Aller au contenu

Choisir une ville

Guides Travailler ses midot
Lien copié
Chapitre 1/7

Les midot, chantier d'une vie

Le judaïsme ne demande pas seulement des actes conformes : il demande un caractère raffiné. Qu'est-ce qu'une mida, pourquoi ce travail est central, et pourquoi il est possible : les fondations du Moussar.

Mida : la « mesure » de l'âme

Le mot mida signifie « mesure » : les midot sont les dosages de l'âme : la colère et la patience, l'orgueil et l'humilité, l'avarice et la générosité, la paresse et le zèle. Le Gaon de Vilna écrit une phrase vertigineuse : « L'homme n'est en ce monde QUE pour briser les traits qu'il n'a pas encore brisés ; sinon, à quoi bon vivre ? » (commentaire sur Michlei). Les mitsvot sont le programme ; les midot sont l'homme qui l'exécute.

Pourquoi les midot passent avant tout

  • « Derekh erets kadma laTorah » : le savoir-vivre précède la Torah (Midrach) : la Torah versée dans un caractère brut est comme un vin précieux dans un récipient fêlé.
  • Les midot sont le terrain de TOUTES les mitsvot entre l'homme et son prochain : sans patience, pas de chalom bayit ; sans générosité, pas de tsedaka de coeur ; sans maîtrise de la parole, pas une journée sans faute.
  • Le test de verite : nos Sages jugent l'homme « a sa coupe, a sa bourse et a sa colere » (beKosso, beKisso, beKaasso) : c'est dans le quotidien banal que le caractere se revele, pas a la synagogue.
Le Moussar Le mot designe la discipline du perfectionnement moral, et sa litterature : Hovot Halevavot, Messilat Yecharim, Orhot Tsadikim... Au XIXe siecle, Rabbi Israel Salanter en a fait un MOUVEMENT : etude quotidienne « a levres emues » (avec emotion), introspection methodique, exercices cibles. Son mot d'ordre : « Il est plus facile de traverser tout le Talmud que de changer UN seul trait de caractere » : et c'est precisement pour cela qu'il faut une methode.

La bonne nouvelle : ça se travaille

Le judaïsme refuse le fatalisme du « je suis comme ça » : le Rambam (Hilkhot Deot) enseigne que tout trait se déplace par l'entraînement répété : celui qui veut guérir de l'avarice multiplie les actes de générosité, même petits, jusqu'à ce que le pli soit pris : les ACTES façonnent le coeur (« aharei hapeoulot nimchakhim halevavot », Sefer Hahinoukh). Personne ne naît patient : on le devient, geste après geste. Cette formation vous donne les chantiers principaux, puis la méthode.

Avant de commencer Le travail des midot ne se fait pas « en general » : il se fait sur UN trait a la fois, dans DES situations precises. En lisant les prochains chapitres, reperez LE trait qui vous coute le plus cher (colere ? parole ? orgueil ?) : ce sera votre premier chantier au chapitre 7.

Connectez-vous pour enregistrer votre progression dans ce guide.

Chapitre suivant : L'humilité, mère de toutes les vertus