Aller au contenu

Choisir une ville

Guides L'étude de la Guemara
Lien copié
Chapitre 1/6

Pourquoi étudier la Guemara ?

Avant les outils, le sens. Pourquoi ce livre de débats vieux de quinze siècles occupe-t-il une place unique dans la vie juive ? Ce premier chapitre répond, et désamorce les peurs du débutant.

La Torah orale, transmise depuis le Sinaï

Au Sinaï, Moché a reçu deux Torah : l'écrite (le Houmach) et son explication, la Torah orale. La Torah écrite est volontairement concise : « tu attacheras ces paroles sur ta main » : quoi, comment ? L'explication a été transmise oralement, de maître à disciple, de génération en génération. Après la destruction du Temple et les persécutions, pour éviter qu'elle ne se perde, cette tradition orale a été mise par écrit : d'abord la Michna (Rabbi Yehouda Hanassi, vers l'an 200), puis les débats qui l'expliquent, la Guemara. Michna + Guemara = le Talmud. Étudier la Guemara, c'est donc rejoindre la chaîne ininterrompue de la transmission depuis le Sinaï.

L'étude, la plus grande des mitsvot

« L'étude de la Torah équivaut à toutes les mitsvot réunies » (Michna Péa 1, 1). Et parmi toutes les études, celle de la Guemara a une place à part : elle ne se contente pas d'informer, elle forme l'esprit. On n'y apprend pas seulement des conclusions, mais une manière de penser : peser, distinguer, questionner, chercher la vérité. C'est pourquoi le peuple juif y a consacré, siècle après siècle, l'essentiel de son énergie intellectuelle.

Un ocean qui a porte le peuple juif Prive de terre et de Temple pendant deux mille ans, le peuple juif s'est donne une « patrie portative » : le Talmud. Du Maroc a la Pologne, on etudiait les memes pages, dans la meme langue. Cette etude commune a maintenu l'unite et l'identite d'un peuple disperse sur trois continents. Ouvrir une Guemara aujourd'hui, c'est s'asseoir a cette table millenaire.

Les peurs du débutant (et pourquoi les jeter)

  • « C'est en araméen » : oui, mais un araméen limité, avec un vocabulaire récurrent (tout le chapitre 5 y est consacré), et il existe aujourd'hui des éditions traduites et expliquées mot à mot.
  • « C'est trop logique, trop dur » : la Guemara s'apprend PROGRESSIVEMENT, avec un maître ou un binôme. On ne plonge pas seul dans le grand bain.
  • « Je pars de trop loin » : Rabbi Akiva a commencé l'alphabet à 40 ans et est devenu le plus grand maître de sa génération. Le point de départ n'a jamais disqualifié personne.
L'objectif de cette formation Nous n'allons pas faire de vous un talmudiste en six chapitres : c'est le travail d'une vie. L'objectif est plus modeste et plus precieux : vous donner les cles MINIMALES (comment est faite une page, comment raisonne la Guemara, le vocabulaire de base) et surtout l'ENVIE de vous lancer. A la fin, vous devriez avoir hate d'ouvrir une Guemara.

Connectez-vous pour enregistrer votre progression dans ce guide.

Chapitre suivant : Anatomie d'une page de Talmud