Le deuil : chiva, chelochim, l'année
La sagesse du deuil juif : des cercles de moins en moins serrés, qui portent l'endeuillé de l'effondrement au retour à la vie. Chiva, trente jours, onze mois : le chemin balisé, et l'art de consoler.
Une psychologie millénaire
Pour sept proches (père, mère, conjoint, fils, fille, frère, soeur), la halakha organise le deuil en cercles décroissants : une intensité maximale brève, puis un relâchement par paliers : exactement ce que la psychologie moderne redécouvre : ni déni (le deuil est OBLIGATOIRE : on ne « tient » pas le jour de l'enterrement d'un père), ni enlisement (le deuil a un TERME : s'y attarder au-delà est réprouvé, Moed Katan 27b).
La chiva : les sept jours
De l'enterrement au septième jour, les endeuillés (avelim) restent à la maison, assis sur des sièges bas : le monde s'arrête :
- On ne travaille pas, on ne sort pas ; on ne se coupe pas les cheveux, on ne se rase pas ; cuir, bains de confort, vêtements frais : suspendus ; les miroirs restent couverts ; la bougie de l'âme brûle toute la semaine.
- Le premier repas (séoudat havraa) est APPORTÉ par les proches (oeufs durs, pain, lentilles : les aliments ronds du cycle de la vie) : l'endeuillé ne se nourrit pas de ses propres ressources ce jour-là : tout un symbole.
- Les offices ont lieu À la maison de deuil (minyan quotidien : organisez-le, c'est le grand service à rendre) : l'endeuillé y dit le Kaddich.
- Chabbat interrompt les marques publiques (on sort à la synagogue) sans compter hors de la chiva ; les fêtes, elles, ÉCOURTENT la chiva : lois précises, le rav guide.
Les chelochim et l'année
- Jusqu'au 30e jour (chelochim) : retour au travail mais deuil allégé maintenu : pas de coupe de cheveux ni rasage (usages), pas de fêtes ni musique, vêtement de la keria selon l'usage. Au 30e jour : cérémonie du souvenir (azkara), souvent avec pose ou dévoilement de la matseva (la stèle : usages variables : en Israël au 30e, en diaspora souvent vers la fin de l'année).
- Pour un parent : douze mois : le deuil se prolonge (fêtes et musique évités) et le fils récite le Kaddich onze mois : pourquoi onze ? Le jugement maximal durant douze mois, s'arrêter à onze proclame que nos parents n'en avaient pas besoin d'autant : la délicatesse jusque dans le calendrier.
Pour enrichir ce chapitre
Vidéos, chiourim et réponses de Rabbanim d'UniversTorah qui prolongent cette leçon.
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