Les Sages ont également enseigné que « celui qui visite un malade lui enlève un soixantième de sa souffrance ». Cette mitsva figure parmi celles dont on jouit des fruits en ce monde, tandis que le capital demeure pour le monde à venir.
La codification halakhique
Le Rambam, dans son Michné Torah (Hilkhot Avél, chapitre 14, halakhot 4 à 7), codifie en détail les règles du Bikour Holim. Le Choulhane Aroukh (Yoré Déa, siman 335) en précise les lois pratiques. L'accent est mis sur le soutien moral, la prière pour le malade et l'aide concrète. Certains malades qui ressentiraient de la honte de leur maladie, ou pour qui la visite serait un fardeau, ne doivent pas être visités directement : on se présente à leur domicile sans entrer dans leur chambre, on s'enquiert de leur état et on cherche à les aider indirectement.
L'aspect spirituel : prier pour le malade
Le Hokhmat Adam souligne que l'essentiel de la mitsva réside dans la prière pour le malade et dans l'imploration de la miséricorde divine en sa faveur. Le Seder Hayom insiste quant à lui sur l'importance du renforcement psychologique et spirituel du malade, la restauration de son âme, sa consolation et l'allègement de sa souffrance.
Organisation communautaire
Dans certaines communautés, comme celle de Berlin évoquée dans le Hokhmat Adam, une personne était spécialement désignée pour coordonner les visites aux malades, portant le titre de Gabbai Bikour Holim. Cette institutionnalisation témoigne de l'importance accordée à cette mitsva dans la vie communautaire juive à travers les âges.
Lois de Bikour Holim : questions-réponses pratiques
L’essentiel de la mitsva de la visite des malades est de répondre aux besoins du malade, de voir ce que l’on peut faire pour lui, de l’encourager et de prier pour lui. Il faut prier en formulant une demande, par exemple en disant : « Qu’il soit la volonté… », et non simplement « qu’il guérisse », car ce n’est pas une demande. Il faut lui raconter des histoires joyeuses qui élargissent son cœur, ou lui enseigner de beaux hidouchim pour détourner son esprit de sa maladie.
Cette mitsva s'applique même si le malade se trouve à l'hôpital, entouré de médecins et d'infirmières qui s'occupent de lui avec dévouement et veillent à tous ses besoins. Il reste malgré tout une mitsva d'aller le visiter pour l'encourager et prier pour lui, car cela fait partie de « Veahavta lereakha kamokha ».
Un bouillon cuit qui se trouve dans le voisinage du défunt est permis à la consommation, et a fortiori si la marmite était couverte au moment du décès. De même, les boissons gazeuses et autres boissons non alcoolisées, comme le cola, la bière, le jus et similaires, n'ont pas à être versées et sont permises à la consommation. Il en va de même pour les glaçons et choses semblables.
Si un nourrisson est né vivant, même s'il n'a vécu qu'une heure avant de décéder, il convient d'être strict concernant l'eau du quartier où il est mort. En revanche, si un nourrisson est mort étouffé dans le sommeil dans les bras de sa mère, il n'est pas nécessaire de verser l'eau. De même, pour toute personne décédée suite à un homicide, il n'est pas nécessaire de verser l'eau du quartier.
Certains ont écrit que si le malade est un membre de sa famille, on peut prier pour lui dans la berakha de Refaenou, mais si le malade est un ami, on ne prierait pour lui que dans la berakha de Choméa Tefila, car cela est considéré comme un besoin collectif pour lequel on ne prie que dans Choméa Tefila. Cependant, en pratique, il n'y a pas lieu de faire cette distinction, et dans tous les cas, il est permis de demander miséricorde pour une guérison complète dans la berakha de Refaenou. Malgré tout, il a déjà été expliqué que par mesure de piété, il est bon de demander miséricorde pour son prochain dans Choméa Tefila.
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