Thèmes Yahrzeit

À savoir
Qu'est-ce que le Yahrzeit ?
Le Yahrzeit (de l'yiddish : yar, année, et tsayt, temps) désigne l'anniversaire du décès d'un proche, commémoré chaque année selon la date du calendrier hébreu. Cette pratique, profondément ancrée dans la tradition juive, concerne d'abord les enfants du défunt, mais s'étend à l'ensemble de la famille et des proches qui souhaitent honorer sa mémoire. Les Séfarades désignent parfois ce jour par d'autres termes selon les communautés, mais le mot yiddish s'est imposé dans la quasi-totalité des pays de la diaspora.
Le Kaddich et les prières du Yahrzeit
Le rite le plus connu du Yahrzeit est la récitation du Kaddich par les fils du défunt lors des offices du matin, de l'après-midi et du soir. Cette prière, qui sanctifie le Nom de D.ieu sans évoquer explicitement la mort, est considérée comme un puissant mérite pour l'élévation de la Néchama - l'âme du défunt. Dans les communautés ashkénazes, on récite également la prière El Malé Ra'hamim ; dans les communautés séfarades, la Hachkava. Le titulaire du Yahrzeit est aussi appelé à la Torah lors de la lecture hebdomadaire la plus proche.
La bougie et le jeûne
L'usage veut que l'on allume une bougie commémorative qui brûle pendant vingt-quatre heures, symbole de la lumière de l'âme. Certaines autorités halakhiques encouragent également un jeûne partiel ou complet en ce jour, afin d'intensifier le recueillement et de contribuer à l'élévation de la Néchama. Cet usage du jeûne tend à s'estomper dans de nombreuses communautés contemporaines, bien que des poskim l'encouragent toujours.
Lien avec le Deuil et la Chiva
Le Yahrzeit s'inscrit dans le cadre plus large du Deuil juif, défini par la Halakha. Après la Chiva (les sept premiers jours) et le Chélochain (trente jours), la première année s'achève au bout de douze mois, marquant le premier Yahrzeit. C'est à partir de cette date que les enfants du défunt sont autorisés à reprendre leur participation aux célébrations joyeuses telles que les mariages. Le Yahrzeit annuel perpétue ensuite ce souvenir tout au long de la vie.
Yizkor et commémoration collective
Le Yizkor, prière collective de mémoire des défunts, est récité quatre fois par an dans la synagogue (Yom Kippour, Chemini Atseret, dernier jour de Pessa'h, deuxième jour de Chavouot). Bien que distinct du Yahrzeit individuel, il s'inscrit dans la même démarche spirituelle : maintenir un lien vivant avec les âmes des proches disparus et intercéder pour leur élévation devant le Ciel.
Pratiques communautaires et étude de Torah
Il est courant d'organiser un siyoum (achèvement d'un traité talmudique) à l'occasion du Yahrzeit, souvent suivi d'un repas de Mitsva en l'honneur du défunt. On s'efforce de multiplier l'étude de la Torah, notamment des chapitres de Michna dont les lettres initiales composent le nom du défunt. Ces actes d'étude et de prière sont accomplis li'illouy néchamat - pour l'élévation de l'âme - selon la tradition juive orthodoxe transmise de génération en génération.
Lois de Yahrzeit : questions-réponses pratiques
D’après la halakha stricte, il est permis de participer à une fête de mariage ou à un repas de cheva berakhot la nuit du jour de la disparition, car ce n’est pas comme les douze premiers mois de deuil. Les Ashkénazes sont plus stricts à ce sujet, et s’abstiennent aussi d’écouter des instruments de musique chaque année au jour de la disparition, appliquant toutes les lois de deuil des douze mois. Il est bon que les Séfarades soient également stricts, dans la mesure du possible, et s’abstiennent de participer à une fête de mariage la nuit du yahrzeit. Toutefois, si le marié et la mariée seraient peinés par l’absence d’un proche parent, ou de leur père, parce que la date du mariage coïncide avec le jour de la disparition de son père ou de sa mère, il est permis d’y assister la nuit du yahrzeit. Il est aussi permis de participer à un repas de mila ou de pidyon haben le jour de l’anniversaire du décès.
Celui dont le père est décédé en Tevet lors d’une année embolismique, certains disent que la première année il doit jeûner à la fin des douze mois, même si ce n’est pas la date exacte du décès. D’autres estiment qu’il faut jeûner en Tevet, car la rigueur du jugement s’applique précisément à la date du décès. La coutume est d’organiser l’étude, les dons, la haftara et le jeûne à la fin des douze mois, car cela est plus bénéfique pour la réparation nécessaire au défunt ce jour-là, plus que le jour anniversaire dans les autres années, et c’est une bonne chose. S’il peut se montrer rigoureux et jeûner aussi le jour du yahrzeit (dans le treizième mois), il sera béni. Il en va de même pour la récitation du kaddich : s’il souhaite être rigoureux et le dire aussi le jour du décès, comme notre coutume à partir du vendredi soir de la semaine où tombe le jour du décès, il sera béni.
On dit communément que celui qui n'a pas visité les tombes de ses ancêtres pendant dix ans, alors qu'il y était déjà allé une fois et a cessé d'y aller pendant dix ans, ne devrait plus y retourner. Ce n'est pas une parole vaine. Lorsque cela est possible, il enverra d'abord un messager sur la tombe de ses ancêtres pour les informer de son intention de venir se recueillir sur leur tombe, puis il ira lui-même, et même s'il a été empêché d'y aller pour une raison valable, il doit faire ainsi. Il est bon de faire un vœu de tsedaka à ce moment-là pour l'élévation de leur âme. Si l'on n'a jamais été sur les tombes de ses ancêtres, il est possible qu'il n'y ait pas de rigueur à ce sujet.
Il convient de privilégier la montée à la Torah de maftir le jour du décès d'un père ou d'une mère, car elle procure davantage de satisfaction à l'âme du défunt que la montée de machlim. Toutefois, il ne faut pas provoquer de disputes à ce sujet ; si une autre personne insiste aussi pour monter à maftir, il vaut mieux lui céder et monter à machlim, car il faut s'éloigner au maximum de la discorde.
Si l’on trouve une personne décédée la nuit à son domicile, et que selon les médecins elle est décédée quelques heures auparavant, mais qu’il y a un doute si elle est morte de jour ou de nuit, par précaution, il faut fixer le jour de l’anniversaire du décès au jour précédent, et non à la nuit suivante.
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