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Hillel, sage tanna et Nassi du Sanhédrin, fondateur de Beit Hillel, incarne une Torah orale marquée par la douceur et des débats centraux avec Chamaï.

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Hillel
Hillel l'Ancien, le bucheron devenu maitre de la Torah orale

À savoir

Hillel : le sage qui a façonné la Torah orale

Hillel, connu sous le nom de Hillel HaZaken (Hillel l'Ancien), est l'un des sages les plus illustres de toute l'histoire juive. Né en Babylonie vers 113 av. EC, il monta en Terre d'Israël à l'âge de quarante ans dans une grande pauvreté, travaillant comme bûcheron pour gagner de quoi payer l'entrée au Beit Midrach et étudier la Torah auprès de ses maîtres Chemaïa et Avtalion. Cette détermination sans faille est devenue, dans le Talmud Bavli, un modèle éternel de dévouement au Limoud Torah.

Nassi du Sanhédrin et fondateur d'une dynastie

Hillel fut nommé Nassi (président) du Sanhédrin vers 30 av. EC, charge qu'il exerça pendant environ quarante ans jusqu'à sa disparition vers 8 EC. Il fonda ainsi la première grande dynastie de Nessi'im qui gouverna le peuple juif pendant quinze générations et quatre cent cinquante ans. Parmi ses disciples les plus célèbres figure Yohanan Ben Zakkai, qui reconstituera la vie spirituelle juive à Yavné après la destruction du Temple.

Beit Hillel face à Chamaï : les grands débats halakhiques

Hillel et son contemporain Chamaï formaient le cinquième et dernier des Zougot (paires de sages). Leurs écoles respectives, Beit Hillel et Beit Chamaï, s'affrontèrent sur des centaines de questions de Halakha consignées dans la Michna et commentées dans la Guemara. La règle générale retenue est que la Halakha suit Beit Hillel, réputé pour sa douceur envers les gens et pour avoir toujours cité la position de Beit Chamaï avant la sienne. Le Talmud Bavli rapporte qu'une voix divine (Bat Kol) proclama : « Les deux sont paroles du Dieu vivant, et la Halakha est comme Beit Hillel. »

La takana du Prozboul et l'action législative

En tant que Nassi, Hillel institua la célèbre takana (ordonnance) du Prozboul, qui permettait au créancier de remettre ses créances à un tribunal avant l'année chabbatique afin que l'annulation des dettes (Chémita) ne freine plus le crédit. Cette décision, mentionnée dans la Michna (traité Chevii't, chapitre 10), illustre la capacité de Hillel à adapter la Torah aux réalités sociales sans en trahir l'esprit.

Les maximes de Hillel dans les Pirké Avot

Hillel est cité abondamment dans les Pirké Avot, le traité de la Michna consacré à la sagesse des sages. Ses formules sont parmi les plus connues du judaïsme : « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Et si je ne suis que pour moi, qui suis-je ? Et si pas maintenant, quand ? » ou encore « Ne juge pas ton prochain avant d'avoir atteint sa place. » Lorsqu'un non-juif lui demanda de lui enseigner toute la Torah sur un pied, Hillel répondit : « Ce qui t'est odieux, ne le fais pas à ton prochain. C'est là toute la Torah ; le reste n'est que commentaire. Va et apprends. » Cette formulation a inspiré des générations de maîtres, de Rabbi Akiva à Rabbi Yehouda HaNassi.

Héritage et postérité

Hillel est inhumé à Méron, à proximité du tombeau de Rabbi Chimon Bar Yochaï. Son héritage irrigue l'ensemble de la littérature rabbinique : la Michna, le Talmud Bavli et les Pirké Avot lui consacrent d'innombrables passages. La tradition le place parmi les "Pères du monde" (Avot HaOlam) aux côtés de Chamaï. Rabbi Yehouda HaNassi, descendant direct de Hillel, s'inscrit dans cette lignée en compilant la Michna, perpétuant ainsi la vision de Hillel selon laquelle le Limoud Torah est au cœur de la vie juive.

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