L'humilité, mère de toutes les vertus
La Torah ne décerne qu'un seul superlatif de caractère, et c'est à Moché : « le plus humble de tous les hommes ». Qu'est-ce que l'humilité juive (et ce qu'elle n'est pas), et comment la travailler face à l'orgueil.
Ce que l'humilité n'est PAS
L'humilité juive n'est ni timidité, ni auto-dénigrement, ni faiblesse : Moché, « le plus humble de tous les hommes sur la face de la terre » (Bamidbar 12, 3), a affronté Pharaon, brisé les Tables et tenu tête au peuple entier. L'humble connaît sa valeur : simplement, il ne s'en attribue pas le mérite : ses talents sont des prêts du Ciel, des responsabilités plus que des trophées. L'anava, c'est se voir juste : grand par ce qu'on a reçu, petit par ce qu'on s'approprie.
L'orgueil : l'ennemi n° 1
De l'orgueilleux, D.ieu dit : « lui et Moi ne pouvons habiter le même monde » (Sota 5a). Pourquoi cette sévérité unique ? Parce que l'orgueil est la racine des autres fautes : la colère (mon honneur est touché), la médisance (je me hausse en rabaissant), l'ingratitude (tout m'est dû), la surdité aux critiques (je sais mieux). Le Ramhal appelle l'orgueil « l'aveuglement même » : il fausse tous les instruments de mesure de l'âme.
Les exercices des maîtres
- Attribuer : chaque réussite, s'entraîner à dire (et penser) : « baroukh Hachem », et nommer ceux qui y ont contribué. L'orgueil s'évapore quand le mérite circule.
- Servir concrètement : débarrasser la table, porter les courses, rendre un service anonyme : l'orgueil ne survit pas au tablier. Les plus grands rabbanim servaient eux-mêmes leurs invités (à l'école d'Avraham).
- Accueillir UNE critique : cette semaine, quand une remarque pique, répondre « merci, je vais y réfléchir » : au lieu de plaider. Exercice brûlant, résultats spectaculaires.
- Le rappel du Ramhal : d'où viens-tu, où vas-tu, devant Qui te tiens-tu (Pirké Avot 3, 1) : la conscience de D.ieu est le seul antidote de fond.
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