Thèmes Lois de Yahrzeit : questions-réponses pratiques

Lois du Kaddich et de l’Azkara
Réponse
La coutume de réciter le Kaddich pour l'élévation de l'âme des parents décédés repose sur des fondements solides dans les enseignements de nos Sages, et elle apporte un grand bénéfice à l'âme du défunt, même s'il s'agissait d'un tsadik accompli, en l'élevant de degré en degré dans le Gan Eden. C'est pourquoi il faut également réciter le Kaddich les Chabbats et les jours de fête. À plus forte raison, le Kaddich récité après l'étude de la Torah ou après un discours apporte une grande satisfaction à l'âme du défunt. La récitation du Kaddich fait partie de l'obligation d'honorer son père et sa mère après leur décès, et cela s'applique aussi chaque année lors du jour anniversaire du décès. Cela fait partie du respect dû aux parents, comme il est dit : il faut les honorer de leur vivant et après leur mort. Honorer ses parents après leur décès consiste à élever leur honneur, par exemple en les appelant "Aba Mari", et à leur procurer de la satisfaction après leur mort, par la récitation du Kaddich, l'allumage d'une bougie de souvenir, l'organisation d'une azkara le jour de l'anniversaire, la montée à la Torah ce jour-là, et autres pratiques similaires.
Réponse
Bien qu'il ait été expliqué que la récitation du Kaddich est d'une grande valeur, il faut veiller à ne pas multiplier les Kaddichim de manière excessive. Par exemple, si l'on a étudié avant la prière d'Arvit et qu'après l'étude on a récité le Kaddich al Israël, puis que l'on commence immédiatement la prière d'Arvit, il n'est pas nécessaire de dire à nouveau un demi-Kaddich. On dira plutôt "Vehou Ra'ham" puis "Bar'khou". Il en va de même dans des cas similaires.
Réponse
Celui qui s'abstient de réciter le Kaddich pendant les douze mois suivant le décès de son père ou de sa mère, selon la coutume du lieu, est considéré comme manquant de respect envers eux, et il ne faut pas agir ainsi, même si l'on s'abstient de ne réciter qu'un seul Kaddich. Il n'existe pas de plus grand honneur pour un père ou une mère décédés que la récitation du Kaddich. Il est également bon de donner de la tsedaka chaque jour durant les douze mois et de prier pour l'âme de son père ou de sa mère.
Réponse
Même si le fils n'a pas été éduqué à la Torah et aux mitsvot dans ce monde par son père, le simple fait que son père l'ait amené dans ce monde, et que le fils ait eu le mérite d'étudier la Torah et de réciter le Kaddich, peut protéger le père contre les malheurs.
Réponse
Celui dont le père ou la mère est décédé récite le Kaddich pendant les douze mois. Cependant, durant la première semaine du douzième mois, il s'abstient de réciter le Kaddich pendant environ une semaine, puis il reprend la récitation du Kaddich jusqu'à la fin du jour anniversaire du décès. Toutefois, le Kaddich récité après l'étude, comme après un cours régulier, peut continuer à être dit même durant la première semaine du douzième mois. Après douze mois, on est dispensé de réciter le Kaddich, même si l'année est embolismique. Si l'on souhaite, on peut continuer à réciter le Kaddich après cette période, principalement celui qui suit l'étude.
Réponse
Même lors d'une année embolismique, on a l'habitude, comme mentionné précédemment, d'interrompre la récitation du kaddich durant la première semaine du douzième mois. On suit le compte des mois, car chaque fois qu'il est écrit "mois", cela désigne précisément les mois.
Réponse
Celui dont un proche est décédé pendant le mois de Adar Alef d'une année embolismique doit réciter le Kaddich pendant onze mois consécutifs jusqu'à Tevet. Durant la première semaine du douzième mois, il interrompt la récitation du Kaddich, puis il la reprend jusqu'à la fin du douzième mois. En effet, la première année, on se base sur les mois et non sur la date du décès. Il est d'usage d'organiser une azkara à l'issue des onze mois après le décès, ainsi qu'à la fin des douze mois. Il n'est pas nécessaire de refaire une azkara à la fin du treizième mois, qui correspond à la date du décès, car durant la première année, c'est la notion de mois qui prévaut, et non celle du jour du décès. Celui qui est rigoureux et organise un repas accompagné de paroles de Torah également le jour anniversaire du décès, sera béni. Toutefois, l'essentiel de la azkara est au douzième mois, et non au onzième, mais il est d'usage d'en faire aussi au onzième mois.
Réponse
Celui qui subit un nouveau deuil au cours des douze mois suivant un précédent deuil ne doit pas interrompre sa fonction de chaliah tsibour ni la récitation du kaddich à la fin du onzième mois du premier défunt, même pour un seul jour, tant qu'il se trouve dans les onze mois du second deuil.
Réponse
Si le jour de l'anniversaire du décès du père ou de la mère tombe en milieu de semaine, la coutume est de commencer à réciter le kaddich à partir de l'office d'Arvit du vendredi soir, c'est-à-dire le kaddich qui suit "Bame Madlikin", et de continuer jusqu'au jour du décès inclus. Cette coutume est correcte et bien fondée. Aujourd'hui, cette pratique s'est largement répandue dans la communauté et il ne faut pas y déroger, car s'abstenir de réciter le kaddich comme le veut la coutume est considéré comme un manque de respect envers ses parents. Si l'anniversaire du décès tombe un Chabbat, on commence à réciter le kaddich dès l'Arvit du Chabbat précédent, c'est-à-dire le kaddich après "Bame Madlikin", et on continue toute la semaine jusqu'à la fin du second Chabbat, qui est le jour du yahrzeit. Toutefois, l'essentiel de la récitation du kaddich dans la prière est le jour du yahrzeit, comme le faisait le Ari zal. Ainsi, celui qui est empêché et ne peut commencer à réciter le kaddich dès le vendredi soir doit s'efforcer de le dire le jour du décès, et s'il le peut, il sera également chaliah tsibour pour les trois prières de ce jour.
Réponse
Si l'anniversaire du décès tombe un Chabbat, il est préférable de lire la haftara ce jour-là, et non le Chabbat précédent. Si possible, il lira la haftara les deux Chabbatot, celui d'avant et celui du yahrzeit.
Réponse
Le principal apaisement que l'on procure à ses parents après leur décès est l'étude de la Torah. Sans fixer des temps d'étude quotidiens, l'effet du kaddich reste limité. C'est pourquoi les endeuillés doivent se renforcer dans l'étude de la Torah, participer chaque jour à des cours réguliers, et consacrer tout moment libre à l'étude selon leur niveau.
Réponse
Dans certaines communautés d'Orient, il est d'usage que lorsqu'une personne décède sans laisser de fils ou de filles, on consacre un Sefer Torah à sa mémoire pour la synagogue, à partir de l'héritage du défunt. Certains consacrent également un Sefer Torah de leur vivant lorsqu'ils n'ont pas eu d'enfants. C'est une belle coutume. Toutefois, celui qui souhaite perpétuer le nom de ses parents ou de ses proches et accomplir une grande mitsva pour l'élévation de leur âme, il est recommandé de lui conseiller de financer l'édition d'un livre de halakha rédigé par un talmid hakham apte à enseigner, ou d'un livre de halakha manuscrit des anciens, afin de faire bénéficier le public de son bien. Cela est préférable à l'achat d'un Sefer Torah destiné à être déposé dans une synagogue, car Hachem n'a dans Son monde que les quatre coudées de la halakha. Puisque le fils apporte du mérite au père, il convient d'imprimer le livre afin de faire bénéficier le public et que cela soit pour l'élévation de l'âme des parents.
Réponse
Chez les Séfarades, il est d'usage que tous ceux qui sont tenus de dire le Kaddich le récitent ensemble, que ce soit pour le Kaddich "Al Israël" avant "Hodou" et avant "Alénou Lechabéah", ou pour les Kaddich après "Beit Yaakov", afin de ne pas embarrasser celui qui ne sait pas le dire. Cependant, il faut veiller à ce qu'aucun ne dise le Kaddich trop rapidement pendant que l'autre le dit trop lentement, mais que tous s'efforcent de le réciter mot à mot autant que possible.
Réponse
Lorsque plusieurs personnes récitent le Kaddich ensemble et que l'un d'eux le dit à voix basse, il ne faut pas agir ainsi a priori, car chacun doit dire le Kaddich à voix haute. Toutefois, si quelqu'un est dans les douze mois suivant le décès de son père ou de sa mère et que sa voix est enrouée au point qu'il ne peut pas dire le Kaddich à voix haute, et qu'il y a d'autres personnes qui récitent de toute façon le Kaddich, il peut se joindre à eux et le dire à voix basse, sans aucune crainte à avoir.
Réponse
Lorsque deux ou trois personnes récitent le Kaddich ensemble et que l'un d'eux termine avant l'autre, si chacun termine dans le laps de temps appelé "tokh kedé dibour" par rapport à l'autre, certains disent qu'il faut attendre le dernier et répondre un seul Amen qui comptera pour tous. Il est aussi possible de répondre Amen après le premier, ce qui comptera également pour le second. Certains ont l'habitude de répondre Amen et Amen pour chacun, si l'on entend la fin de chacun dans le délai de "tokh kedé dibour". Mais s'il y a un intervalle plus long que ce délai entre eux, il faut répondre Amen après chacun séparément.
Réponse
Notre coutume est que le Kaddich précédant "Yotser Or" est récité uniquement par le chaliah tsibour. Cependant, dans certaines communautés à l'étranger, il est d'usage que tous ceux qui sont tenus de dire le Kaddich le récitent avec le chaliah tsibour.
Réponse
Notre coutume est de réciter le Kaddich Yatom avant "Alénou Lechabéah" et non après. Puisque cette coutume a été instaurée, il ne faut pas l'annuler. Ainsi, s'il n'y a personne dans les douze mois suivant le décès de son père ou de sa mère, un des fidèles qui n'a pas de parents, ou dont les parents ne sont pas pointilleux qu'il dise ce Kaddich de leur vivant, pourra le réciter.
Réponse
Un enfant en deuil de son père ou de sa mère, âgé de plus de six ans, ayant atteint l'âge de l'éducation religieuse (hinoukh) et sachant à qui l'on adresse les bénédictions, il est approprié de l'éduquer et de l'habituer à dire le kaddich pour son père ou sa mère, car cela procure un grand apaisement à l'âme du défunt. Lors des kaddichim de la prière, il est recommandé que le hazan dise le kaddich avec lui, mot à mot. Mais pour le kaddich de reshout (non obligatoire), l'enfant en deuil peut le dire seul pour l'élévation de l'âme de son père ou de sa mère, et l'assemblée répond "Amen" après lui, à condition qu'il soit propre physiquement, c'est-à-dire qu'il se soit bien nettoyé. Mais s'il n'a pas atteint l'âge de l'éducation religieuse, c'est-à-dire s'il a moins de six ans, il ne peut pas dire le kaddich seul. En cas de doute sur le fait qu'il sache à qui l'on adresse les bénédictions, il ne faut pas répondre "Amen" après lui tant qu'il n'a pas neuf ans, car à cet âge on suppose généralement qu'il sait à qui l'on adresse les bénédictions.
Réponse
Lorsqu'une personne décède sans laisser de fils, ou si ses fils ne sont pas restés pieux au point de dire le kaddich après son décès, il est d'usage qu'une autre personne dise le kaddich pour elle pendant toute l'année. Il est même préférable, lorsque cela est possible, de rémunérer quelqu'un pour accomplir cette tâche.
Réponse
Il est interdit de dire le kaddich dans un cimetière s'il n'y a pas un quorum de dix hommes adultes. Cette règle s'applique également sur les tombes des tsadikim. Ceux qui disent le kaddich dans un cimetière sans minyan n'ont aucun fondement pour leur pratique, et il s'agit d'une coutume erronée.

