La kippa et les tsitsit
L'identité juive se porte : sur la tête et sous la chemise. D'où viennent la kippa et le talit katan, que signifient-ils, et comment les adopter à son rythme.
La kippa : « une crainte au-dessus de la tête »
La kippa n'est pas un commandement explicite de la Torah : c'est un usage devenu, au fil des siècles, l'emblème du Juif : le Talmud (Chabbat 156b) raconte que la mère de Rav Nahman bar Its'hak lui couvrait la tête enfant : « pour que la crainte du Ciel soit sur toi ». Couvrir sa tête dit, en silence : il y a Quelqu'un au-dessus de moi. L'usage actuel : la porter en permanence (au minimum pour prier, bénir, manger et étudier). Matière, taille, couleur : les usages communautaires varient : l'essentiel est ce qu'elle rappelle, pas le tissu.
Les tsitsit : l'uniforme des mitsvot
Contrairement à la kippa, les tsitsit sont une mitsva de la Torah (Bamidbar 15, troisième paragraphe du Chema !) : des franges nouées aux quatre coins d'un vêtement, « afin que vous les VOYIEZ et que vous vous souveniez de tous les commandements ». Le principe : la Torah n'oblige que si l'on PORTE un vêtement à quatre coins... et le peuple juif a créé exprès le talit katan (le « petit talit » porté sous ou sur la chemise) pour s'obliger volontairement : l'élégance d'un peuple qui cherche les mitsvot au lieu de les esquiver.
- Le port : toute la journée (pas la nuit) ; bénédiction au matin (« al mitsvat tsitsit ») s'il n'est pas couvert par la bénédiction du talit gadol.
- Franges dehors ou dedans ? Usage séfarade répandu : le vêtement sous la chemise, selon la coutume familiale pour les franges ; l'essentiel halakhique est de POUVOIR les voir : demandez l'usage de votre communauté.
- L'entretien : des franges coupées ou trop abîmées peuvent invalider le vêtement : on vérifie en l'enfilant (et un talit katan se lave... en machine, dans un filet, franges nouées).
Le nombre qui dit tout
Le mot tsitsit vaut 600 en guématria ; ajoutez 8 fils et 5 noeuds : 613 : le compte des mitsvot. Le vêtement entier est un mémo du contrat sinaïtique : c'est le « noeud au mouchoir » divin, porté à même le corps. Le Talmud (Menahot 44a) raconte comment un fil de tsitsit sauva un homme au bord de la faute : le vêtement s'est rappelé à lui : c'est exactement sa fonction.
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