Thèmes Lois de Pikoua'h Néfech : questions-réponses pratiques

Extinction de la bougie pour un malade
Réponse
Lorsqu'un malade en danger de mort est gêné par la lumière et ne peut pas être déplacé dans une autre pièce, il est permis d'éteindre la bougie ou la lumière électrique afin que ce malade, pour qui le sommeil est bénéfique, puisse dormir. Il faut cependant éteindre la bougie ou la lumière électrique d'une manière différente de celle utilisée en semaine, par exemple en éteignant la lumière électrique avec le coude et non avec la main. S'il est possible de déplacer la bougie hors de la pièce, il est préférable de transgresser l'interdit de déplacer un objet mouktsé plutôt que de transgresser l'interdit d'éteindre pendant Chabbat.
Réponse
Si un malade en danger de mort a besoin que la lumière électrique soit allumée pour lui, et qu'il n'y a pas d'autre moyen de le sauver à cause de l'obscurité, il est permis d'allumer la lumière pendant Chabbat. Toutefois, si une lumière est déjà allumée dans une autre pièce et qu'il est possible de déplacer le malade dans cette pièce, il est préférable de le faire, sauf si ce déplacement risque de retarder les soins et de mettre sa vie en danger.
Lois du malade en danger vital pendant Chabbat
Réponse
La sauvegarde de la vie prime sur le Chabbat, tout comme elle prime sur toutes les autres mitsvot. Comme il est dit dans la Torah : « Vous observerez Mes lois et Mes règles, que l’homme accomplira et vivra par elles. » Les Hakhamim ont enseigné : « et vivra par elles » – mais non qu’il meure par elles. Ainsi, il est une mitsva et un devoir pour chaque Juif de profaner le Chabbat pour toute personne malade dont la vie est en danger. Les Hakhamim ont dit que celui qui agit avec empressement pour profaner le Chabbat en cas de pikouah nefesh, même pour des mélakhot d’ordre toranique, est digne d’éloge ; celui qui demande l’avis d’un rabbin est blâmable, et celui qui pose la question est considéré comme un meurtrier. De plus, il a été enseigné que quiconque sauve une vie juive, c’est comme s’il avait sauvé un monde entier. Le Rambam a rejeté avec force l’opinion des hérétiques qui prétendent qu’il est interdit de profaner le Chabbat même en cas de pikouah nefesh, et il a cité le verset : « Je leur ai aussi donné des lois qui ne sont pas bonnes et des règles par lesquelles ils ne vivront pas », car les lois de la Torah ne sont que miséricorde et bonté dans le monde.
Réponse
Lorsqu’il est nécessaire de profaner le Chabbat pour sauver une vie, il est interdit de perdre du temps à demander l’avis d’un décisionnaire pour savoir s’il faut profaner le Chabbat. Les Hakhamim ont enseigné dans le Yérouchalmi que celui qui pose la question concernant un cas de pikouah nefesh est considéré comme un meurtrier.
Réponse
Il est du devoir sacré de tout rabbin d’enseigner à ses auditeurs qu’il est obligatoire de profaner le Chabbat en cas de pikouah nefesh.
Réponse
Par conséquent, lorsqu’une femme ressent les douleurs de l’accouchement pendant Chabbat, ou dans tout autre cas où il y a un risque pour la vie, il est une mitsva de se hâter d’emmener la femme qui accouche ou le malade à l’hôpital, ou d’appeler par téléphone une ambulance ou un autre véhicule pour les conduire immédiatement à l’hôpital. Pour la femme qui accouche, il faut faire avec un changement.
Réponse
Si un médecin spécialiste exige que l’on profane le Chabbat pour soigner un malade, et qu’en ne le faisant pas, le malade serait en danger, même si le médecin s’exprime avec incertitude, il faut obéir au médecin, car même un doute de pikouah nefesh repousse le Chabbat. Ainsi, même en cas de doute sur le danger, il faut profaner le Chabbat. Par conséquent, si quelqu’un dit à son ami pendant Chabbat qu’il ressent une douleur au cœur et craint une crise cardiaque, et lui demande de le conduire à l’hôpital en voiture, même si cette personne n’est pas connue pour être digne de confiance et qu’aucun signe n’est visible sur son visage, et qu’il y a lieu de craindre qu’il mente, malgré tout, il s’agit au moins d’un doute, et même un doute de pikouah nefesh repousse le Chabbat.
Réponse
En revanche, si l’on sait avec certitude qu’il n’y a aucun risque immédiat, et qu’il est possible d’effectuer le soin (qui implique une profanation du Chabbat) après la sortie du Chabbat, sans craindre une aggravation de la maladie, il faut attendre la fin du Chabbat, car ce cas ne relève pas du pikouah nefesh qui repousse le Chabbat.
Réponse
Lorsqu'un malade en danger est déclaré par le médecin comme nécessitant une profanation du Chabbat pour ses soins, il est interdit à ce malade de vouloir se montrer pieux ou de prendre sur lui des rigueurs pour éviter que l'on profane le Chabbat en sa faveur. Si le malade souhaite malgré tout adopter une telle rigueur, il faut lui expliquer que ce n'est pas une véritable forme de piété, mais une piété insensée. Il n'y a aucune vertu à agir ainsi, et au contraire, si un malheur devait survenir, il serait puni du Ciel pour cela. Il est une mitsva d'expliquer ces principes à tout le peuple d'Israël, de manière claire et réfléchie, par l'intermédiaire des rabbanim qui enseignent la halakha, afin que chacun sache qu'il n'existe rien qui prime sur le pikouah nefesh. Celui qui s'empresse de profaner le Chabbat pour un malade en danger recevra la bénédiction d'Hachem, tandis que celui qui s'abstient de se soigner pendant Chabbat à cause de l'interdit de profaner le Chabbat met sa vie en danger et commet une grave faute. Il est alors considéré comme un "hassid shoté" (un pieux insensé) qui refuse de se soigner à cause d'un interdit. À son sujet il est dit : "Et votre sang, j'en demanderai compte pour vos âmes". Il est obligatoire d'obéir aux instructions des médecins dès lors qu'ils affirment qu'une action empêchera un risque de danger. Si le malade n'est pas convaincu, on le contraint à accepter le traitement, dans tous les cas où les médecins disent qu'une certaine action empêchera un risque de danger, même si le malade ne considère pas ce remède comme éprouvé.
Réponse
Celui qui a profané le Chabbat pour sauver une vie n'a pas besoin de faire techouva ni d'expiation pour avoir profané le Chabbat. Il n'y a aucune différence à ce sujet entre un individu ou une communauté qui ont profané le Chabbat pour sauver une vie.
Réponse
Celui qui a profané le Chabbat pour sauver une vie, et qu'il s'avère ensuite que ce n'était pas nécessaire, par exemple si l'état du malade s'est soudainement amélioré et qu'il n'était plus en danger, ou si le malade est décédé, ou si une autre personne a déjà accompli ce qui devait être fait, ou dans des cas similaires, a tout de même accompli une mitsva et recevra une récompense pour sa bonne intention d'avoir voulu sauver une vie juive.
Réponse
Lorsqu'il est nécessaire de profaner le Chabbat pour un malade en danger, on s'efforce de ne pas le faire par l'intermédiaire d'un non-juif ou d'enfants, mais plutôt par des Juifs adultes et responsables. Cependant, si à ce moment-là il n'y a sur place que des femmes ou des enfants, on agit par leur intermédiaire, afin de ne pas retarder les soins et la guérison du malade en danger.
Réponse
Même si le malade est capable de s'occuper de lui-même et de profaner le Chabbat en cas de nécessité, il est tout de même permis à d'autres de profaner le Chabbat pour lui. Il en va de même si le malade peut agir sans contrainte : d'autres sont également autorisés à agir pour lui.
Réponse
Dans le cas d'un malade qui n'est pas en danger, si le malade lui-même peut effectuer l'acte médical permis pendant Chabbat, même s'il s'agit d'une interdiction rabbinique (issour de rabbanan), certains estiment qu'il vaut mieux que ce soit le malade lui-même qui le fasse plutôt qu'une autre personne. D'autres ne sont pas de cet avis. Il est recommandé d'adopter la rigueur sur ce point.
Réponse
Certains estiment que lorsqu'on transgresse le Chabbat pour un malade en danger, il faut effectuer les actions nécessaires d'une manière différente de l'habitude, à condition que cela ne provoque aucun retard ni risque de danger. Par exemple, lorsqu'on téléphone pendant Chabbat pour sauver une vie, il convient de soulever le combiné d'une manière inhabituelle, comme avec le coude, etc. D'autres pensent que cette exigence de changement ne concerne que la femme en train d'accoucher, bien que son statut soit celui d'une personne en danger, car les douleurs de l'accouchement sont naturelles et il est rare qu'une femme meure de l'accouchement ; c'est pourquoi on a été plus strict et on exige un changement lorsqu'il est possible. Mais pour un malade en danger, il n'est pas nécessaire de procéder différemment. En pratique, il n'est pas nécessaire d'effectuer les actions de sauvetage de Chabbat de manière différente, même selon ceux qui considèrent que le Chabbat n'est que repoussé et non totalement permis pour sauver une vie. Même s'il est possible de faire différemment, il ne faut pas le faire, de peur que l'on pense que la transgression du Chabbat pour sauver une vie n'est permise qu'en cas d'extrême nécessité, ce qui risquerait d'entraîner de la négligence. De plus, le fait de devoir agir différemment risque souvent de retarder les soins et d'aggraver le danger. Même pour la femme en train d'accoucher, on ne procède différemment que si cela ne cause aucun retard ; sinon, il est préférable d'agir normalement pour accélérer les soins. Toutefois, s'il y a un chauffeur non-juif disponible pour l'emmener à l'hôpital, il est préférable de le faire conduire par ce chauffeur, à condition que cela ne cause aucun retard.
Réponse
Lorsqu'il est nécessaire de prendre un aliment du réfrigérateur pour sauver une vie pendant Chabbat, et que l'ouverture de la porte allume automatiquement une lumière, il est permis de profiter de cette occasion pour sortir d'autres aliments destinés à d'autres usages. Cependant, il est interdit de refermer la porte du réfrigérateur, car éteindre la lumière n'est d'aucune utilité pour le malade. Si l'on doit placer des médicaments dans le réfrigérateur pour un malade en danger, et que ceux-ci risquent de s'abîmer si la porte reste ouverte, et qu'il n'est pas possible de les conserver chez un voisin, il est alors permis de refermer la porte du réfrigérateur.
Réponse
De même, pour une voiture dont l'ouverture de la porte allume une lumière, si l'on y fait entrer un malade, il est permis de refermer la porte. Avant de fermer la porte, il faut, si possible, régler l'interrupteur de façon inhabituelle pour que la lumière reste allumée après la fermeture. Si cela n'a pas été fait pendant le trajet, il faudra, de manière inhabituelle, couper le contact pour que la lumière ne s'allume pas à la prochaine ouverture de la porte pour sortir le malade. Si manipuler l'interrupteur entraîne directement l'allumage ou l'extinction de la lumière, il ne faut pas y toucher.
Réponse
Celui qui appelle un hôpital, une station de secours ou un médecin, et qu'il est possible que le destinataire ait besoin du téléphone pendant Chabbat pour une autre urgence vitale, il est permis à l'appelant de raccrocher le combiné pour libérer la ligne. Cependant, de nos jours, en Israël, si le destinataire raccroche, la ligne se libère automatiquement après quelques instants. Ainsi, si le médecin raccroche, même si l'appelant ne le fait pas, le médecin pourra recevoir d'autres appels urgents. Par conséquent, l'appelant ne doit pas raccrocher. Toutefois, s'il y a un risque raisonnable que le médecin ne trouve pas l'adresse correcte, il est permis à l'appelant de raccrocher afin de pouvoir rappeler pour vérifier l'adresse si besoin.
Réponse
Il est permis d’entrer dans une cabine téléphonique publique pendant Chabbat, même la nuit, pour appeler un médecin ou autre en cas de danger pour un malade, même si cela allume automatiquement une lumière dans la cabine. Certains estiment qu’après avoir téléphoné, il est interdit de sortir de la cabine si cela éteint la lumière. Selon eux, il faudrait déposer un objet dans la cabine avant de sortir, ou demander à un non-juif d’y entrer, puis sortir. D’autres permettent de sortir même si cela éteint la lumière, car il s’agit d’un cas où l’on n’a pas d’intérêt à l’extinction et que l’interdit n’est que rabbinique. C’est cette opinion qui fait autorité. Ainsi, s’il n’y a pas de non-juif, il est permis d’être indulgent et de sortir de la cabine.
Réponse
Il est permis à un membre de la famille ou à toute personne en qui le malade a confiance d’accompagner le malade à l’hôpital pendant Chabbat, afin de l’encourager, de le soutenir ou d’aider les soignants.

