Thèmes Lois de Bikour Holim : questions-réponses pratiques

Lois de la visite aux malades et du deuil
Réponse
Il est une mitsva de rendre visite à une personne malade. Certains estiment qu'il s'agit d'une mitsva de la Torah, tandis que d'autres considèrent que c'est une mitsva d'ordre rabbinique. Quoi qu'il en soit, on ne récite pas de berakha sur cette mitsva pour plusieurs raisons.
Réponse
Cette mitsva s'applique même si le malade se trouve à l'hôpital, entouré de médecins et d'infirmières qui s'occupent de lui avec dévouement et veillent à tous ses besoins. Il reste malgré tout une mitsva d'aller le visiter pour l'encourager et prier pour lui, car cela fait partie de « Veahavta lereakha kamokha ».
Réponse
Il est écrit dans les responsa de Rav Ahai Gaon qu'il ne faut pas aller rendre visite à un malade seul, mais qu'il convient d'y aller accompagné de deux autres personnes. Toutefois, cela n'est pas indispensable et ne constitue qu'une recommandation lekhatehila, lorsque cela est possible.
Réponse
L'accomplissement optimal de la mitsva de rendre visite à un malade consiste à se déplacer soi-même pour le voir, si cela est possible. On ne s'acquitte pas pleinement de cette mitsva en appelant par téléphone ou en envoyant une lettre pour prendre de ses nouvelles. Cependant, il est permis de prier pour le malade même en son absence, par exemple en faisant un "Mi Cheberakh" dans un minyan de dix personnes. La prière la plus efficace pour le malade est celle faite en sa présence. Si l'on ne peut pas se déplacer, il est bien de téléphoner ou d'envoyer une lettre pour l'encourager et le réconforter.
Réponse
Même une personne plus âgée doit rendre visite à un enfant malade, et il est permis de le faire plusieurs fois par jour, même s'il s'agit d'une personne du même âge, à condition de ne pas déranger le malade. Si le malade est alité, il est permis de s'asseoir sur une chaise ou un banc à côté de lui. De nos jours, on ne fait plus attention à ne pas visiter le malade durant les trois premières heures de la journée.
Réponse
Le malade n'est pas tenu de se lever devant ceux qui viennent lui rendre visite, même s'il s'agit de talmide hakhamim ou de personnes âgées. Toutefois, s'il souhaite se montrer strict envers lui-même et se lever, il en a le droit, et cela n'est pas considéré comme déplacé. En revanche, si un Sefer Torah passe devant le malade, il doit se lever devant lui.
Réponse
Les femmes sont également tenues par la mitsva de bikour holim (visite des malades). Cependant, une femme mariée, qui dépend de l'autorisation de son mari, peut parfois être exemptée de cette mitsva.
Réponse
Certains estiment qu'une femme peut rendre visite à un homme malade, et inversement, à condition qu'ils ne restent pas seuls ensemble. D'autres s'opposent à cela et considèrent qu'il n'est pas conforme à la pudeur qu'une femme visite un homme ou qu'un homme visite une femme ; il convient alors qu'une femme visite une femme et qu'un homme visite un homme.
Réponse
Si un malade est alité et n'a personne d'autre que sa femme pour s'occuper de lui durant sa période d'impureté, même s'il n'est pas en danger, il est permis à sa femme de le servir : le coucher, le soutenir, le relever, le nourrir, lui donner à boire, l'habiller, lui mettre ou enlever ses chaussures. Il n'est pas nécessaire de préciser qu'il lui est permis de lui passer ou de prendre de la main, chaque fois que cela est nécessaire. En effet, comme il est malade et affaibli, son yetser n'est pas aussi fort, et il n'y a pas à craindre qu'ils en viennent à une faute, car ce n'est pas la femme qui initie ce genre de comportement. Toutefois, si une autre personne peut s'occuper de lui, il ne faut pas permettre à sa femme de le servir. Même lorsqu'il n'y a personne d'autre, il est préférable qu'elle évite de toucher directement sa peau, mais utilise un tissu, un vêtement ou des gants si possible. Si ce n'est pas possible autrement, il est permis de toucher sa peau, mais elle devra être particulièrement vigilante, autant que possible, à éviter de lui laver le visage, les mains ou les pieds, ou de faire son lit devant lui, car ces gestes sont empreints d'affection et il y a alors plus à craindre une tentation. Si cela est absolument impossible à éviter, cela reste permis. Pour servir à boire, il est facile de le faire d'une manière différente, par exemple en utilisant la main gauche. Tout cela concerne un malade dont tout le corps est atteint et qui a besoin d'aide pour se soutenir et se déplacer. Mais s'il ne souffre que de la tête ou d'un mal similaire, et qu'il se comporte comme une personne en bonne santé, cela est interdit.
Réponse
Si une femme en période de nidda est malade, il est totalement interdit à son mari de la toucher. Il devra engager une autre femme pour s'occuper d'elle. Si personne d'autre ne peut s'en charger et qu'elle est en danger ou risque de l'être sans soins, il lui sera permis de s'occuper d'elle.
Réponse
Il est d'usage que même une personne ayant eu un différend avec son prochain lui rende visite lorsqu'il est malade, sans craindre que l'on pense qu'il se réjouit de sa maladie. Au contraire, cela favorise la paix parmi le peuple d'Israël. Si le conflit était important, il est préférable d'envoyer d'abord un messager pour demander la permission de venir, et une fois l'accord obtenu, il pourra lui rendre visite.
Réponse
Il est permis de rendre visite à un malade même pendant le Chabbat, et on lui dira : « Chabbat, il est interdit de crier, et la guérison viendra bientôt. » Même si la visite a déjà eu lieu en semaine, il n'y a aucun empêchement à rendre visite de nouveau pendant le Chabbat, car il n'y a pas de limite à la mitsva de bikour holim.
Réponse
Il est permis de faire le mi cheberakh pour un malade pendant Chabbat, en disant : « Chabbat est un jour où l’on ne crie pas, et la guérison viendra bientôt. » Certains ajoutent : « et Sa miséricorde est grande, et qu’il retourne en paix », mais notre minhag n’est pas d’ajouter ces mots. Lorsqu’on fait le mi cheberakh pour un malade, il ne faut pas dire : « qu’Il bénisse le malade Untel », mais simplement : « qu’Il bénisse Untel », sans le qualifier de malade, afin de ne pas porter atteinte à sa chance. Il faut toujours inclure le malade parmi les autres malades d’Israël, car en le joignant à d’autres, la prière est mieux acceptée.
Réponse
Il ne faut pas profaner le Chabbat pour envoyer un pidyon nefesh à un tsadik, ni pour contacter un tsadik ou les membres d’une yeshiva afin qu’ils prient pour un malade en danger.
Réponse
On rend visite à des malades non-juifs pour préserver la paix sociale.
Réponse
L’essentiel de la mitsva de la visite des malades est de répondre aux besoins du malade, de voir ce que l’on peut faire pour lui, de l’encourager et de prier pour lui. Il faut prier en formulant une demande, par exemple en disant : « Qu’il soit la volonté… », et non simplement « qu’il guérisse », car ce n’est pas une demande. Il faut lui raconter des histoires joyeuses qui élargissent son cœur, ou lui enseigner de beaux hidouchim pour détourner son esprit de sa maladie.
Réponse
Même si la mitsva de la visite des malades n’a pas de limite et qu’il est louable de multiplier les visites, il faut veiller à ne pas déranger le malade. Parfois, parler lui est difficile ou il a besoin de sortir pour ses besoins et n’ose pas le dire. C’est pourquoi nos Sages ont enseigné qu’on ne visite pas les personnes souffrant des intestins, des yeux, de la tête, ni tout malade pour qui la parole est difficile.
Réponse
Quiconque a un malade dans sa maison doit aller voir le hakham de la ville, afin qu’il prie et bénisse le malade. Il est mentionné dans le Zohar que l’on a l’habitude de faire le Mi Cheberakh pour les malades à la synagogue lors de la sortie du Sefer Torah, car c’est un moment où la miséricorde divine s’éveille.
Réponse
Bien qu'il soit obligatoire de consulter des médecins, il faut veiller à ne pas se reposer uniquement sur eux, mais placer sa confiance en Hachem pour la guérison. Même si neuf cent quatre-vingt-dix-neuf accusent une personne et qu'un seul plaide en sa faveur, elle peut être sauvée. Même si une épée aiguisée est posée sur le cou d'une personne, elle ne doit pas désespérer de la miséricorde divine. Il faut donner la tsedaka selon ses moyens, comme il est écrit : « la tsedaka sauve de la mort ». Il faut toujours prier pour ne pas tomber malade, car si l’on tombe malade, on lui dira : « Apporte un mérite et tu seras libéré ».
Réponse
Il est évident qu'il ne faut faire le "Mi Cheberakh" à la synagogue que pour une personne réellement malade et alitée, et non pour quelqu'un qui a simplement mal à la tête ou qui est légèrement souffrant à cause du froid ou d'autres causes similaires.

