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Thèmes Bassar Be'halav

Bassar Be'halav, interdit de mélanger viande et lait issu d’un verset répété dans la Torah, avec trois interdits distincts déduits par les Sages.

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Bassar Be'halav
Bassar Be'halav : ne pas melanger viande et lait

À savoir

Bassar Be'halav : l'interdiction de mélanger viande et lait

Bassar Be'halav désigne l'un des piliers de la Cacherout : l'interdiction de mélanger la viande et le lait. Cette loi de la Torah est fondée sur un verset répété trois fois dans le Tanakh : « Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère » (Chémot 23:19, 34:26 et Dévarim 14:21). Les Sages en ont déduit trois interdits distincts : cuire ensemble viande et lait, en manger, et en tirer profit.

Sources halakhiques et structure de l'interdit

Le traité talmudique Houllin (chapitre 8) développe en détail les règles de cet interdit. Le Choulhan Aroukh (Yoré Déa, simanim 87-97) codifie l'ensemble des lois pratiques. Le Rambam les traite dans le Michné Torah, Hilkhot Maakalot Assourot, chapitre 9. L'interdit d'origine biblique ne concerne que la viande d'animaux domestiques ; les Sages ont étendu par décret rabbinique la volaille et la viande de gibier (bêtes sauvages).

Parve : la troisième catégorie

Tout aliment qui n'est ni carné ni lacté est qualifié de parve : poisson, œufs, légumes, fruits. Un aliment parve peut être consommé avec la viande ou avec le lait, sous réserve de certaines conditions définies par la Halakha. La vérification minutieuse des insectes (Bedikat Tolaïm) concerne également les légumes servis avec une préparation carnée ou laitière.

Séparation des ustensiles et temps d'attente

La pratique exige deux ensembles complets d'ustensiles, de vaisselle et de plans de travail : l'un pour le carné, l'autre pour le lacté. Après avoir consommé de la viande, on attend un délai (généralement six heures selon la tradition ashkénaze, une heure ou moins selon certains courants de la cuisine séfarade, notamment la tradition tunisienne et marocaine). Après un repas lacté, la Halakha est généralement plus souple, selon les autorités.

Traditions culinaires et Bassar Be'halav

Les grandes cuisines juives ont développé des plats emblématiques respectant rigoureusement cet interdit. La cuisine ashkénaze propose des ragoûts de viande en semaine et pour Recette Chabbat (cholent, tzimmes) entièrement carnés, séparés de toute crème ou beurre. La cuisine yéménite, la cuisine marocaine et la cuisine tunisienne font de même avec leurs tajines et leurs plats mijotés, sans jamais mêler viande et laitage.

Une loi unique dans la Torah

Le traité Menahot et la littérature des 'Hazal soulignent que Bassar Be'halav est une 'houkat haTorah, une loi dont la raison profonde dépasse la compréhension humaine immédiate. Contrairement à la plupart des interdits, ses deux composantes (viande et lait) sont chacune permises séparément : seul leur mélange est interdit. Cette singularité en fait un symbole central de la Cacherout et de l'identité juive orthodoxe.

Lois de Bassar Be'halav : questions-réponses pratiques

Lait d’amande

Il est permis de cuire du poisson ou des sauterelles dans du lait, car il n’y a pas d’interdit de cuisson de viande et lait dans ce cas, puisque les poissons et les sauterelles ne sont pas considérés comme de la viande. Concernant la consommation de poisson avec du lait, voir plus loin.

(Yalkout Yossef, Lois de viande et lait, Chapitre 87 - Lait d’amande, Halakha 62)
Statut du khelev

Une marmite de viande qui n'est pas "ben yoma" (c'est-à-dire qui n'a pas servi pour de la viande dans les dernières vingt-quatre heures), dans laquelle on a cuit de l'eau ou des légumes, et dans laquelle on a introduit une cuillère lactée "ben yoma", bien qu'a priori il faille cachériser la marmite, néanmoins, la veille de Chabbat ou en cas de nécessité, il est permis de cuisiner dans cette marmite. Et si le plat reste pour les jours de semaine, il est certainement permis après que cela a été autorisé.

(Yalkout Yossef, Lois de viande et lait, Chapitre 90 - Statut du khelev, Halakha 16)
Lois de la viande et du lait – règles de cuisson de la viande dans le lait

Concernant une bougie faite de graisse dans laquelle il y a aussi du beurre, certains autorisent à allumer cette bougie sans craindre l'interdiction de cuire de la viande avec du lait, tandis que d'autres interdisent. En pratique, dès lors qu'il existe un autre argument à ajouter à cette opinion permissive, comme dans le cas d'une bougie de graisse et de beurre déjà bien cuits ensemble et ayant pris goût l'un de l'autre, il est permis d'allumer la bougie, car il se peut que la friture ne soit pas considérée comme une cuisson pour la viande et le lait, et il se peut aussi qu'il n'y ait pas de cuisson après cuisson dans ce cas. De même, s'il y a un doute sur la présence ou non d'un mélange de graisse et de beurre dans la bougie, il est permis d'allumer la bougie. Il est aussi permis d'allumer une cigarette à partir d'une bougie de graisse, mais il est préférable de ne pas l'allumer à partir de la mèche, mais plutôt à partir de la flamme.

(Yalkout Yossef, Lois de viande et lait, Chapitre 87 - Lois de la viande et du lait – règles de cuisson de la viande dans le lait, Halakha 28)
Utilisation d’un ustensile ayant servi à tremper la viande

Une viande qui a été salée puis placée au congélateur avant d’avoir reposé le temps requis pour la salaison, et qui a ensuite été cuite immédiatement après décongélation, est considérée comme n’ayant pas reposé le temps requis et est interdite, sauf s’il y a soixante fois le volume de la pièce concernée dans la marmite.

(Yalkout Yossef, Lois du sang, Chapitre 69 - Utilisation d’un ustensile ayant servi à tremper la viande, Halakha 32)
Consommation de viande après le fromage

Celui qui a mangé des aliments lactés et souhaite ensuite consommer de la viande peut, selon la halakha stricte, manger de la viande immédiatement après le fromage, même s'il s'agit de fromage dur et affiné, comme le fromage jaune, salé, en triangle ou de Tsfat. Il faut d'abord nettoyer sa bouche avec du pain, des fruits ou un aliment similaire, en les mâchant bien et en les avalant, puis rincer sa bouche avec de l'eau ou une autre boisson, et vérifier ses mains pour s'assurer qu'il n'y reste aucun résidu de fromage. Ensuite, il pourra manger de la viande. Si c'est la nuit et qu'il ne peut pas bien vérifier ses mains, il devra se laver les mains ou bien les nettoyer. Pour ce qui est de la consommation de beurre, dont la matière grasse colle aux gencives et aux dents, il faut également nettoyer la bouche avec du pain ou des fruits. Celui qui mange de la volaille après du fromage n'a pas besoin de nettoyer ni de rincer sa bouche.

(Yalkout Yossef, Lois de viande et lait, Chapitre 89 - Consommation de viande après le fromage, Halakha 46)
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