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Guides Emouna et bitahon : la foi et la confiance
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La providence : rien n'est hasard

D.ieu a-t-il créé le monde puis l'a-t-il laissé tourner ? La foi juive répond : Il conduit chaque détail, à chaque instant. La hachgaha pratit, la providence particulière, change tout le regard sur la vie.

La hachgaha pratit

Le judaïsme n'est pas déiste (un D.ieu horloger qui aurait remonté le mécanisme et serait parti) : il affirme la providence particulière : « Ses yeux sont sur les voies de l'homme » (Iyov 34, 21). Le Baal Chem Tov l'a poussée jusqu'au détail : une feuille ne tombe pas sans décret. Rien de ce qui VOUS arrive n'est un accident administratif de l'univers : rencontres, retards, réussites, épreuves : tout passe par une main qui vous connaît par votre nom.

« Gam zou letova » : l'école du regard

Le Talmud (Taanit 21a) raconte Nahoum Ich Gam Zou, qui accueillait chaque événement par « gam zou letova » : « cela aussi est pour le bien » : et l'histoire lui donnait raison, parfois des années plus tard. Son élève Rabbi Akiva en tira l'enseignement resté proverbial (Berakhot 60b) : « Tout ce que fait le Miséricordieux, Il le fait pour le bien » : y compris, dans le récit fameux, la bougie éteinte, l'âne et le coq perdus... qui lui sauvèrent la vie. Le croyant ne comprend pas toujours : il fait CRÉDIT, comme on fait crédit à un chirurgien dont on ne comprend pas chaque geste.

Le libre arbitre reste entier « Tout est prevu, et la liberte est donnee » (Pirke Avot 3, 15) : la providence conduit les CIRCONSTANCES ; le choix moral reste a l'homme (« tout est entre les mains du Ciel, sauf la crainte du Ciel », Berakhot 33b). Ce que la vie m'envoie vient d'en Haut ; ce que j'en fais vient de moi. Les deux verites tiennent ensemble : c'est le paradoxe assume au coeur du judaisme.

Lire sa propre vie

La providence s'apprend d'abord... rétrospectivement : chacun porte des « coïncidences » qui ont orienté sa vie : la rencontre improbable, l'échec qui a ouvert la vraie porte, le retard providentiel. Les Hovot Halevavot recommandent d'y repenser régulièrement : tenir la mémoire de SES délivrances (comme la Haggada le fait pour le peuple) muscle la emouna bien plus que les raisonnements abstraits. D.ieu écrit dans votre biographie : apprenez à vous relire.

Sans naivete « Tout est pour le bien » ne signifie pas « tout est agreable » ni « restons passifs » : la Torah ordonne de se proteger, de se soigner, d'agir (voir chapitre suivant, la hichtadlout). Et certains « pourquoi » restent sans reponse ici-bas (chapitre 4). La providence n'est pas une formule magique qui dissout le reel : c'est une confiance qui le traverse.
L'exercice des delivrances Ecrivez la liste de VOS « sorties d'Egypte » : cinq moments ou, avec le recul, une main a visiblement conduit votre vie. Gardez la liste dans votre siddour et relisez-la dans les moments de doute : c'est votre Haggada personnelle.

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