Thèmes Cacherout

À savoir
Qu'est-ce que la Cacherout ?
La Cacherout désigne l'ensemble des lois alimentaires juives telles qu'elles sont définies par la Halakha. Le terme hébreu cacher signifie « apte », « conforme » : un aliment cacher est un aliment préparé et consommé selon les critères stricts de la Torah (Lévitique, chapitre 11, et Deutéronome, chapitre 14) et développés dans le Talmud, notamment dans le traité Houllin, traité central consacré à ces questions.
Les catégories d'animaux autorisés et interdits
La Cacherout distingue les animaux selon des signes précis. Les quadrupèdes doivent être fissipèdes et ruminants (le porc, qui possède le sabot fendu mais ne rumine pas, est interdit). Les poissons doivent avoir nageoires et écailles. Les oiseaux suivent une liste de tradition ininterrompue. Les insectes sont en règle générale interdits, ce qui rend la Bedikat Tolaïm - la vérification minutieuse des insectes dans les légumes et salades - obligatoire avant toute consommation.
L'abattage rituel (Chéhita) et les lois du sang
Un animal permis doit être abattu selon les règles de la Chéhita par un spécialiste qualifié (Chohet). Après l'abattage, le sang doit être extrait par salage ou rôtissage, conformément à l'interdit biblique de consommer le sang. Les organes et graisses (hélev) de certains animaux sont également prohibés.
Bassar Be'halav : la séparation viande-lait
L'un des piliers de la Cacherout est l'interdit de mélanger viande et lait (Bassar Be'halav), fondé sur le verset « Tu ne feras pas cuire le chevreau dans le lait de sa mère » (Exode 23:19), répété trois fois dans la Torah. La Halakha en a déduit trois interdits distincts : cuire, manger et tirer profit du mélange. Des temps d'attente entre viande et lait sont requis, variant selon les traditions : six heures pour la plupart des communautés, une heure ou moins pour certains Séfarades.
Le vin cacher et les lois connexes
Le vin et les raisins font l'objet d'une loi particulière appelée Stam Yeinam : le vin produit ou manipulé par un non-Juif est interdit à la consommation, afin d'éviter toute assimilation. Les vins cachers portent un cachet rabbinique garantissant leur conformité. De même, certains aliments doivent avoir été supervisés dès leur première mise en cuisson (Bishoul Akhoum).
Cacherout et traditions culinaires : Séfarades et Achkénazes
Les règles de la Cacherout s'appliquent à toutes les traditions juives, mais leur expression varie selon les communautés. La cuisine séfarade (notamment la cuisine marocaine, la cuisine tunisienne, la cuisine algérienne et la cuisine yéménite) comme la cuisine achkénaze partagent les mêmes principes fondamentaux tout en ayant développé des usages propres, par exemple concernant le kitniyot à Pessa'h. Les recettes Pessa'h illustrent particulièrement l'imbrication entre Cacherout ordinaire et lois spéciales de la fête, notamment l'interdit du hamets.
Lois de Cacherout : questions-réponses pratiques
Celui qui sale de la viande et la rôtit avec le sel dessus sur le feu, il lui est permis de manger la viande même sans la rincer, car tout le sang contenu dans le sel est brûlé et détruit par le feu. Certains disent que cela ne s'applique que si l'on sale et rôtit immédiatement, mais si la viande reste salée un certain temps, le sel absorbe et devient interdit ; il faudra donc bien rincer la viande avant de la rôtir.
Si un œuf d’oiseau impur a été cuit avec d’autres œufs, il ne rend pas les autres œufs interdits s’il est encore dans sa coquille. S’il est sans coquille, il interdit le mélange, et il faut soixante et un œufs permis pour l’annuler. S’il a été cuit dans un plat permis, il suffit d’avoir soixante fois le volume de l’œuf interdit dans le plat pour l’annuler.
Pour un aliment froid que l'on n'a pas l'habitude de laver, qui a été posé dans un ustensile interdit et non lavé, il n'est pas interdit, mais il faut le laver avant de le manger. Selon l'avis de Rabbénou Yossef Haïm, il convient d'être rigoureux et de ne pas laisser cet aliment dans l'ustensile, même pour un court instant, mais de l'en retirer dès qu'on s'en souvient, de peur d'oublier et de le manger sans le laver. Cependant, il ne s'agit que d'une rigueur, et si on le laisse seulement un court moment, il n'est pas nécessaire de l'enlever immédiatement, et il n'y a pas lieu de décréter de crainte qu'on l'oublie et qu'on le mange sans le laver.
Certains estiment que de la même manière qu'il est permis de placer sur le feu deux marmites, l'une appartenant à un juif et l'autre à un non-juif, côte à côte, il est également permis de placer côte à côte une marmite de viande et une marmite de lait, sans craindre que des éclaboussures passent de l'une à l'autre. D'autres estiment qu'il faut malgré tout éloigner un peu les marmites l'une de l'autre à cause des éclaboussures, et tel est l'avis du Pri Hadach, qu'il est bon de faire attention a priori à ne pas placer une cruche de viande et une cruche de lait dans le même coffre. Et si l'une d'elles est couverte, cela est permis. Et a fortiori, il faut veiller à ne pas les placer côte à côte sur le feu.
Un juif qui transgresse et mange de la nevela par appétit ne doit pas être nommé comme shohet ou bodek. Toutefois, en l'absence de shohet cachère disponible, il est permis, selon la halakha, de lui confier un couteau vérifié, et de se fier à son abattage. Cela à condition qu'il soit établi qu'il connaît les lois de la che'hita et qu'il ne consomme de la nevela que lorsqu'il ne trouve pas de viande cachère.
Quiz sur le thème de Cacherout
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