Thèmes Pharisiens

À savoir
Les Pharisiens : un mouvement fondateur du judaïsme rabbinique
Les Pharisiens (en hébreu : Perouchim) constituaient un courant politico-religieux majeur du judaïsme à la fin de la période du Second Temple, entre le IIe siècle av. EC et la destruction du Temple en l'an 70 EC. Issus d'un contexte de pluralisme religieux intense, ils s'imposèrent comme le groupe le plus influent auprès du peuple, face aux Sadducéens qui représentaient l'aristocratie sacerdotale, et aux Esséniens qui s'étaient retirés dans le désert.
La Torah orale au cœur de leur doctrine
Le trait distinctif des Pharisiens était leur foi profonde en la Torah orale (Torah che-be'al-peh), transmise à Moshé au Sinaï aux côtés de la Torah écrite. Contrairement aux Sadducéens, attachés à une lecture strictement littérale du texte et au culte du Temple, les Pharisiens défendaient une tradition vivante, autorisant les Sages à interpréter et adapter la Halakha aux réalités changeantes de chaque époque. C'est ce dynamisme qui permit au judaïsme de survivre à la destruction du Temple.
Des croyances distinctives face aux autres courants
Les Pharisiens croyaient en la résurrection des morts, en la rétribution divine dans le monde futur et en l'immortalité de l'âme, autant de points que les Sadducéens rejetaient. Ils défendaient également une position équilibrée entre le déterminisme des Esséniens et le libre arbitre absolu des Sadducéens : "Tout est prévu, mais la liberté est accordée" - principe qui se retrouve dans la pensée rabbinique classique.
L'origine du nom
Le terme "Pharisien" dérive vraisemblablement de la racine hébraïque P-R-CH, signifiant séparation ou distinction. Selon la thèse la plus répandue, ce nom leur fut attribué par leurs adversaires, peut-être les Sadducéens, pour désigner une élite qui "se séparait" du commun (amei ha-aretz) afin d'observer scrupuleusement les lois de pureté rituelle et les dîmes (ma'assèr) dans la vie quotidienne, et non seulement au Temple. Une autre interprétation, soutenue par Flavius Josèphe, rattache le nom à l'idée d'exégèse : les Pharisiens seraient ainsi nommés en raison de leur maîtrise dans l'interprétation (pirouch) détaillée des Mitsvot.
Évolution historique : des Hachmonaïm à Yavné
Les Pharisiens émergent comme courant distinct au IIe siècle av. EC, dans le contexte de la révolte des Hachmonaïm contre l'hellénisme. D'abord alliés à la dynastie hachmonaïenne, ils entrèrent en conflit avec elle lorsque celle-ci se transforma en monarchie politique mêlée à la culture hellénistique. Sous les règnes de Hyrcan Ier puis d'Alexandre Jannée, les tensions devinrent violentes. Avec la reine Salomé Alexandra (76-67 av. EC), les Pharisiens retrouvèrent leur influence, dominant le Sanhédrin et structurant la vie religieuse du peuple.
Les Pharisiens, fondateurs du judaïsme rabbinique
Après la destruction du Second Temple en 70 EC, les Sadducéens perdirent toute assise (le Temple, leur base de pouvoir) et les Esséniens disparurent. Seule la vision des Pharisiens fut capable de répondre à la catastrophe nationale : les Sages de Yavné, héritiers directs de cette tradition, refondèrent le culte sur la prière et l'étude de la Torah en lieu et place des sacrifices. C'est ainsi que le judaïsme pharisien devint le judaïsme rabbinique, dont sont issues toutes les communautés juives actuelles, ashkénazes comme séfarades, et dont les œuvres majeures - le Talmud, le Choulhane Aroukh, les commentaires de Rachi et du Rambam - perpétuent directement leur héritage halakhique.
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