Thèmes Lois de Sefer Torah : questions-réponses pratiques

Erreurs trouvées dans les tefiline et le Sefer Torah
Réponse
La mitsva des tefiline consiste à écrire les quatre parachiot suivantes : la paracha « Kadesh li kol bechor » jusqu'à « lemoada miamim yamima », la paracha « Vehaya ki yeviacha » jusqu'à « ki bechozek yad hotzianou Hachem miMitsrayim », la paracha « Chema » jusqu'à « ouvisharecha », et la paracha « Vehaya im shamoa » jusqu'à « al haaretz ». Il faut les écrire dans cet ordre, en commençant par celle qui précède dans la Torah. Si l’on change l’ordre, les tefiline sont invalides. Certains estiment qu’il faut d’abord écrire les tefiline du bras puis celles de la tête. D’autres pensent qu’il convient d’écrire d’abord celles de la tête, car leur importance est supérieure à celle du bras. Quoi qu’il en soit, selon tous les avis, que l’on ait commencé par écrire celles de la tête ou celles du bras, les tefiline restent valides sans aucun doute.
Réponse
Il est préférable d’écrire toutes les parachiot des tefiline du bras et de la tête de manière continue, sans parler entre elles. Toutefois, cela n’est pas indispensable. Si l’on craint qu’en écrivant tout d’un trait sans pause, on risque de faire une erreur, il est préférable de s’arrêter et de se reposer entre-temps.
Réponse
Avant de commencer à écrire, il est recommandé de dire : « Yehi ratson milfanecha Hachem… » afin que la Chekhina réside sur son travail, qu’il réussisse dans l’écriture des tefiline, qu’il les écrive pour l’unification de Koudsha Berikh Hou et de sa Chekhina, pour la sainteté de la mitsva des tefiline, et qu’il soit préservé de toute erreur d’écriture ou d’intention. Certains scribes ont l’habitude de s’immerger au mikvé chaque matin avant de commencer à écrire, et cette immersion est une belle pratique pour les scribes. Cependant, si l’immersion entraîne une grande perte de temps d’étude de la Torah ou une grande fatigue, il est permis d’y renoncer, car ce n’est pas une obligation mais une bonne et importante habitude. Il est également souhaitable que le scribe soit marié et vive avec une femme.
Réponse
Dans les tefiline et les mezouzot, on écrit la lettre dalet du mot « echad » de façon grande et épaisse, de la taille de quatre dalet. Idéalement, la taille du dalet doit correspondre à celle de quatre lettres dalet de la même écriture. Toutefois, si l’on a écrit un dalet grand de la taille de quatre petites dalet, cela suffit. Il est d’usage d’écrire ce dalet plus grand que les autres dalet du même texte.
Réponse
Pour les tefiline de la tête, il faut écrire chaque paracha sur un parchemin séparé. Si l’on a écrit les quatre parachiot sur un seul parchemin, elles restent valides même s’il n’y a pas d’espace entre elles, à condition qu’il y ait un fil ou une ficelle entre chaque compartiment.
Réponse
Pour les tefiline du bras, on écrit les quatre parachiot sur un seul parchemin, que l’on enroule de la fin vers le début, puis on les entoure d’un parchemin, de poils de veau, et on les place dans leur compartiment comme pour celles de la tête. On doit introduire les parachiot de façon à ce qu’elles soient droites et debout dans le compartiment. Si on les a écrites sur quatre parchemins et placées dans quatre compartiments, on est quitte, à condition de recouvrir les quatre compartiments d’une peau de sorte qu’ils apparaissent comme un seul compartiment.
Réponse
Il faut écrire les tefiline avec de l'encre noire, que celle-ci contienne ou non du gallate de noix de galle. Si l'on a écrit ne serait-ce qu'une seule lettre avec d'autres types de couleurs ou avec de l'or, ces tefiline sont invalides.
Réponse
Si l'on a écrit les parachiot avec de l'encre conforme à la halakha, puis que l'on a jeté de la poudre d'or sur les lettres alors que l'encre était encore humide, il suffit d'enlever l'or pour que l'écriture en dessous reste valable. Cependant, si l'on a jeté de l'or sur une lettre contenant un des noms de Hachem, il n'y a pas de solution, car il est interdit d'enlever l'or dans ce cas, cela reviendrait à effacer le nom divin.
Réponse
Pour des lettres de Sefer Torah ou de mezouza sur lesquelles on a passé du crayon, il est permis, a posteriori, de rendre le Sefer Torah valide après avoir effacé le crayon. Cela n'est pas considéré comme une correction du contour intérieur de la lettre ni comme une écriture non ordonnée.
Réponse
Si une erreur est trouvée dans un Sefer Torah lors de la lecture du lundi ou du jeudi, et qu'on la corrige pendant la lecture alors que l'encre est encore humide, il est tout de même permis de lire dans ce Sefer Torah et de réciter la bénédiction dessus, sans qu'il soit nécessaire d'attendre que l'encre sèche.
Réponse
Il faut veiller à ce qu'aucune lettre ne soit collée à une autre, chaque lettre devant être entourée de parchemin. De plus, chaque lettre doit former un ensemble cohérent, c'est-à-dire que toutes ses parties doivent être reliées, comme les petits youdin sur les lettres alef, ayin, pe, tsadi, shin, ou la jambe du tav, et ainsi de suite.
Réponse
Il faut écrire de la main droite, même pour une personne ambidextre. Si l’on a écrit de la main gauche, les tefiline sont invalides, mais si l’on ne peut pas se procurer d’autres tefiline écrites de la main droite, on mettra celles écrites de la main gauche sans réciter de bénédiction, jusqu’à ce qu’on puisse obtenir des tefiline écrites de la main droite.
Réponse
Si une personne qui ne sait pas écrire en écriture ashurite tient le calame dans sa main gauche, et qu’un sofer stam tient avec sa main droite la main gauche de cette personne, et que quelques lettres des tefiline sont écrites ainsi, si l’écriture obtenue est belle, comme le fait habituellement le sofer, cela prouve que la main de la personne n’a rien fait et que le fait qu’elle tienne le calame n’était qu’un acte mécanique. Par conséquent, il est permis de valider ces tefiline.
Réponse
Un sofer qui est totalement gaucher, c’est-à-dire qu’il fait tout son travail et écrit avec la main gauche, doit écrire les Sifrei Torah, tefiline et mezouzot avec sa main gauche, car sa main gauche est considérée comme la droite pour tout le monde. Il est permis d’acheter un Sefer Torah, des tefiline ou des mezouzot écrits par un tel sofer. Seuls quelques personnes d’exception, qui suivent la Kabbala avec rigueur dans tous leurs actes, ont raison de se montrer stricts aussi sur ce point. Si ce sofer gaucher a écrit des tefiline ou des mezouzot avec sa main droite, la règle principale est de valider ces tefiline ou mezouzot lorsqu’on ne peut pas en obtenir d’autres.
Réponse
Les tefiline n’ont pas besoin de lignes tracées, mais il faut tout de même tracer la première ligne. Si l’on ne sait pas écrire droit sans lignes, il faut tracer toutes les lignes. Quoi qu’il en soit, il faut écrire de façon droite et belle, sur des lignes droites et non courbées. C’est pourquoi il est d’usage aujourd’hui de tracer des lignes même pour les tefiline, comme pour les Sifrei Torah, afin que l’écriture soit droite et belle. Si aucune ligne n’a été tracée, même pas la première, certains invalident et d’autres valident. Si l’on ne peut pas obtenir d’autres tefiline à cause de leur prix élevé, on peut s’appuyer sur l’avis du Gaon de Vilna qui précise que, selon Maran, il est permis de valider a posteriori. Quant aux mezouzot écrites sans lignes tracées, il faut les invalider. De même, s’il y a un doute si les lignes ont été tracées, ou si avec le temps elles se sont effacées, ou si elles n’ont pas été tracées du tout, il faut être strict dans le doute concernant le traçage, car le traçage des lignes dans la mezouza est une halakha le-Moché mi-Sinaï.
Réponse
Il ne faut pas tracer les lignes avec du plomb, car l’endroit du traçage reste coloré. Selon tous les avis, le traçage des lignes pour les tefiline n’a pas besoin d’être fait lishma (avec intention spécifique).
Réponse
C’est une halakha le-Moché mi-Sinaï qu’il faut écrire les tefiline sur du klaf et non sur du douksostos ni sur du guevil. On écrit sur le côté chair du klaf, et si l’on change, c’est invalide.
Réponse
Le klaf doit être tanné avec des substances végétales ou de la chaux, et il doit être tanné lishma (avec intention spécifique). Il est bon de dire explicitement au début du tannage que l’on tanne pour les tefiline ou pour un Sefer Torah. Mais si le klaf a été tanné pour une mezouza, il est invalide.
Réponse
Si un non-juif a tanné la peau pour la fabrication de tefiline en ayant l’intention requise, et qu’un juif adulte se tenait à ses côtés et lui ordonnait de le faire avec cette intention, selon le Rambam, cela est invalide. Selon le Roch, c’est valide si le juif se tient à côté et l’aide. L’avis principal en pratique suit celui du Roch, car il y a un double doute, mais a priori, il est correct de se montrer strict et de ne pas laisser un non-juif tanner. En tout cas, en cas de force majeure, il faut au moins que le juif aide le non-juif. Tout cela ne s’applique qu’en cas de force majeure ; sinon, il ne faut pas être indulgent.
Réponse
Le parchemin utilisé pour les tefiline doit provenir de la peau d’un animal, d’un animal sauvage ou d’un oiseau purs, même s’ils sont nevela ou terefa. Il ne doit pas provenir d’animaux, d’animaux sauvages ou d’oiseaux impurs, car il est écrit : « afin que la Torah d’Hachem soit dans ta bouche », c’est-à-dire d’une espèce permise à la consommation. De même, il ne faut pas utiliser la peau d’un poisson, même pur, car elle est très malodorante.

