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Guides Travailler ses midot
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La gratitude et la joie

Hakarat hatov, « reconnaître le bien » : la mida qui donne son nom même au peuple juif. Et sa fille directe, la simha, la joie de servir. Deux traits qui changent la couleur d'une vie entière.

« Juif » veut dire « merci »

À la naissance de son quatrième fils, Léa dit : « Cette fois, je remercierai Hachem » : elle le nomme Yehouda, de la racine « remercier » (Berechit 29, 35). C'est de Yehouda que vient le mot « Juif » (Yehoudi) : être juif, étymologiquement, c'est être « celui qui remercie ». Le premier mot du Juif au réveil : Modé Ani, « je Te remercie » : la journée s'ouvre par la gratitude avant toute autre pensée.

L'ingratitude : la racine cachée

Le Moussar voit dans la kefiyat tova (l'ingratitude) une racine des pires dérives : celui qui trouve tout « normal » ou tout « dû » glisse vers la plainte perpétuelle, l'envie, et l'oubli de D.ieu lui-même (la Torah avertit : « tu mangeras, tu te rassasieras... garde-toi d'oublier », Devarim 8). À l'inverse, la hakarat hatov s'étend à TOUT bienfaiteur : D.ieu, les parents (le cinquième commandement en est l'école), le conjoint, et jusqu'aux objets dans l'enseignement de nos Sages (Moché ne frappe ni le Nil ni le sable qui l'avaient servi : la gratitude s'entraîne même envers l'inerte, pour former le pli du coeur).

Entraîner l'oeil au bien

  • Les cent berakhot : le programme officiel : bénir cent fois par jour, c'est cent occasions de VOIR ce qu'on allait consommer machinalement (voir la formation Bénédictions).
  • Le journal de gratitude version Moussar : chaque soir, TROIS bontés précises du jour (pas « la santé » en général : « ce café au soleil », « l'aide de ma collègue ») et UN merci exprimé à quelqu'un.
  • Le Modé Ani conscient : dix secondes réelles au réveil, en pensant à UNE chose qu'on est content de retrouver.

La simha : la joie comme service

« Servez Hachem dans la joie » (Tehilim 100, 2) : la joie juive n'est pas une humeur qui nous tombe dessus, c'est une mida qui se cultive : fruit direct de la gratitude (on ne peut être à la fois reconnaissant et amer) et de la emouna (voir plus bas). La Torah reproche durement le service « sans joie et sans coeur content » (Devarim 28, 47) : la mine sombre n'est pas une piété. Et Rabbi Nahman de Breslev en a fait un combat : « C'est une grande mitsva d'être dans la joie, constamment » : fuir l'abattement (atsvout) comme le principal outil du yetser hara.

La emouna, socle des deux Gratitude et joie reposent sur la emouna : la confiance que tout vient d'une main aimante, y compris ce que je ne comprends pas (« tout ce que fait le Misericordieux, Il le fait pour le bien », Berakhot 60b). La emouna se nourrit d'etude (les oeuvres de pensee juive), de priere personnelle, et du souvenir des delivrances passees : tenez la liste de VOS « sorties d'Egypte ».
L'exercice qui change tout Une semaine SANS UNE PLAINTE (meteo, circulation, fatigue incluses) : chaque plainte reprimee est remplacee par UN merci. Les maitres du Moussar promettent : celui qui tient une semaine decouvre qu'il vivait dans un palais en se croyant en prison.