
Certains décisionnaires on en déduit qu'il suffirait de passer d'un repas à l'autre, donc de débarrasser la table et de faire le Birkate Hamazone (ou éventuellement, si l'on a pas mangé de pain, la bénédiction finale qu'il convient), pour pouvoir consommer un plat lacté sans aucun délai (1).
Tel est l'avis du Rama (2), décisionnaire généralement suivi par les Achkénazim, qui témoigne que l'on avait l'habitude de n'attendre qu'une heure dans les pays d'Europe centrale.
C'est pourquoi certaines communautés des Pays Bas attendent seulement une heure entre la consommation de viande et de lait. D'autres, en Allemagne et même en Afrique du Nord avaient pris l'habitude d'attendre trois heures.
Toutefois, le Rama lui même s'empresse de préciser que les personnes pointilleuses attendent 6 heures après la viande et que c'est ainsi qu'il convient de faire.
De son coté, le Choul'hane 'Aroukh (3), s'appuyant sur de nombreux décisionnaires médiévaux (4), stipule clairement que l'on a l'obligation d'attendre 6 heures avant de consommer du lait après la viande.
Ces décisionnaires se basent sur un fait relaté dans la Guémara (5) selon lequel on a l'obligation d'attendre, entre la viande et le lait, le temps qui sépare les deux repas principaux quotidiens, soit 6 heures en règle générale.
Ainsi, de nos jours chacun a l'obligation d'attendre 6 heures après la viande pour pouvoir consommé un plat lacté car ainsi a tranché le Choul'hane 'Aroukh et telle est la voie suivie et acceptée par la quasi totalité du peuple d'Israël aujourd'hui.
Ceci dit, il faut préciser que l'interdiction de prendre un produit lacté après la viande dans un intervalle de six heures, est un interdit d'ordre rabbinique.
La Tora n'interdit de consommer le mélange viande et lait que lorsque les deux éléments ont été cuits ensemble (6).
D'autre part, le Choul'hane 'Aroukh (7) a tranché qu'il était interdit de donner soi même à un enfant (Moins de 12 ans pour une fille et moins de 13 ans pour un garçon) un aliment interdit par la Tora ou même d'ordre rabbinique. Et donc, dans le cas qui nous occupe de donner du lait après la viande dans un intervalle de six heures.
Toutefois un certain nombre de considérations vont nous permettre de réduire sensiblement le temps d'attente pour un enfant.
1) Bien que le Choul'hane 'Aroukh ait tranché pour six heures d'intervalle, cette décision n'est pas explicite dans la Guémara et fait l'objet d'une divergence de vue chez les "Richonim" (Premiers décisionnaires). Divergence de vue qui a entrainé des "Minhaguim" (usages) très différents dans le peuple d'Israël.
2) l'interdiction de donner à un enfant un aliment prohibé par décision rabbinique est elle même sujet à discussion puisque certains "Richonim" (8) le permettent.
3) A maintes reprises, on trouve dans la halakha que l'enfant est gratifié du même statut que le malade qui n'est pas en danger, et bénéficie des mêmes permissions. En voici quelques exemples :
- On permet le Chabbat, de faire allumer une lumière pour un enfant, par l'intermédiaire d'un non juif (9).
- On permet le Chabbat, de faire allumer un chauffage par un non juif pour les besoins d'un enfant même si le froid n'est pas glacial (10).
- Le Rama (11) permet également de demander à un non juif de préparer (faire cuire) un plat pour un enfant car son état est comparable à celui d'un malade (qui n'est pas en danger de mort).
Or, de nombreux décisionnaires ont permit à un malade de n'attendre qu'une heure entre la viande et le lait (à condition de débarrasser la table qui a servi au repas carné et de faire la bénédiction finale sur la nourriture).(12).
Il est reconnu que l'on peut être également tolérant pour des enfants dont la santé physique est au moins aussi fragile que celle d'un adulte légèrement malade.
Il est donc permis de donner à un enfant, du lait après la viande, après seulement une heure d'attente (13)
Certain permettent même exceptionnellement, de donner le lait immédiatement pour des très jeunes enfants si le besoin s'en fait sentir, à condition qu'il ne reste pas de viande dans la bouche.
Bien entendu, dés que l'enfant sera en mesure de comprendre le principe de séparation du lait et de la viande on l'éduquera et l'habituera à attendre de plus en plus entre les deux jusqu' à atteindre les six heures réglementaires.
2) Ora'h 'Haïm chap. 89 par.1
3) Ora'h 'Haïm chap. 89 par.1
4) Rif, le Rambam, Rachi, le Rachba, le Ritba et le Rane
5) 'Houline 105a
6) Choul'hane 'Aroukh Yoré Dé'a chap. 87 par.1
7) Ora'h 'Haïm chap.343 par.1
8) Rachba et Rane, en autre
9) Rama Ora'h 'Haïm chap.276
10) Choul'hane 'Aroukh Ora'h 'Haïm chap.276 par.5
11) Ora'h 'Haïm chap.328 par.17
12) Ben Ich 'Haï 2ième année, Parachate Chélakh Lékha par.11; 'Hokhmate Adam Klall 40 fin de l'alinéa 13; Ziv'hé Tsédèk chap.89 alinéa 11; Maharcha Chabbate 24a; 'Aroukh Hachoul'hane par.7; 'Hatam Sofèr Partie Yoré Dé'a chap.32
13) Choute Yabia Omèr Tome 1 Partie Yoré Dé'a chap.4 et Tome 3 chap.3
14) Yalkoute Yossef Issour Véétèr Tome 3 page 393
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