
Durant trois jours, plus de cent rabbins consistoriaux venus de toute la France mais également des émissaires du mouvement Loubavitch ont donc suivi le copieux programme concocté par le Professeur d'éthique médical Emmanuel Hirsh, professeur d’éthique médicale et le rav Mickaël Journo. Nommé aumônier général israélite des hôpitaux de France au début de l’année, il entend « professionnaliser la présence rabbinique à l’hôpital ». « Lorsqu’un malade chrétien ou des soignants font appel à un pasteur ou à un prêtre, ils obtiennent immédiatement une réponse.
Trouvez-vous normal que cela ne soit pas toujours le cas chez nous ? ». Une nécessité confirmée par le grand rabbin de France, Gilles Bernheim et le président des Consistoires, Joël Mergui qui ont chacun insisté sur l’urgence à remettre la mitsva du bikour ‘holim (visite aux malades) au centre de la vie communautaire.
Les bases d’un réseau d’aumôniers placés sous l’autorité des grands rabbins régionaux et du rav Journo ont donc été jetées à cette occasion. D’une trentaine actuellement, le nombre d’aumôniers devrait atteindre la centaine à terme. Renforcé par des équipes de bénévoles, ce maillage couvrira l’ensemble du territoire.
Mais pas question d’envoyer sur le terrain des rabbins mal préparés. Le séminaire avait donc également pour objectif de les préparer aux aspects éthiques, médicaux et religieux de la fonction d’aumônier.
Outre les interventions de personnalités rabbiniques comme le grand rabbin de France, le grand rabbin de Paris, Davis Messas ou le directeur de l’École rabbinique, le grand rabbin Michel Guggenheim, le programme avait une tonalité résolument médicale grâce à la présence de sept professeurs de médecine.
Chacun selon sa spécialité, ils ont évoqué aussi bien la problématique de la fin de vie, que l’euthanasie, la psychologie du malade ou le langage corporel. Ils ont également fait part du besoin pour les personnels hospitaliers de pouvoir avoir des interlocuteurs officiels représentant le monde juif.
Le rôle traditionnel de l’aumônier israélite - visite aux malades, offices, distributions de repas casher - se double en effet d’une plus grande reconnaissance par l’administration hospitalière. Pour elle, il s’agit non seulement de savoir comment répondre aux demandes des familles en matière de pratique religieuse, mais aussi de nourrir la réflexion menée en interne sur l’éthique médicale.
« Nous devons profiter de cette demande pour faire entendre la voix du judaïsme dans l’hôpital », insiste le rabbin Mickaël Journo. « Pourquoi ne pas imaginer, par exemple, qu’au cours de leurs études, les futurs infirmiers puissent entendre ce que les rabbins ont à dire sur la maladie ? ». S. G.
Source : Hamodia
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