Pourquoi jeûne-t-on ?
Se priver de nourriture pour honorer D.ieu ? Le judaïsme dit autre chose : le jeûne est un moyen, jamais un but. Ce premier chapitre remet le sens à l'endroit.
Le jeûne n'est pas le but
Le prophète Yechayahou (chapitre 58, lu précisément à Kippour) le proclame : à quoi bon courber la tête « comme un jonc » si l'on continue d'opprimer ? « Le jeûne que Je préfère, n'est-ce pas rompre les chaînes de l'injustice, partager ton pain avec l'affamé ? » Et le Rambam tranche (Hilkhot Taaniot 5, 1) : les jeûnes ont été institués « pour réveiller les coeurs et ouvrir les chemins de la techouva ». La faim n'est pas une offrande : c'est une alarme.
Ce que le jeûne accomplit
- Il fait mémoire : les jeûnes historiques marquent les étapes de la destruction du Beth Hamikdash : un peuple qui se souvient de ses blessures reste un peuple.
- Il humilie le corps pour libérer l'âme : une journée sans manger dégonfle l'ego et les automatismes : on se voit tel qu'on est.
- Il ouvre la techouva : jour de bilan, de prière plus dense, de tsedaka accrue (l'usage : donner aux pauvres au moins la valeur des repas non consommés).
Un jour transformé, pas seulement un estomac vide
Jeûner sans rien changer d'autre, dit le Hafets Haim, c'est laisser l'essentiel de côté. Un jour de jeûne réussi comporte : la prière (offices spéciaux, Selihot, lecture de la Torah), l'étude (les textes du jour), la tsedaka, et une vraie introspection : qu'est-ce que je répare, concrètement, à partir de demain ?
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Chapitre suivant : Yom Kippour, le jeûne majeur

