La tefila, service du cœur
Pourquoi prier, si D.ieu sait déjà tout ? Et d'où viennent nos prières ? Ce premier chapitre pose le sens avant la technique.
Qu'est-ce que prier ?
Le Talmud appelle la prière « avoda chebalev », le service du coeur (Taanit 2a) : depuis la destruction du Beth Hamikdash, la tefila remplace les korbanot (offrandes) comme service divin quotidien. Mais la prière n'est pas qu'un substitut : le mot lehitpalel est réfléchi, il signifie littéralement « se juger soi-même ». Prier, c'est autant se transformer que demander.
D.ieu sait tout : alors pourquoi demander ?
Question classique, réponse profonde : la prière ne renseigne pas D.ieu, elle change celui qui prie. En formulant ses besoins face au Créateur, l'homme reconnaît d'où vient tout ce qu'il a, clarifie ce qui compte vraiment, et se rend apte à recevoir. Nos matriarches et patriarches étaient stériles, dit le Midrach, « parce que D.ieu désire la prière des justes » : l'attente creuse le récipient.
D'où viennent nos prières ?
Les prières juives ne sont pas des improvisations : les Anchei Knesset Haguedola (la Grande Assemblée, il y a environ 2 400 ans), comptant des prophètes parmi eux, ont fixé le texte des bénédictions et de la Amida. Résultat extraordinaire : un Juif de Casablanca, de Paris ou de Jérusalem prie aujourd'hui pratiquement les mêmes mots, dans la même langue, l'hébreu, que ses ancêtres depuis des millénaires.
Le texte fixe et le coeur libre
Le texte fixe garantit la profondeur (chaque mot est pesé) et l'unité du peuple. Mais la halakha réserve des espaces à VOS mots : des passages de la Amida accueillent les demandes personnelles, et rien n'empêche de parler à D.ieu librement, à tout moment, dans sa langue. Le texte est le squelette ; la kavana, l'intention du coeur, est l'âme.
Pour enrichir ce chapitre
Vidéos, chiourim et réponses de Rabbanim d'UniversTorah qui prolongent cette leçon.
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