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Guides L'étude de la Guemara
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Le langage de la Guemara : le lexique araméen

La Guemara a une langue courte et puissante : quelques mots araméens qui reviennent sans cesse et rythment tout le débat. Les connaître, c'est comme recevoir la clé du texte. Voici le lexique de survie.

Les mots qui ouvrent et posent la question

  • Mai ? : « Quoi ? / Qu'est-ce que... ? » : Mai taama : « quelle est la raison ? »
  • Mahou detema... ka machma lan : « on aurait pu penser (à tort) que... c'est pourquoi (la Michna) nous enseigne (que non) ». Une des tournures les plus fréquentes : elle explique POURQUOI un enseignement était nécessaire.
  • Iba'ya lehou : « on leur a demandé / la question se pose ».
  • Pechita ! : « c'est évident ! » (souvent une objection : pourquoi la Michna enseigne-t-elle une évidence ?).
  • Hakha bemai askinan : « de quel cas parle-t-on ici ? » : on précise la situation.

Les mots qui citent les sources

  • Tenan : « nous avons appris (dans une Michna) ».
  • Tania / Tanya : « il a été enseigné (dans une Baraïta, un enseignement tannaïtique hors Michna) ».
  • Tanou rabanan : « nos Maîtres ont enseigné » : introduit une Baraïta.
  • Amar Rava, amar Abaye : « Rava a dit, Abaye a dit » : les avis des Amoraim (Abaye et Rava sont le duo le plus célèbre du Talmud).
  • Kra : « le verset ». Chema mina : « apprends-en (déduis) ».

Les mots du débat : objection, réponse, conclusion

  • Kachya / kouchia : « une difficulté / une question difficile ».
  • Meitivi / eitivei : « on objecte (à partir d'un enseignement) ».
  • Ela : « plutôt / mais en réalité » : signale qu'on abandonne la première explication pour une meilleure.
  • Ibaeit eima : « si tu veux, dis (une autre réponse) » : introduit une explication alternative.
  • Ta chema : « viens et entends » : on apporte une preuve.
  • Lo tsricha : « ce n'est nécessaire que (dans tel cas) » : on précise l'utilité de l'enseignement.
Les deux mots de la conclusion Deux mots signent la fin d'un debat, a connaitre absolument : TIOUVTA : une refutation DECISIVE, un avis est definitivement rejete (« tiouvta ! »). Et TEIKOU : la question reste OUVERTE, non tranchee (la tradition y lit un acronyme : « Elie le prophete resoudra les questions et les problemes » a la fin des temps). Quand vous lisez « teikou », la Guemara reconnait humblement : nous laissons cela en suspens.
Votre premiere fiche Recopiez ces mots sur une fiche et gardez-la a cote de vous quand vous ouvrez une Guemara : Mai, mahou detema... ka machma lan, tanou rabanan, tania, amar, kachya, meitivi, ela, ibaeit eima, ta chema, pechita, tiouvta, teikou. Une quinzaine de mots : et deja, le squelette de n'importe quelle sougya devient lisible. C'est fou ce qu'on comprend avec ce petit lexique.

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