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Guides Emouna et bitahon : la foi et la confiance
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Les questions difficiles

La souffrance des innocents, la Shoah, les prières non exaucées : la emouna adulte ne contourne pas ces montagnes. Ce que la tradition répond, ce qu'elle assume de ne pas répondre, et comment rester debout.

La question la plus ancienne

« Pourquoi le juste souffre-t-il ? » n'est pas une découverte moderne : c'est la question de Moché lui-même (Berakhot 7a), le sujet du livre d'Iyov tout entier, le cri des Tehilim et de Yirmiyahou (« Pourquoi la voie des méchants prospère-t-elle ? », 12, 1). La Torah a INTÉGRÉ la question dans le canon : le judaïsme n'a jamais exigé de faire semblant. Poser la question douloureusement n'est pas un manque de foi : Iyov, qui proteste, est déclaré plus juste que ses amis qui « défendaient » D.ieu avec des formules.

Les éléments de réponse de la tradition

  • La perspective tronquée : nous voyons un fragment (une vie, ici-bas) d'une trame qui inclut le monde futur, les réparations d'âmes et des enchaînements que nul ne voit. Juger le tableau sur un pixel...
  • Le prix de la liberté : un monde où le mal serait impossible serait un monde sans choix, donc sans mérite ni amour véritables : la liberté humaine implique qu'on puisse en abuser : et l'histoire humaine, pas D.ieu, a produit ses bourreaux.
  • Les souffrances qui élèvent (yissourim chel ahava) : certaines épreuves affinent, réorientent, expient : beaucoup en témoignent APRÈS. On ne l'impose jamais à autrui comme explication.
  • Et l'aveu d'inconnaissance : à Moché demandant à comprendre, D.ieu répond : « Tu ne peux voir Ma face » (Chemot 33). Le Rambam range la question parmi celles dont la réponse complète dépasse ce monde. L'humilité fait partie de la réponse.
Au chevet de qui souffre : se taire et aimer La halakha du reconfort est formelle : face a la douleur d'autrui, PAS de theologie (« c'est pour ton bien », « tout est calcule » : interdits par la loi de l'onaat devarim, comme les amis d'Iyov). On est present, on ecoute, on aide, on pleure avec. Les reponses de ce chapitre sont pour SA PROPRE reflexion, jamais des sparadraps a coller sur la plaie des autres.

La Shoah et la foi

Devant la Shoah, les maîtres d'Israël ont eu des mots prudents et des silences éloquents : aucune « explication » ne sera jamais à la mesure. Ce que la foi juive constate : le peuple du Livre a répondu par la vie : des survivants ont rebâti des familles, des yechivot, un pays ; la promesse « le peuple éternel ne craint pas le long chemin » s'est vérifiée une fois de plus. Beaucoup de survivants ont gardé la foi ; certains l'ont perdue ; la tradition porte les deux avec respect : et continue de dire Kaddich, c'est-à-dire de sanctifier le Nom au coeur même de la nuit.

Quand VOTRE priere semble refusee Trois verites a tenir ensemble : aucune priere n'est perdue (elle agit ou l'on ne voit pas, dit le Zohar) ; « non » et « pas encore » sont aussi des reponses d'un Pere ; et la priere transforme d'abord le priant. Continuez de frapper : l'histoire de Hanna (des annees de larmes avant Chmouel) est dans le siddour pour ca.

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