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Thèmes Demaï

Traité Demaï et statut des récoltes reçues d’un am ha-aretz, quand on ignore si les dîmes ont été prélevées. Contexte halakhique, notions et cas traités.

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Demaï
Demai : les produits au prelevement douteux.

À savoir

Qu'est-ce que le traité Demaï ?

Le traité Demaï est le troisième traité de l'ordre Zera'im, le premier des six ordres de la Michna. Son nom, issu de l'araméen, signifie littéralement « de quoi s'agit-il ? » (da = ceci, mai = quoi), désignant des produits agricoles reçus d'un 'am ha-aretz (homme du peuple) dont on ignore s'il a prélevé les dîmes requises.

Contexte halakhique : tevel, tremouh et ma'asser

En halakha, toute récolte dont les prélèvements obligatoires n'ont pas été effectués est appelée tevel et est interdite à la consommation. Une fois les teroumot (offrandes) et ma'assrot (dîmes) prélevées, la récolte devient moutak'kenet, c'est-à-dire en ordre. Le Demaï représente un statut intermédiaire : on ignore si la récolte est tevel ou moutak'kenet, et la Halakha aménage une solution de compromis.

L'institution de Yo'hanan Cohen Gadol

Le traité rappelle que le statut de Demaï fut institué par Yo'hanan Cohen Gadol (Grand Prêtre) afin de réguler les échanges commerciaux entre les érudits ('havérim), qui respectaient scrupuleusement les lois de pureté et de dîmes, et les gens du peuple ('am ha-aretz), qui n'y étaient pas aussi rigoureux. Le Talmud Yérouchalmi et la Tossefta en traitent abondamment, contrairement au Talmud Bavli qui ne lui a pas consacré de guémara, ces mitsvot étant propres à la Terre d'Israël.

Contenu et structure du traité

Le traité s'ouvre sur les cas d'allègement (hakkalin chéba-Demaï) et détaille progressivement les situations complexes : la fiabilité des commerçants, les dépôts de récolte chez un non-fiable, les partenariats commerciaux avec un 'am ha-aretz, et les conditions pour acquérir le statut de 'haver ou de ne'eman (fiable en matière de dîmes mais pas nécessairement en pureté rituelle). La tendance générale des Sages est à la clémence dans les cas de Demaï.

Un terme économique précoce : le monopole

Le traité Demaï contient l'une des premières mentions du concept de monopole dans la littérature rabbinique. Rabbi Yehouda y évoque le cas de celui qui achète auprès d'un manpol (détenteur exclusif d'une marchandise), obligeant à prélever la dîme sur chaque unité séparément. Le commentateur Rav Ovadia de Bartenura précise que le manpol est celui qui achète en gros auprès de nombreux fournisseurs pour revendre à autrui.

Place dans l'ordre Zera'im selon le Rambam

Dans son introduction à la Michna, le Rambam explique que Demaï est placé après le traité Péa en raison du droit reconnu aux pauvres d'utiliser les produits en statut de Demaï, comme le précise la règle : « On peut nourrir les pauvres avec le Demaï. » Cette position reflète la dimension sociale inhérente aux lois agricoles de la Torah, qui lient prélèvements rituels et solidarité envers les démunis.

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