Thèmes Géhinom

À savoir
Qu'est-ce que le Géhinom ?
Le Géhinom est, dans la tradition juive, le lieu où les âmes des défunts subissent une purification après la mort. Contrairement à une vision populaire influencée par d'autres religions, la conception juive orthodoxe du Géhinom n'est pas un enfer éternel de damnation, mais généralement un processus limité dans le temps, dont la durée maximale est fixée à douze mois selon le Talmud.
Origine du nom : Géhinom et la vallée de Ben Hinnom
Le mot « Géhinom » tire son origine de « Guei Ben Hinnom » (גֵּי בֶן הִנֹּם), une vallée profonde située à la limite sud-ouest de la Jérusalem antique. Ce lieu est mentionné dès le livre de Yehochoua pour délimiter les territoires des tribus de Yehouda et Binyamin. Durant la période monarchique, cette vallée fut souillée par des pratiques idolâtres liées au culte de Molek, comprenant des sacrifices d'enfants. Le roi Yochiyahou y mit fin en profanant ces hauts lieux (Rois II, 23:10). Le prophète Yirmiyahou annonça ensuite que ce lieu deviendrait la « Vallée du massacre » lors de la destruction à venir.
Le Géhinom dans le Talmud et la littérature rabbinique
C'est à partir de ces associations bibliques que le Talmud Bavli développe la notion de Géhinom comme lieu de jugement des âmes des défunts. La Michnah le mentionne comme l'endroit où les rchéaïm (les impies) sont jugés. Les Sages précisent que l'entrée du Géhinom se situerait symboliquement à Jérusalem même, dans les parages de la vallée originelle. Le Talmud décrit des épreuves purificatrices par le feu, contrebalancées par la miséricorde divine.
Durée et nature de la purification
Selon la Halakha et les sources rabbiniques, la durée du séjour au Géhinom est en général de onze mois, ce qui explique la coutume de réciter le Kaddich durant onze mois après le décès d'un parent, et non douze - afin de ne pas sous-entendre que le défunt serait parmi les grands impies. Cette pratique est codifiée dans le Choulhane Aroukh (Yoré Déa 376). La miséricorde divine (Ra'hamim) est centrale : même les âmes qui ont péché ont l'occasion d'une purification.
Géhinom et Gan Eden : deux destinations opposées
La tradition juive pose le Géhinom en opposition au Gan Eden (Paradis), demeure des justes (Tsadikim). Les âmes des Baalei Téchouva, ceux qui sont revenus à D-ieu de leur vivant, bénéficient également du Gan Eden. Cette dualité structure la conception juive de l'Olam Haba (le Monde à venir) et de la rétribution divine. Le Rambam (Maïmonide) développe une vision plus philosophique, tandis que les sources kabbalistes décrivent les niveaux et étapes du Géhinom avec davantage de détails.
Place dans la pensée juive contemporaine
Le Géhinom reste un concept central dans la théologie juive orthodoxe. Il rappelle la responsabilité morale de chaque âme et la réalité du jugement divin (Din). La tradition enseigne que le Chabbat offre un répit aux âmes qui y séjournent, illustrant combien la sainteté du Chabbat transcende même l'au-delà. La récitation du Kaddich par les enfants endeuillés est directement liée à cette croyance, comme l'illustre l'histoire célèbre rapportée au nom de Rabbi Akiva dans plusieurs sources talmudiques.
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