La fin de vie et la levaya
Accompagner un mourant, les gestes des premières heures, la hevra kaddicha, l'enterrement juif : le chapitre que l'on découvre trop souvent dans l'urgence. À lire avant, pour agir juste le moment venu.
Accompagner la fin de vie
La présence auprès d'un mourant est une mitsva immense : on ne laisse pas partir seul. Les usages : réciter avec lui (ou pour lui) le vidouy (la confession du grand passage : les textes sont dans le siddour : un rav peut venir la dire : elle n'accélère RIEN, elle apaise : « beaucoup ont dit le vidouy et vécu longtemps », rassure la formule traditionnelle), les Tehilim, et au moment ultime : le Chema Israël : quitter ce monde sur la proclamation de l'Unité, comme des générations de Juifs. Rester, tenir la main, dire les mots essentiels : la halakha rejoint ici le plus profond de l'humain.
Les premières heures : que faire
- Appeler la hevra kaddicha (la « confrérie sainte » : l'organisation communautaire des derniers devoirs) : AVANT toute autre démarche : elle guide tout : c'est LE réflexe à connaître (gardez le numéro de celle de votre ville : maintenant).
- Les usages immédiats : couvrir le défunt, allumer une bougie près de lui, ne pas le laisser seul (la garde, chemira, avec Tehilim), couvrir les miroirs de la maison selon l'usage.
- Prévenir le rav : il accompagne les décisions et la famille.
- La halakha demande un enterrement rapide (idéalement le jour même ou le lendemain : « tu l'enterreras le jour même », Devarim 21, 23) : les démarches s'enchaînent donc vite : la hevra kaddicha et les pompes funèbres juives savent faire : laissez-vous porter.
La tahara et l'enterrement
- La tahara : la hevra kaddicha lave et purifie le corps avec des égards infinis, le revêt des takhrikhim (linceuls blancs, identiques pour riches et pauvres : la mort juive est égalitaire) et du talit pour un homme. Pas de soins de conservation ni d'exposition : le respect juif du corps est la discrétion.
- La levaya (« l'accompagnement ») : accompagner un défunt est une mitsva de vérité (hessed chel emet : envers qui ne rendra jamais) : éloge funèbre (hesped) mesuré et vrai, le Tsidouk Hadin (l'acceptation du jugement), la mise en terre à laquelle les proches participent (chaque pelletée est un honneur), le Kaddich, et la double haie de consolation à la sortie des endeuillés.
- La keria : les proches directs déchirent leur vêtement : la déchirure visible d'une déchirure invisible.
- L'inhumation en terre est un impératif absolu de la halakha : la crémation est formellement contraire à la Torah (le corps, qui a porté une âme et des mitsvot, retourne à la terre entier : « poussière tu es, à la poussière tu retourneras »). Prévoyez, si besoin, d'en parler sereinement en famille AVANT.
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