Thèmes Lois de Ner Chabbat : questions-réponses pratiques

Lois de l’allumage des bougies de Chabbat
Réponse
Il s'agit d'une mitsva d'ordre rabbinique d'allumer une bougie la veille de Chabbat, et il convient d'être particulièrement attentif à cette mitsva et de choisir une belle bougie. Rav Houna enseigne que celui qui est assidu dans l'allumage des bougies aura des enfants érudits en Torah. Il est approprié pour la femme de prier après l'allumage afin que Hachem lui accorde des enfants érudits et lumineux dans la Torah, car au moment de l'accomplissement de la mitsva, la prière est davantage exaucée.
Réponse
D'après la halakha stricte, il suffit d'allumer une seule bougie en l'honneur de Chabbat. Cependant, la coutume est d'allumer au moins deux bougies, l'une en référence à "Zakhor" et l'autre à "Chamor". Plus on multiplie les bougies en l'honneur de Chabbat, plus cela est méritoire. Certaines femmes ont l'habitude d'allumer sept bougies ou davantage. D'autres allument un nombre de bougies correspondant au nombre de personnes vivant dans la maison, et lorsqu'un enfant naît, on ajoute une bougie supplémentaire.
Réponse
Une femme qui a pris l'habitude d'allumer sept bougies la veille de Chabbat ne doit pas, a priori, diminuer ce nombre et doit continuer selon sa coutume. Si elle souhaite abandonner cette habitude et n'allumer que deux bougies pour des raisons économiques ou similaires, il est préférable qu'elle fasse une annulation de vœu devant trois personnes, car elle n'a pas précisé au départ qu'elle agissait sans s'engager par un vœu. Si elle ne change sa coutume qu'une seule fois, par exemple si elle se trouve à l'hôpital et qu'il n'y a que deux bougies disponibles, et qu'il lui est impossible d'en obtenir sept, elle n'a pas besoin d'annulation de vœu. Il est recommandé, au moment où elle commence à allumer sept bougies, de préciser qu'elle ne prend pas cet usage comme un vœu, afin de pouvoir le modifier sans annulation.
Réponse
Même une personne pauvre qui n'a pas de quoi manger est tenue d'accomplir la mitsva d'allumer les bougies de Chabbat, et doit demander l'aumône pour obtenir de l'huile ou une bougie à allumer, car cela fait partie du plaisir du Chabbat. Si elle ne peut pas acheter à la fois une bougie pour Chabbat et du vin pour le kiddouch, la bougie de Chabbat a priorité, et elle fera le kiddouch sur le pain. Si elle dispose d'électricité, il n'est pas nécessaire de demander l'aumône pour acheter une bougie, mais elle récitera la bénédiction sur la lumière électrique.
Réponse
Celui qui ne possède qu'une seule bougie, par exemple s'il se trouve en prison ou dans une situation similaire, et que c'est la veille de Chabbat pendant Hanouka, allumera la bougie pour Hanouka avec les bénédictions, et utilisera la lumière électrique pour l'allumage de Chabbat. Il est également permis de réciter la bénédiction "lehadlik ner shel Chabbat" sur la lumière électrique. S'il n'a pas de lumière électrique et ne possède qu'une seule bougie, certains estiment qu'à notre époque, où il y a de toute façon de la lumière dans la maison, il allumera la bougie pour Hanouka, et cela comptera aussi pour la paix du foyer afin d'éviter de trébucher sur une chaise, etc., bien qu'il existe des avis divergents. S'il possède deux bougies, il en allumera une pour Hanouka et une pour Chabbat, même à partir de la deuxième nuit de Hanouka.
Réponse
Celui qui allume doit veiller à ce que la majeure partie de la mèche qui dépasse de la bougie soit allumée, afin que la flamme prenne bien dès qu'il retire sa main après l'allumage. Il n'est pas nécessaire de brûler la mèche avant l'allumage. Cependant, certains ont l'habitude d'allumer puis d'éteindre la mèche avant l'allumage proprement dit, afin qu'elle soit noircie et que la flamme y prenne mieux.
Réponse
Si une femme a allumé les bougies de Chabbat et que, quelques instants après l’allumage, les bougies se sont éteintes à cause du vent ou d’une cause similaire, si elle est certaine que le soleil n’est pas encore couché, elle doit rallumer les bougies sans réciter la berakha. Si elle craint que le soleil soit déjà couché, elle ne doit pas rallumer les bougies, de peur de profaner le Chabbat. Si elle a explicitement accepté le Chabbat, ou si elle fait partie des femmes ashkénazes qui ont l’habitude d’accepter le Chabbat au moment de l’allumage, elle dira à un membre de la maison qui n’a pas encore accepté le Chabbat d’allumer les bougies (avant le coucher du soleil). Certains disent que pour les bougies de Hanouka allumées la veille de Chabbat, si elles s’éteignent, il faut les rallumer avant la tombée de la nuit. Toutefois, selon la halakha stricte, même la veille de Chabbat, si les bougies de Hanouka se sont éteintes, il n’est pas nécessaire de les rallumer.
Réponse
Notre coutume répandue est de ne pas être pointilleux à éteindre la lumière électrique avant d’allumer les bougies de Chabbat, et il n’y a pas à craindre que la berakha soit vaine pour cela.
Réponse
Il est préférable, a priori, de revêtir les habits de Chabbat avant l’allumage des bougies. Si le temps est limité et qu’il y a un risque que le moment de l’allumage passe si l’on s’habille d’abord, il faut d’abord allumer puis mettre les habits de Chabbat ensuite. Une femme mariée qui a l’habitude de se découvrir les cheveux chez elle doit se couvrir la tête au moment de la berakha sur les bougies. Si elle porte une perruque, bien qu’il soit interdit selon la halakha stricte à une femme mariée de sortir dans le domaine public avec une perruque, il est permis d’en porter à la maison, et elle peut donc réciter la berakha sur les bougies et toutes les autres berakhot en étant coiffée d’une perruque. Il est aussi de bon usage de donner de l’argent à la tsedaka avant l’allumage.
Bénédiction sur l’allumage des bougies
Réponse
Il faut réciter une berakha lors de l’allumage des bougies la veille de Chabbat, en disant : « Achèr kidéchanou bemitsvotav vetsivanou lehadlik ner shel Chabbat ». La veille de Yom Tov, on dit : « lehadlik ner shel Yom Tov », que ce soit pour la nuit de Roch Hachana, la nuit de Soukot, la nuit de Simhat Torah, la nuit de Pessa’h, la nuit du septième jour de Pessa’h ou la nuit de Chavouot. La veille de Yom Kippour, on dit : « lehadlik ner shel Yom Hakipourim ».
Réponse
La berakha doit être récitée avant l’allumage des bougies, car même selon ceux qui disent que l’acceptation de Chabbat dépend de l’allumage des bougies, la femme n’accepte pas Chabbat par la berakha, mais seulement après avoir terminé d’allumer toutes les bougies qu’elle souhaite allumer en l’honneur de Chabbat. Ainsi, la règle de l’allumage des bougies la veille de Chabbat est comme pour toutes les autres mitsvot, pour lesquelles on récite la berakha avant de les accomplir, c’est-à-dire avant l’acte lui-même, comme il est enseigné dans Pessa’him. C’est aussi ce qu’a tranché le Rambam, qui écrit qu’il faut obligatoirement réciter la berakha avant l’allumage : « Béni sois-Tu… qui nous as ordonné d’allumer la bougie de Chabbat. » De même, le Raavia, le Mordekhi, l’Or Zaroua, le Sefer Hapardes, le Sefer Habatim et le Shibolei Haleket l’ont écrit. Et selon le Rambam, si l’on récite la berakha après l’allumage, la berakha est lévatala (vaine). Les Aharonim ont également tranché ainsi. Par conséquent, une femme qui récite la berakha après l’allumage entre dans un doute de berakha lévatala selon Maran le Choulhan Aroukh. Même si les Ashkénazes suivent l’avis du Rama et récitent la berakha après l’allumage, la coutume des Séfarades, pour toutes leurs communautés, est de réciter la berakha avant l’allumage, selon l’avis des Guéonim, du Rambam et du Choulhan Aroukh, et il ne faut pas changer du minhag. Ce que l’on a vu dans certaines communautés où même des Séfarades ont suivi l’avis du Rama, ils l’ont fait sur instruction de rabbins ashkénazes, qui n’ont pas bien agi envers leur communauté en enseignant aux Séfarades d’aller contre l’avis de Maran le Choulhan Aroukh. Il faut donc être rigoureux et revenir à l’ancienne coutume des Séfarades de réciter la berakha avant l’allumage. Et, pour aller au-delà de l’obligation, il est correct qu’une femme fasse une condition une fois par an, stipulant qu’elle n’accepte pas Chabbat par la berakha de l’allumage des bougies. Il n’y a aucune différence dans tout cela entre homme et femme, mais pour un homme il n’est pas nécessaire de faire une condition. Car même selon le Baal Halakhot Guedolot, qui dit que l’acceptation de Chabbat dépend de l’allumage des bougies, l’acceptation de Chabbat ne dépend pas de la berakha, mais de la fin de l’allumage, quand l’honneur de Chabbat est manifeste. Il est une mitsva de faire connaître cette règle dans les cours de Torah, pour informer le public que telle est l’opinion de nos premiers décisionnaires, et il ne faut en rien changer de leurs paroles. Celui qui nous écoute résidera en sécurité.
Réponse
Même une femme qui avait l’habitude de réciter la berakha de l’allumage des bougies après l’allumage, selon ce que ses parents lui ont enseigné et selon la coutume familiale, doit annuler cette habitude et toujours réciter la berakha avant l’allumage, que ce soit pour Chabbat ou pour Yom Tov. Il ne faut pas tenir compte du fait qu’elle abandonne la coutume de ses parents.
Réponse
Une femme séfarade qui a allumé les bougies de Chabbat et a oublié de réciter la berakha avant l’allumage, comme il est requis par la halakha, ne doit pas réciter la berakha après l’allumage en posant ses mains devant son visage, car cela n’est pas considéré comme accomplir la berakha avant l’acte.
Réponse
Cependant, si elle se souvient qu’elle n’a pas récité la berakha avant d’avoir terminé d’allumer toutes les bougies qu’elle a l’habitude d’allumer chaque veille de Chabbat, elle peut réciter la berakha avant d’allumer la bougie restante. Mais si elle a déjà allumé toutes les bougies, elle ne doit plus réciter la berakha, car on ne récite pas la berakha après avoir accompli la mitsva.
Réponse
Il ne faut pas, a priori, ajouter dans la formule de la berakha de l’allumage des bougies les mots « lehadlik ner shel Chabbat Kodesh », car cela constitue une interruption entre la berakha et l’allumage. Il convient de réciter simplement « lehadlik ner shel Chabbat ». Toutefois, si l’on a conclu par « shel Chabbat Kodesh », a posteriori, cela n’est pas considéré comme une interruption.
Réponse
Si une femme a récité la berakha sur l’allumage des bougies, puis a parlé de sujets sans rapport avec l’allumage avant d’allumer la bougie, elle doit recommencer la berakha avant d’allumer. Mais si elle a parlé de sujets liés à l’allumage, par exemple si l’allumette s’est éteinte avant que la flamme ne prenne sur la mèche et qu’elle a demandé qu’on lui apporte une autre allumette, ou des cas similaires, a posteriori elle n’a pas besoin de recommencer la berakha sur l’allumage.
Réponse
Si une femme a allumé une bougie à gaz à l’entrée de Chabbat, sans aucune intention de s’acquitter ainsi de l’obligation de l’allumage des bougies de Chabbat, puis allume ensuite des bougies en l’honneur de Chabbat, elle est autorisée à réciter la berakha sur cet allumage avant d’allumer, car elle n’avait pas eu l’intention de s’acquitter de son obligation avec l’allumage de la bougie à gaz.
Réponse
Il est évident que si une servante a allumé la bougie en l’honneur de Chabbat, la femme ne doit pas réciter la berakha sur cet allumage. Même lorsqu’un Juif accomplit une mitsva par l’intermédiaire d’un envoyé, l’expéditeur ne peut pas réciter la berakha sur l’acte accompli par l’envoyé.
Réponse
Une jeune mariée qui allume les bougies chez elle pour la première fois ne récite pas la berakha de Chehecheyanu, car cela constituerait une berakha inutile. Toute mitsva qui n’a pas de moment fixe ne nécessite pas la berakha de Chehecheyanu.
Réponse
Lorsque Yom Tov tombe un Chabbat, il faut réciter la formule de la berakha : « allumer la bougie de Chabbat et de Yom Tov ». Si l’on a oublié et récité la formule habituelle « allumer la bougie de Chabbat » sans mentionner Yom Tov, il n’est pas nécessaire de recommencer la berakha.

