La méthode : le travail sur soi en pratique
Vous connaissez les chantiers : humilité, colère, parole, hessed, gratitude. Dernier chapitre : LA méthode concrète des maîtres du Moussar pour transformer réellement un trait de caractère, en 90 jours par mida.
Les cinq règles d'or du Moussar pratique
- UNE mida à la fois : celui qui attaque tout ne change rien. Choisissez le trait qui vous coûte le plus cher (repéré au chapitre 1) et consacrez-lui un trimestre. Les autres attendront : ils profiteront d'ailleurs du travail (les midot sont communicantes).
- Du général au particulier : on ne travaille pas « la patience » : on travaille « ne pas hausser le ton entre 7h30 et 8h10 le matin ». Rabbi Israel Salanter : définir des KABBALOT, des engagements minuscules et PRÉCIS, si petits qu'on ne peut pas les rater.
- L'étude quotidienne « à lèvres émues » : dix minutes par jour d'un livre de Moussar sur VOTRE mida (Messilat Yecharim, Orhot Tsadikim, les Portes du Hafets Haim...), lues avec émotion, en se laissant toucher : le Moussar ne s'étudie pas comme un manuel, il s'écoute comme une lettre personnelle.
- Le heshbon hanefech : la comptabilité de l'âme : chaque soir, deux minutes : où en est mon engagement du jour ? (réussi / raté / déclencheur). Sans mesure, pas de progrès : les maîtres tenaient tous un carnet.
- L'environnement : « Éloigne-toi d'un mauvais voisin » (Pirké Avot 1, 7) : fuyez les contextes qui nourrissent votre mauvais trait (le groupe qui médit, le forum qui enrage) et attachez-vous à qui incarne le trait visé : un modèle vivant vaut dix livres. Une havrouta de Moussar (un ami engagé dans le même travail) multiplie les chances.
Les outils spirituels
- La prière : demander explicitement de l'aide sur SA mida (dans Chema Kolenou) : « purifie mon coeur » n'est pas une métaphore, c'est une requête technique. Le travail sur soi sans aide du Ciel s'essouffle ; nos Sages promettent : « celui qui vient se purifier, on l'aide » (Chabbat 104a).
- Le calendrier juif : Eloul et les dix jours de techouva pour les grands bilans, l'Omer pour un programme de sept semaines, chaque veille de Chabbat pour la revue hebdomadaire : le temps juif est une infrastructure de Moussar prête à l'emploi.
- La techouva sur les rechutes : la rechute fait PARTIE de la méthode (demandez à quiconque a changé un trait). On se relève, on note le déclencheur, on continue : « le tsadik tombe sept fois et se relève » (Michlei 24, 16) : le tsadik n'est pas celui qui ne tombe pas, c'est celui qui se relève une fois de plus.
Le mot de la fin
Rabbi Israel Salanter résumait l'enjeu : « L'homme est libre en imagination et enchaîné par ses habitudes. » Le Moussar est l'art de forger de nouvelles chaînes : des habitudes de patience, de silence bienveillant, de générosité, de gratitude : jusqu'à ce qu'elles deviennent une seconde nature, qui est en vérité la première : l'image de D.ieu en nous, dégagée de sa gangue. Un trait par trimestre : dans cinq ans, vous ne vous reconnaîtrez pas : en mieux.
Pour enrichir ce chapitre
Vidéos, chiourim et réponses de Rabbanim d'UniversTorah qui prolongent cette leçon.
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