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Thèmes Genizah

Genizah du Caire et pratique du dépôt d’écrits sacrés usagés, liée au respect du nom de D.ieu et de l’écriture hébraïque, au cœur du patrimoine juif.

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Genizah
La Genizah, le tresor cache des ecrits sacres

À savoir

La Genizah du Caire : une découverte majeure pour le patrimoine juif

La Genizah désigne, dans la tradition juive, un lieu de dépôt réservé aux écrits sacrés usagés portant le nom de D.ieu ou rédigés en caractères hébraïques. Par respect pour la sainteté de l'écriture hébraïque, ces documents ne pouvaient être détruits mais devaient être préservés avant d'être éventuellement inhumés. La Genizah la plus célèbre est celle de la synagogue Ben Ezra, à Fousstat (vieille ville du Caire), dont les richesses ont bouleversé la recherche en études juives.

La synagogue Ben Ezra et son histoire

La synagogue Ben Ezra fut construite en 882 EC sur les ruines d'une ancienne église copte. Acquise par des Juifs de Jérusalem, elle servit de lieu de culte à la communauté juive du Caire pendant des siècles. Une salle au dernier étage du bâtiment fut consacrée à la Genizah, où furent déposés au fil des générations non seulement les livres de prières et les ouvrages d'étude détériorés, mais aussi des documents juridiques, des actes de tribunal rabbinique, des lettres commerciales, des listes de noms et des registres communautaires. Le climat sec de l'Égypte contribua à la conservation remarquable de ces documents, datant du IXe au XIXe siècle.

La redécouverte par Schechter et sa portée scientifique

C'est à la fin du XIXe siècle que le chercheur Chneur Zalman Schechter découvrit l'ampleur du trésor conservé dans la Genizah du Caire. Il fit transférer une part considérable des manuscrits à la bibliothèque de l'université de Cambridge, où ils sont toujours conservés. D'autres fragments furent dispersés dans des institutions du monde entier. Ces documents se révélèrent d'une importance capitale pour l'étude de la liturgie juive ancienne, de la poésie synagogale (piyout), de la littérature hébraïque médiévale, ainsi que pour la connaissance des communautés juives d'Égypte et du bassin méditerranéen.

La richesse exceptionnelle des manuscrits

Parmi les découvertes les plus significatives figurent des fragments du Siracide (Ben Sira) en hébreu, des écrits proches des manuscrits de Qoumrân, des lettres de grands décisionnaires comme le Rambam, ainsi que des témoignages uniques sur la vie quotidienne, économique et religieuse des communautés juives du Moyen Âge. La Genizah du Caire a permis de reconstituer des pans entiers de l'histoire du texte biblique, des traditions de la Halakha et de la prière juive.

Les autres Genizot du Caire

Outre la Genizah de la synagogue Ben Ezra, des manuscrits furent également retrouvés dans la Genizah de la synagogue karaïte Dar Simha ainsi que dans l'ancien cimetière de Bassatine. La collection dite de Firkovitch, d'origine principalement karaïte, provient en grande partie de cette synagogue karaïte. Ces découvertes complémentaires enrichissent encore la connaissance du judaïsme médiéval dans sa diversité.

Héritage et numérisation

Aujourd'hui, les fragments de la Genizah du Caire font l'objet de vastes projets de numérisation, notamment le Projet Friedberg Genizah, qui vise à rendre accessibles à tous les chercheurs et amateurs de patrimoine juif ces témoins irremplaçables de l'histoire du peuple juif, de sa Torah et de ses traditions millénaires.